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TOI, AMI AIMÉ (français)

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TOI, AMI AIMÉ

A Nicolas Kolev

« Les hommes sont semblables aux feuilles des arbres. »

            Homère

Tu as aussi vécu, Nicolas,
Tu as eu aussi tes attaches fluviales,
Connu les marées montantes
Et descendantes des heurs et des malheurs,
Essayé de retenir l’éternel
Dans le scintillement d’une parole,
D’un geste limpide, d’un instant fugace.

Tu as aussi voulu embrasser le tout
Et être le dit définitif d’un poème absolu.

Aujourd’hui la terre t’habille
De ses premières fleurs !
Tu marches au clair de l’éternité
Et te dis à travers mon chant matinal.

Tu as aussi aimé, Nicolas,
Toi, ami zététique, disciple errant
Des jacinthes sauvages,
Des étoiles et de Pyrrhon.

            Athanase Vantchev de Thracy

 Rueil-Malmaison, le 8 juin 2008

 Glose :

 Nicolas Kolev : poète bulgare au destin particulièrement tragique, mort en 2006. Abandonné par tous, oublié, il s’éteint dans une maison de fous. Vivant en France, j’igorais totalement son destin. Trois semaines plus tôt, il recevait à Paris, sur ma proposition, le Grand Prix International Solenzara de Poésie. Il nous a quitté avec cette joie dans le cœur. Sit tibi levis terra (Que la terre te soit légère), Ami que je n’ai jamais rencontré.

Zététique – Ζητητικός en grec (adj.) : de zététique / ζητητική, la doctrine sceptique, en tant qu’elle est considérée comme une recherche. Les disciples du grand philosophe grec Pyrrhon étaient connus sous quatre noms principaux, qui nous présentent un abrégé de leur doctrine : on les nomma philosophes zététique, sceptiques, éphectiques et aporétiques. Le premier nom nous les fait connaître comme chercheurs : ils poursuivent la science ; le second comme examinateurs, etc.

Pyrrhon d'Élis (en grec Πύρρων / Pýrrhôn) (360–270 av. J.-C.) : philosophe sceptique originaire d'Élis, ville provinciale du nord-ouest du Péloponnèse. Il est considéré par les sceptiques anciens comme le fondateur de ce que l'on a appelé le pyrrhonisme. Nous ne savons à peu près rien de sa vie, et les renseignements dont nous disposons ne s'accordent pas.

Il est le fils de Pleistarque[]. Vivant dans la pauvreté, il reçut une formation de peintre, mais il était un artiste médiocre. Il fut l'élève de Bryson, un disciple de Socrate et d’Euclide de Mégare, puis d’Anaxarque qu'il suivit en Inde dans la campagne d'Asie d'Alexandre. Il y étudia avec les « gymnosophistes » (probablement des brahmanes ascètes), et en Perse, où il fut instruit par les Mages. Il semble avoir connu Calanus.

À son retour à Élis, il mena une vie simple et régulière, indifférent et serein, avec sa sœur Philista en vendant des cochons de lait. Il aimait à rester seul pour méditer. D'après Diogène Laërce, son égalité d'âme ne fut prise en défaut que deux fois : il s'enfuit devant un chien, et il se mit en colère contre sa sœur.

Il est considéré comme le créateur du scepticisme (ou plus exactement du pyrrhonisme), mais il ne semble pas avoir eu l'intention de créer un courant de pensée philosophique.

Pyrrhon n'a rien écrit, mais son disciple Timon de Phlionte, et les sceptiques tardifs comme Enésidème, Nouménioset Nausiphane, nous ont laissé de nombreux rouleaux dans lesquels ils discutaient de la méthode pour parvenir à l'état d'incompréhension (acatapepsie) et au bonheur de ne savoir absolument rien, de ne pas avoir la moindre certitude sur notre existence et sur l'existence d'autre chose ou sur la possibilité de son existence.