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UNE BALLADE SIJO - HWANG JIN YI (français / espagnol)

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UNE BALLADE SIJO :

 

HWANG JIN YI

« Le soleil allume la colline de derrière… »

      Yun Seondo

 

Quelle amie plus fidèle ai-je
Que l’oreiller de soie rehaussé de fleurs d’or ?

Ah, quelle musique plus suave à mon oreille
Que le chant clair de la cascade de diamant
Sous ma fenêtre ?

Quel paysage plus délectable pour mes yeux
Que la lune blanche jouant à cache-cache
Avec les hauts bambous du jardin ?

Tard, il est tard,
Que je me hâte !...

Ô mes mains ! Soyez rapides,
Colorez de rouge pâle mes lèvres,
Laissez transparente la volupté !...

Oui, vite,
Que j’enduise mon visage d’huile d’amandier
Et de cire d’abeilles vierge
Avant de recouvrir
De très fine poudre de riz ma face !

Purs de tout artifice
Je laisserai mon torse palpitant,
Ma nuque rose, mon dos d’ambre !
Ne sont-ils pas ainsi plus séduisants
Dans leur luisante nudité ?

Oui !


Quel amour plus délicieux que celui
Que m’offrent les mots harmonieux,
Les poèmes qui font frémir ma poitrine ?

Ce sont eux qui exaltent la splendeur des saisons,
Qui emplissent d’immortalité les calices des strophes !

Paroles émeraude des pages nacrées,
Vous, baisers intimes des dieux sur mes lèvres,
Compagnes gracieuses des jours
De ma transparente solitude ?

Quand nue,
Sous les draps ruisselant de blancheur,
Je prie et envoie
Des gerbes de lumière bleue
A tous les morts qui m’ont aimée !  

Mais il est tard !
Vite !

Plus vite, mes amies,
Mettez-moi mes vêtements de fête,
Non, pas ceux-là,
Ceux-ci, les moins colorés,
Ne suis-je pas la fleur épanouie
Et eux, les feuilles vertes
Qui m’enlacent avec tant de pudeur ?

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 27 novembre 2009

Glose :

Hwang Jin-yi (1506-1544) : une des plus célèbres poétesses coréennes. Son talent était tel qu’un  de ses sijo a été attribué au roi poète et érudit Seongjong (1457-1494). Le fait que le talent littéraire de Hwang Jin-yi, une gisaeng (la geisha coréenne) puisse égaler celui d’un roi montre qu’une courtisane pouvait atteindre le sommet de la renommée. Elle pouvait être à la fois au ban de la société et au plus haut sur le plan de la considération. Ni épouse, ni mère, elle était une sorte de « non-femme », une catégorie à part entre démon et dieu.

Jeune orpheline, d’une beauté éblouissante, vivant dans un temple, jouant de plusieurs instruments, très douée pour la danse, Hwang fut choisie très tôt pour être une gisaeng. Un jour, elle apprit qu'elle avait été abandonnée par sa mère, elle même courtisane, pour la préserver de ce milieu. Jin Yi fut attirée par cet univers et rejoignit le cercle choisi des dames d’agrément. Elle devint la meilleure courtisane du royaume.

Hwang Jin Yi vécut à une époque où les lettrés néo-confucéens avaient confiné les femmes à l’intérieur des maisons et leur avaient imposé, au dehors, le port d’un vêtement cachant leur visage. Les femmes des classes supérieures furent contraintes à se déplacer dans des palanquins, hors du regard du commun des mortels. Mais il y a eu des femmes qui ont su se servir des codes rigides en les sublimant, passant ainsi à la postérité.

La littérature coréenne, commune aujourd'hui à la Corée du Nord et à la Corée du Sud, a été longtemps écrite exclusivement en caractères chinois jusqu’à la création d'un alphabet propre à la langue coréenne en 1443-1446, le hanguel, sur l'initiative du roi Sejong.

Yun Seondo (1587-1671) : un des plus grands poètes coréens, maître du sojo.

Sijo (n.m.) : sorte de petit poème lyrique coréen. Le sijo ressemble fortement au haïku japonais Il est composé de trois vers de 15 syllabes.

 

ESPAGNOL :

HWANG JIN YI

" El sol enciende la última colina … "

        Yun Seondo

¿ Cuál amiga más fiel tengo
que la almohada de seda realzada por flores de oro?

¿ Oh, cuál música más suave a mi oido
que el canto claro de la cascada de diamante
bajo mi ventana?

¿ Cuál paisaje más grato para mis ojos
que la luna blanca que juega al escondite
con los altos bambúes del jardín?

¡ Tarde, es tarde,
me apresuro!...

¡ Oh mis manos! ¡ Sean rápidas,
coloreen de rojo pálido mis labios,
dejen transparente la voluptuosidad!...

¡ Sí, rápidamente,
que unten mi rostro de aceite de almendro
y de cera de abejas virgen
antes de recubrir
mi rostro con finos polvos de arroz!

¡ Puro de todo artificio
dejaré mi torso palpitante,
mi nuca rosa, mi espalda de ámbar!
¿ No son más seductores
si en ellos reluce la desnudez?

¡ Sí!

¿ Cuál amor más delicioso que
el que me ofrecen las palabras armoniosas,
los poemas que hacen estremecer mi pecho?

¡ Son ellos qué exaltan el esplendor de las estaciones
que llenan de inmortalidad los cálices de las estrofas!

¿ Palabras esmeralda de las páginas nacaradas,
ustedes, besos íntimos de los dioses sobre mis labios,
las compañeras graciosas de los días
de mi transparente soledad?


¡ Cuando desnuda,
bajo las sábanas donde brota la blancura,
ruego y envío
gavillas de luz azul
a todos los muertos qué me quisieron!

¡ Pero es tarde!

¡ Rápidamente!


¿ Más rápidamente, mis amigas,
vístanme con mis trajes de fiesta.
No, no ésos.
Éstos, los menos coloridos,
no soy la flor abierta
y ellos, las hojas verdes
que me enlazan con tanto pudor?

       Athanase Vantchev de Thracy

París, el 27 de noviembre de 2009


Glosa:

Hwang Jin-yi (1506-1544) : una de las poetisas más célebres coreanas. Su talento era tal como uno de su sijo ha sido atribuido al rey poeta y erudito Seongjong (1457-1494). El hecho de que el talento literario de Hwang Jin-yi, un gisaeng (la geisha coreana) pueda igualar al del rey muestra que una cortesana podía llegar a la cumbre de la fama. Podía estar a la vez al bando de la sociedad y al más alto según el plan de la consideración. Ni esposa, ni madre, ella era un tipo de "no mujer", una categoría separada entre demonio y dios.

Joven huérfana, de una belleza deslumbrante, viviendo en un templo, jugando a varios instrumentos, era muy dotada para el baile, Hwang fue escogido muy temprano para ser un gisaeng. Un día, supo que había sido abandonada por su madre, ella cortesana, para preservarle de este medio. Jin Yi fue atraído por este universo y reunió el círculo escogido por las damas de consentimiento. Fue la mejor cortesana del reino.


Hwang Jin Yi vivió en una época cuando los letrados neoconfucianistas habían confinado a las mujeres dentro de las casas y les habían impuesto, fuera, el puerto de un velo que escondía su rostro. Las mujeres de las clases superiores fueron forzadas a desplazarse en palanquins, fuera de la mirada del común de los mortales. Pero hubo unas mujeres que supieron servirse de códigos rígidos sublimándoles, pasando así a la posteridad.


La literatura coreana y común hoy en Corea del Norte y en Corea del Sur, ha sido escrita mucho tiempo exclusivamente en carácteres chinos hasta la creación de un alfabeto de la lengua coreana en 1443-1446, el hanguel, por iniciativa de rey Sejong.


Yun Seondo (1587-1671) : uno de los mas grandes poetas coreanos, dueño del sojo.

Sijo (n.m.) : tipo de pequeño poema lírico coreano. El sijo se parece fuertemente al haïku japonés es compouesto por tres hacia 15 sílabas.