LIBER AMICORUM - français

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LIBER AMICORUM

Si deus pro nobis quis contra nos

Ce petit livre d’amitié, mon ange,

Avec ces mots exubérants, incantatoires,

Limpides et enchanteurs,

Quel somptueux trésor de haute affection !

 

La nuit, le soleil de ta tendresse dans mon cœur,

J’ouvre ce brûlant liber amicorum

Et lis, frissonnant de plaisir

Ces textes d’une beauté cristalline.

 

Ils ont la brillance des arcs-en-ciel,

La fraîcheur des sources printanières,

La chaleur d’un infini jour de juillet

Et la candeur d’un sourire d’enfant.

 

M’entends-tu quand je te parle,

Mais le vent est si fort derrière les fenêtres,

M’entends-tu quand je te dis :

Bonne nuit, mon ange de lumière,

Ma douce joie, mon ruisselant de blancheur

Et frêle perce-neige !

 

Nous nous rencontrons

Tantôt à un gué de nos souvenirs,

Tantôt au milieu d’un champ

De pourpres échinacées.

 

Ah, mon ange, si je possédais

La divine éloquence de saint Isaac de Ninive,

Lui qui voyait la flamme des choses,

Je t’aurais écrit des paroles

Plus belles que l’éclat des saphirs

Et plus douces qu’une suave brise du soir.

 

Des mots écrits avec l’alphabet des étoiles,

Embellis de rameaux printaniers de saules pleureurs

Qui ploient sous le poids de ma mémoire

Et de candides violettes des prairies !

 

Des mots qui soutiennent

La transparente colonne vertébrale du temps !

 

 

Glose :

Un liber amicorum (livre d'amis en latin), album amicorum (album

d'amis), Poesiealbum (album de poésie en allemand) ou encore livre d'amitié est un carnet personnel où l'on recueille des dessins, photographies et mots d'amis. Il s'agit d'un livre au format spécifique, traditionnellement emporté au cours d’un voyage ; les amis y laissant à cette occasion une dédicace et/ou un témoignage d’affection.

 

Dans les milieux universitaires, le liber amicorum, qui se nomme alors un Festschrift, est un recueil de textes offerts par différents chercheurs à un professeur et traitant de son champ de recherche. L'ouvrage, souvent composé à l'occasion d'un anniversaire ou d'un départ en retraite, est publié par un éditeur universitaire.

 

Si deus pro nobis quis contra nos : locution latine qui signifie « Si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ? »

Echinacea purpurea, l'échinacée pourpre (ou rudbeckie pourpre), est une espèce de plantes à magnifiques fleurs de la famille des Asteracées. Plante endémique d'Amérique du Nord, elle possède une tête généralement pourpre.

Connue par les Amérindiens de l’est des Montagnes rocheuses, elle est devenue une des plantes médicinales les plus employées en Amérique du Nord et en Europe (concurremment avec Echinacea angustifolia et Echinacea pallida). Une culture commerciale a été développée pour répondre à la demande phytothérapique. La plante est aussi cultivée comme plante ornementale dans les régions tempérées.

Echinacea est dérivé du grec ancien ἐχῖνος / ekhinos « oursin, hérisson », et du suffixe –acea en raison du disque central du capitule recouvert de fleurons d'aspect épineux.

Isaac de Ninive ou Abba Isaac ou Isaac le Syrien est un ascète, écrivain, évêque, mystique et théologien de l’Église de l’Orient. Il est un des grands spirituels de l’Orient chrétien, où son influence reste remarquable.

C'est un saint des Églises chrétiennes célébré le 28 janvier.

Son renom de sainteté se répandit dans l'Empire perse au point que les habitants de Ninive le réclamèrent comme évêque. Il fut consacré, vers 660, par le catholicos de l’Église de l’Orient,  Mar Guiwarguis Ier (658-680). Il abdiqua seulement cinq mois plus tard pour se retirer comme anachorète au mont Matout parmi les ascètes du Nord (plus probablement Khuzistan, une région à forte population nestorienne jusqu'à la conquête musulmane).

Il y vécut dans la solitude, mangeant peu (trois pains par semaine et quelques légumes crus). Une lecture assidue des Livres Saints et d'abondantes larmes de componction lui usèrent la vue. Alors, pratiquement aveugle, il se retira au monastère de Rabban Shabbour (Saint-Sapôr), où il dicta ses œuvres à ses disciples.

Sa pensée fait la synthèse des grands courants spirituels du christianisme ancien : celui d’Évagre le Pontique, plus spéculatif, qui met l’accent sur la purification de l’intellect ; celui de Macaire, plus biblique, centré sur les thèmes du « cœur » et de la « plénitude du Saint-Esprit » ; celui d’Origène, avec l’espérance du salut universel.

Pour Isaac, les voies de la connaissance de Dieu sont existentielles : la foi, la prière, l’humilité, la purification de l’esprit et son union avec le cœur. Alors le cœur s’élève jusqu’à ce qu’il atteigne les hauteurs de l’amour et que la joie demeure au fond de lui. La prière devient « spontanée » : l’homme devenant sanctifié, « qu’il mange, boive ou dorme, le parfum de la prière s’exhale spontanément de son âme ». Il réalise l’amour évangélique du prochain, devient un être d’accueil, de miséricorde, de bénédiction.

 

Ninive (en akkadien  Ninu(w)a ; en arabe  نينوه, Naynuwa ; en araméen ܢܝܢܘܐ ; en hébreu נינוה, Nīnwē) est une ancienne ville de l’Assyrie, dans le Nord de la Mésopotamie. Elle se situait sur la rive est (gauche) du Tigre, au confluent de la rivière Khosr (ou Khoser, Koussour), dans les faubourgs de la ville moderne de Mossoul , en Irak, dont le centre se trouve de l'autre côté du fleuve. Les deux sites principaux de la cité sont les collines (les « tells ») de Kuyunjik et de Nebī Yūnus.

Le nestorianisme est une doctrine christologique affirmant que deux hypostases, l'une divine, l'autre humaine, coexistent en Jésus-Christ. Cette thèse a été à l'origine défendue par Nestorius (né vers 381 - mort en  451), patriarche de Constantinople (428-431). Son enseignement, reconnu hérétique, est condamné. Les nestoriens rejettent les formulations dogmatiques issues du concile d’Éphèse et des conciles suivants. Le nestorianisme est une des formes historiquement les plus influentes du christianisme dans le monde durant toute la fin de l’Antiquité et du Moyen Âge. Des Églises liées à ce courant du christianisme oriental  perdurent à l'est de l’Anatolie et au nord de la Mésopotamie.