SILENCIEUSE EST LA MAISON - français

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SILENCIEUSE EST LA MAISON

« Sages, n'allez pas me maudire, que suis-je pour vous ?
Rien qu'un petit nuage plein de feu. »

Constantin Balmont

Silencieuse, à demi endormie est la maison.

Des étoiles errent encore dans les rues du village

Et un vent léger fait frissonner

Les feuilles argentées des oliviers.

 

D’âge en âge se promènent

Parmi les pénombres des couloirs,

Souvenirs, légendes, visions !

 

Voici que je suis resté tout seul

À compter les jours vides

Et les nuits ténébreuses !

 

Où êtes-vous à présent, mes amis,

Mes cygnes blancs, mes nobles cigognes ?

Non, mes larmes ne peuvent vous ressusciter,

Mais vous vivez, mes cygnes blancs,

Dans la flamme de mes prières ardentes.

 

Je vous vois venir parfois, à ma rencontre

Et mon cœur reste longtemps empoigné

D’un fervent amour !

 

Tels des rêves et des fleurs,

Se fanent et s’évanouissent les hommes,

Mais lorsque la trompette retentira,

Elle ébranlera tous les morts qui se réveilleront

Pour aller à la rencontre de l’éternité !

 

Ô chapelle expiatoire,

Ô cuve baptismale où je plonge mes souvenirs !

Ô douceur nourricière de la lumière

Qui coule dans les feuilles des oliviers

Et rend solaire la dimension

Sacramentelle de mes poèmes !

 

Ô Foi, ô Beauté qui ajoutez de l’éclat

Aux choses quotidiennes.

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 4 janvier 2019

 

Glose :

Constantin Dmitrievitch Balmont (en russe : Константи́н Дми́триевич Ба́льмонт), né le 3 juin 1867 près de Vladimir (Russie), mort le 24 décembre 1942 à Noisy-le-Grand (France), est un poète symboliste russe qui s'est également consacré à la traduction d'auteurs occidentaux.

Issu d'une famille noble, il entreprend, en 1886, des études de droit, mais est exclu de l'Université pour avoir participé à une manifestation d'étudiants. Son premier recueil de poésiesest publié à Iaroslavl en 1890. En 1895, il rejoint le mouvement symboliste. Ses voyages à travers le monde entier lui fournissent des détails exotiques pour ses poèmes.

Après la Révolution d’Octobre, il quitte le pays, vivant dès lors principalement en France.

Ses œuvres principales sont Sous les cieux du Nord (1894), Laissez-nous être comme le Soleil (1903) et Amour solitaire (1903). Ses vers sont particulièrement mélodieux et inventifs.

Parlant et écrivant de nombreuses langues, il a traduit de nombreux auteurs,  entre autres Percy Bysshe Shelley, Henrik Ibsen, Edgar Allan Poe, Pedro Calderon de la Barca, Walt Whitman, etc.