Deux brefs poèmes - français

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Deux brefs poèmes

I.

 

Le soir ouvre le temple du cœur,

Ô cette grave infinité de l’homme,

Son sort magique !

 

Dehors bruit le monde,

Bruissent les arbres,

Les parterres de capucines

Où tout est comme un songe

Irréversible !

 

Et voici que septembre

S’avance vers l’Équinoxe d’autmne !

 

II.

Saint Théodose,

Son silence de cénobiarque

Et ses révélations sublimes !

Ô la fébrile élégance de son âme

Au milieu de l’implacable fraîcheur du soir,

La fauve transparence de ses sermons

Et le blanc équilibre de son écriture !

 

Ô mon Dieu, abolis l’inertie de mon cœur !

Ô verticale chronologie des jours

Sur la flamboyante fureur des sables !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 12 janvier 2019

 

Glose :

Équinoxe (n.m.) : le terme « équinoxe » vient du latin æquinoctium, qui lie æequs, « égal » à nox, « nuit », et désigne le moment où la durée du jour est égale à celle de la nuit.

Pour l'équinoxe de septembre, cela se produit le 20 et le 23 du mois selon les années (l'été de l'hémisphère nord est plus long que celui de l'hémisphère austral).

 

Théodose le Cénobiarque ou Théodose le Grand, né vers 424 en Cappadoce et mort en 529 en Palestine est un saint de l'Église chrétienne primitive et l'un des fondateurs du monachisme oriental. Il est fêté le 11 janvier du calendrier julien de l’Église orthodoxe et le 11 janvier du calendrier grégorien de l’Église catholique. Doté d'une belle voix, il est lecteur à l’église. Il se décide à faire son pèlerinage de Jérusalem en 451. Il rencontre en chemin saint Siméon le Stylite à Antioche qui, selon son hagiographe, embrasse et bénit le jeune homme en lui prédisant qu'il sera pasteur d'âmes d'un grand troupeau de brebis qu'il sauvera de la méchanceté du loup. Il visite à Jérusalem tous les lieux saints de l'Évangile et suit l'enseignement de Longine qui vivait près de la tour de David à côté de la porte de Jaffa.   Il s'installe ensuite selon ses conseils à mi-chemin entre Jérusalem et Bethléem dans une communauté ecclésiale, mais se décide finalement à la vie érémitique et part dans le désert où il demeure dans une grotte, non loin du lieu où eut lieu l'adoration des mages.

Des disciples viennent bientôt à leur tour suivre son enseignement et vivre dans les grottes environnantes. À la requête des moines de construire un monastère, tellement ils étaient nombreux, Théodose prend l'encensoir, y jette des braises froides et de l'encens et s'en va au désert. Il y trouve un endroit propice à la construction d'un monastère et, peu de temps après, élève une église, des cellules et un bâtiment communautaire. C'est le début de la laure de Théodose le Grand, l'un des premiers monastères du désert de Juda.

Les moines adoptent la règle de saint Basile le Grand et la laure devient le plus grand établissement monastique de Palestine avec 400 moines. D'autres chapelles où les moines se retrouvent sept fois par jour  sont construites pour les liturgies en différentes langues : une pour les Grecs, une pour les Ibères, une pour les Arméniens, ainsi que des infirmeries pour les pèlerins et les moines.

Théodose est un proche de saint Sabas autemps du patriarcat de Salluste de Jérusalem. Son monastère recevait les jeunes postulants de la laure de Saint-Sabas. Les moines demandent à Salluste que Théodose et Sabas deviennent archimandrites de tous les monastères de la terre du Saint-Sépulcre. C'est ainsi que Théodose est choisi comme archimandrite des monastères palestiniens cénobitiques, d'où son nom de Théodose le Cénobiarque.