Le corps diamant - français

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LE CORPS DIAMANT

À Hristo Smirnenski

Plus claires deviennent mes nuits

Grâce à la lumière de vos paroles,

Plus libre est la volubilité de l’esprit.

 

Plus claires, oui, mon ange.

Elles ont la beauté scintillante

Du sphalérite,

Alors, je songe à la Rasâyana,

La voie du mercure

De l’Ayurveda,

À l’élixir de longue vie

Nommé Ausadhi.

 

Et mon corps devient diamant-foudre,

Corps de gloire !

 

Les feuillages abondants des ormes

Bruissent mélodieusement

Dans la cour et lavent

Le visage éploré de la lune.

 

La lune qui fait danser les eaux.

 

Comme tout est beau et bien lié,

L’abîme intrinsèque de l’être

Et le gouffre sidéral !

 

Telle une corolle s’ouvre ma vie

Attentive à la mousse verte sur les pierres,

Aux calmes prunelles des herbes

Qui regardent le monde

Et écoutent la lyrique épaisseur du poème !

 

Ô doux ruissellement du temps,

Ô évidente taciturnité du crépuscule !

 

Oh effroi de la candeur…

Ton beau visage

Appuyé contre mes mots !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 27 janvier 2019

 

Glose :

Hristo Smirnenski  - Hristo Dimitrov Izmirliev (en bulgare : Христо Димитров Измирлиев), dit Hristo Smirnenski (en bulgare : Христо Смирненски) – 1898 - 1923 est un des plus grands poètes bulgares.

Ses premières œuvres paraissent dans le journal satirique N'importe quoi (« K'vo da e »). C'est dans la revue Larmes et rire (« Smyah I sulzi ») qu'apparaît pour la première fois le pseudonyme Smirnenski.

En 1922 paraît son unique recueil de poèmes sous le titre « Qu'il fasse jour ». Hristo Smirnenski meurt le 18 juin 1923 de tuberculose.

Sphalérite : sulfure de zinc qui cristallise en plusieurs polytypes, les deux principaux étant la sphalérite et la wurtzite. Bien que la formule idéale soit ZnS, la wurtzite est légèrement déficiente en soufre et la sphalérite est légèrement déficiente en zinc. L’éclat, résineux, devient métallique quand le taux de fer augmente.

 

Rasâyana – l'équivalent de l'alchimie se nomme Rasâyana (littéralement « voie du mercure », l'une des huit branches de l'Ayurveda), et amène vers un élixir de longue vie nommé Ausadhi. Des rapprochement entre l'alchimie et les pratiques shivaïques et tantriques ont été effectués par plusieurs auteurs : Shiva, qui s'apparenterait au principe actif du soufre, féconde Çakti, qui s'apparenterait principe passif du mercure.

Dans la tradition tantrique, le corps devient un Siddha-rûpa, littéralement corps de diamant-foudre, se rapprochant du concept de corps de gloire de l’Ars Magna en occident.

L’Ayurveda est la science sœur du yoga qui se consacre à équilibrer l'esprit par rapport au corps. Il y a plusieurs milliers années, en Inde, l'Ayurveda a été développé comme un système pour diagnostiquer les déséquilibres dans le corps et dans l'esprit qui finissent par se manifester sous forme de maladies, de malaises et d'autres symptômes. Il s’agit ainsi de ramener l’équilibre dans le corps grâce à une hygiène de vie adaptée à la personne, l'utilisation de formules de plantes et d'autres remèdes naturels adaptés.

L’Ayurveda est avant tout un système de médecine holistique et préventive.

Son rôle est d’apporter des connaissances et des pratiques ciblées de sorte que le corps et l'esprit puissent être en harmonie et en pleine forme.

L'Ayurveda nous enseigne que pour être en bonne santé nous avons besoin d’un bon fonctionnement corporel, mais que nous devons combiner la santé physique avec la santé mentale et émotionnelle. Ceci implique de comprendre le mode de vie qui nous convient le mieux en adaptant notre alimentation, notre sommeil, nos communications, nos interactions et bien plus encore.

L’Ayurveda est une des médecines traditionnelles reconnues et répertoriées par l’OMS comme étant un système de santé naturel, traditionnel et intégratif.

Les grands principes

Ces éléments composent l’univers (macrocosme) et créent le corps humain (microcosme). Nous avons donc tous les éléments à l’intérieur de nous et nous sommes le reflet de l’univers.

L'Ars Magna est un ouvrage écrit en latin de Girolamo Cardano dont la première édition, sous le titre Artis magnæ, sive de regulis algebraicis, (L’Ars Magna, ou des règles des équations algébriques) remonte à 1545. Cet ouvrage est particulièrement célèbre pour contenir les premières solutions publiées du nombre complexe des équations cubiques et quartiques, c'est-à-dire les solutions de polynômes de degré 3 et 4.