SUPPLIQUE (français / anglais)

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SUPPLIQUE

A Luc

 

« Mon cœur est une cire qui se liquéfie
Dans mes entrailles. »

       Helder Moura Pereira

 

De toi, mon Seigneur,

Je ne veux que des nuits paisibles,

La fluide élégance de deux cœurs qui s’entrelacent,

Des silences couleur de gentianes bleues !

 

De toi, mon Maître céleste,

Je ne réclame que le violet profond des étreintes,

Le visage rayonnant du printemps,

Des instants beaux comme l’île de Rhodes

Qui flotte, rose écarlate,

Sur l’exquis balancement des eaux grecques !

 

De toi, Fils de la Miséricorde,

Je ne désire comme don que

Le souffle ardent d’une bouche innocente,

Le sang pur d’un jeune dieu

Au corps svelte et infiniment délectable

Qui bat dans mon sang.

 

De toi, mon Ami divin,

Je ne demande

Que la transparente plénitude

D’un poème ! 

    Athanase Vantchev de Thracy 

Paris, le 23 octobre 2008

Glose :

Supplique (n.f.) : du latin supplicare, « supplier ». Demande par laquelle on sollicite une grâce, une faveur d’un supérieur. Synonyme : requête. Ici, ce supérieur est le Christ.

Luc : prénom, du latin lux, lucis, « la lumière ». Le saint patron des Luc est l’auteur du troisième Evangile, celui qui nous renseigne le plus sur l’enfance du Christ, la Vierge Marie, la vie quotidienne des disciples. Grec, médecin d’Antioche (Syrie), il fut converti par saint Paul, auquel il servit peut-être de secrétaire. Il est également auteur des Actes des apôtres qui raconte les premiers temps de l’évangélisation.

A l’étranger : Luca (Italie), Lucio (Espagne), Luke, Lucke, Lucky (Grande-Bretagne, Etats-Unis), Lucius (Allemagne). Dérivés : Lucas, Lukas.

Helder Moura Pereira (né en 1949) : poète portugais, un de mes préférés, chantre du quotidien, du presque rien, avec un style d’une extrême fluidité et une langue presque parlée. Traducteur, entre autres, de Borges, Hemingway et D.H. Lauwrence.

Rhodes : Ródos / Ρόδος est une île grecque, la plus grande île du Dodécanèse (les douze îles), entre la mer Egée et la Méditerranée. Elle est située au sud-est de la mer Egée, à 17,7 km de la Turquie, entre la Grèce et l’île de Chypre. La population est estimée à quelque 100 000 habitants. Rhodes est aussi le nom de la ville principale, peuplée de 50 000 à 60 000 habitants. Mythologie : Apollon est le premier à voir l'île sortir des eaux et la trouve si belle, qu'il décide de la prendre sous sa protection. Quelque temps après, Apollon obtient d'une nymphe locale trois enfants, trois garçons dont les noms sont Kamiros, Ialissos et Lindos, qui créent les trois premières cités de l’île. Les écrits anciens disent que la ville de Lindos a fourni 7 navires aux Achéens qui partaient pour la guerre de Troie.

Le colosse de Rhodes : statue d'Apollon Hélios, en bronze, dont la hauteur dépassait les trente mètres, œuvre du statuaire Chares, grec natif de Lindos, élève du fameux sculpteur et bronzier Lysippe de Sicyone (395-305 av. J.-C.).  Selon la légende, il se serait suicidé après avoir réalisé qu'il avait commis une erreur de calcul lors de la construction du colosse, erreur qui fut ensuite corrigée par l'un de ses assistants.

Cette statue était le souvenir de la résistance victorieuse des Rhodiens au roi macédonien Démétrios Ier Poliorcète (305-304 av. J.-C.). Erigée sur l'île de Rhodes vers 292 av. J.-C., cette gigantesque effigie fut renversée en  226 av. J.-C. par un tremblement de terre. Cassée au niveau des genoux, elle s'effondra et tomba en morceaux. La statue brisée resta sur place jusqu'en 654 ap. J.-C.  Il ne reste plus aujourd'hui la moindre trace du colosse. C'était la sixième des sept merveilles du monde antique.

 

ENGLISH (Dale Roche-Lebrec' translation) :

Supplication 

for Luke

My heart is wax, melting in
the depths of my soul’

        Helder Moura Pereira

From you, my Lord,
I only ask for peaceful nights,
The fluid elegance of two hearts enlaced,
Silences, the colour of the blue gentian!

From you, my celestial Master,
I only request the deep violet of an embrace,
The shining face of spring,
Moments beautiful as the Isle of Rhodes

Which floats, brilliant and rose,
On the exquisite rocking of the Greek waters!

From you, forgiving Son,
I only desire the gift of
The eager breath of an innocent mouth,
The pure blood of a young god
With his slender and infinitely delectable body
Beating in my blood.

From you, my divine Friend,
I only wish for
the transparent abundance
of a poem!

Translated into English by Dale Roche-Lebrec