Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

TROIS BOUTONS DE PIVOINES ET UNE VISION (français / tamazight / portugais)

PDF
Imprimer
Envoyer

TROIS BOUTONS DE PIVOINES ET UNE VISION

A  Robert Bly

 

*

De l’autre côté du mur chante une femme,

Mélodie de bonheur dans une ville déserte. 

*

Un soudain éboulement dans le rythme du cœur,

Un oiseau qui s’élance de branche en branche

Comme une flèche étincelante,

Comme les mots d’un poème que l’on n’arrive pas

A ordonner.

*

Fragments lisibles sur le palimpseste de l’âme,

Dans leurs nids d’une superbe architecture –

Les hirondelles serrées l’une contre l’autre

Dans une extase amoureuse extrême.

 

Musique angélique de Monteverdi,  

Aquarelles sublimes de Fausto Zonaro,

Tu fermes les yeux,

Un peu de lumière noire après la grande  lumière,

Puis une lumière pure !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 2 juillet 2008

Glose :

Robert Bly (né en 1926) : poète américain d’origine norvégienne.

Palimpseste (n.m.) : du grec palimpsêstos. Parchemin manuscrit dont on a effacé la première écriture pour pouvoir écrire un nouveau texte.

Claudio Monteverdi (1567-1643) : Claudio Monteverdi est né en mai 1567 à Crémone, ville qui verra plus tard passer les plus grands luthiers.  Il reçut dans sa ville natale l'enseignement du Maître de chapelle Antonio Ingegneri. Sa connaissance de la viole lui permit d'entrer en 1590 dans l'orchestre de Vincent de Gonzague, duc de Mantoue. En 1599, au cours d'un voyage dans les Flandres, Monteverdi fit connaissance avec la chanson française et composa dans ce style des Scherzi musicali dans lesquels il montra une étonnante sûreté d'écriture employant des harmonies audacieuses pour l'époque (accord de septième de dominante), et ménageant savamment des surprises dans les entrées des voix.

En 1602, il fut appelé à diriger la chapelle du duc de Mantoue, et se consacra uniquement à la composition pour son protecteur auprès duquel il demeura jusqu'en 1613. Pendant cette période, Monteverdi ne s'enrichit pas pécuniairement (« Si j'ai eu en effet quelque chose, ce sont mille cinq cents vers à mettre en musique ») mais composa ces premiers chefs d'oeuvres : Orfeo (1607), Arianna (1608) dont il ne reste plus que le lamento et Il Ballo delle Ingrate (1608). Congédié alors, Monteverdi se retira dans sa ville natale.

C'est alors que la riche République de Venise l'appela : devenu Maître de chapelle de Saint-Marc de Venise (1613), il obtint enfin une grande considération de ces employeurs et surtout du public le plus cultivé du monde de l'époque, les Vénitiens.

Dans cette atmosphère favorable (que peu de grands compositeurs connaîtront), il composa des Madrigaux (6e, 7e et 8e livres) ; des Madrigali guerrieri e amorosi (1638), drames musicaux où figurent les deux éléments fondamentaux du drame musical, le récitatif et le chant soliste ; de la musique religieuse dont les Vespro della beata Vergine, une messe à quatre voix, etc. Il mourut à Venise en 1643.

Fausto Zonaro (1854-1929) : peintre italien. Issu d'une famille modeste, mais soutenu dans ses études artistiques par son père, il se révéla un élève brillant. Après une période comme peintre de paysages et de portraits, il se rendit à Constantinople. Il y arriva en 1891 après avoir débuté une carrière prometteuse mais peu rentable en Italie. Zonaro  devint peintre officiel du sultan Abdulhamid II jusqu'à la chute de ce dernier en 1909. Il peignit dans la capitale ottomane des scènes pittoresques de marchés, de places publiques, de personnages dans leurs activités quotidiennes. C'est grâce à un tableau militaire qu'il fut remarqué par le sultan.  Zonaro reçut une aide précieuse de son épouse Elisa, première femme photographe européenne qui captait des scènes que son mari reproduisait en peinture. Elisa avait même réussi à s'introduire dans les harems. Elle en rapporta des photographies de modèles qui servirent à Fausto. Il exposa à Constantinople, à Rome, à Florence, à Paris... Zonaro enseigna à l'Ecole des Beaux-Arts de Constantinople. Il dut quitter la Turquie avec sa femme en 1911 pour retourner en Italie. Il connut alors une troisième période picturale très riche, avec des portraits, des vues d'Italie et de la Côte d'Azur.

 

TAMAZIGHT (langue berbère = langue des Berbères du Maroc) :

KRADE TWDJIWIN N ILDJIGN D YAN USEKSW

 

*

Seg déart ugadir ar ttirir temghart

Turart n thli g tmazirt yuran(ur izdighn)

 

*

G yat tayt irgaga uzizy n wul,

Yan ugdéidé ittaylaln g ucttuhé s waydé

Zund  yant tukté tasflallayt

Zund iwaliwn n yat tmdyazt s ur nghiy

Ad tnem.

 

*

Tiguriwin ittughran khf uhitéur n yiman

G isugtéaf nsent mi ihla lbni

Irudayn izdin yan taman n waydé

G yat tayri yajguln bahra ihérran

Irir n tanirin n Monteverdi,

Tadla n wunugh ihyyan n Fausto Zonaro,

Teqqnt aln,

Mihé n usid ungal déart usid axatar ,

S yan usid iséfan !

 

N’KOB, ass n 04 ktobr 2958.

 

Traduit en tamazight par M'Hamed Alilouch (Igider n Nqub) 

Iga-as asughel s tmazight: M’hamed Alilouch (Igider n Nqub)

PORTUGAIS :

TRÊS BOTÕES DE PEÔNIAS E UMA VISÃO

para Robert Bly

 

Do outro lado do muro canta uma mulher

 

Melodia de felicidade na cidade abandonada

 

 

Um brusco desabamento no bater do coração

 

Um pássaro que salta de galho em galho

 

Como uma flecha cintilante

 

Como as palavras de um  poema

 

que não se chega a pôr em ordem

 

 

Fragmentos legíveis sobre o palimpsesto da alma

 

em seus ninhos de magnifíca estrutura

 

andorinhas apertadas uma contra a outra

 

Num êxtase extremamente amoroso

 

 

Música angélica de Monteverdi

 

Aquarelas sublimes de Fausto Zonaro

 

Fecho os olhos,

 

Um pouco de luz negra após a grande luz,

 

Depois, uma luz pura!

 

 

Poema mudo do impronunciável

 

Hora que escoa no meu rosto!

 

Paris, 2 de julho de 2008 

Traduit en portugais par Guilem Rodriges da Silva