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THERMOPYLES (français)

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THERMOPYLES

A Jean-François Klotz

 

Nous, nous mourûmes, mon Prince, au champ des Thermopyles,

Pour la gloire de Sparte et le génie d’Athènes,

Des marguerites sauvages dessus nos tombes sereines

Balancent la grâce pudique de leurs calices fragiles.

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Saint-Germain-en-Laye, ce lundi 29 janvier, Anno Christi MMVII

Glose :

Thérmopyles : en grec ancien Θερμοπύλαι / Thermopúlai, « les portes chaudes », à cause des nombreuses sources d'eau chaude alentour, sont un défilé qui fait communiquer la Thessalie et la Locride. Il est situé entre le mont Œta et la côte sud du golfe Maliaque.

À cause de sa situation stratégique (seule voie de passage entre la Grèce septentrionale et la Grèce méridionale), le défilé a été le théâtre de nombreuses batailles, dont la plus célèbre est la résistance des 300 Spartiates menés par Léonidas Ier de Sparte contre les Perses de Xerxès. L'amphictyonie de Delphes y tenait ses assemblées. Par amphictyonie, on désigne une association ou confédération religieuse de communautés grecques qui vivaient dans le voisinage d'un sanctuaire, dont elles avaient aussi la responsabilité.

Le mot vient du mot grec Ἀμφικτύονες / Amphiktyones, littéralement « ceux qui sont voisins ». Selon la mythologie grecque, le terme venait plutôt d'Amphictyon, fils de Deucalion et de Pyrrha, fondateur de l'amphictyonie de Delphes, et frère d'Hellen, ancêtre éponyme des Grecs.

Ces associations avaient pour but de veiller à la célébration des fêtes et d empêcher toute hostilité. Chacun des États voisins du temple y envoyait ses députés. Les amphictyonies les plus célèbres étaient celles d'Argos, prés du temple d’Héra, des Thermopyles, prés du temple de Cérès, et de Delphes, près du célèbre oracle d'Apollon. Dans la suite, ces deux dernières se confondirent et formèrent le Conseil des Amphictyons.

Les préparatifs perses ne sont évidemment pas passés inaperçus et un congrès des différentes cités grecques se réunit à Corinthe à la fin de l'automne 481. Pour une fois les intérêts immédiats de Sparte et d'Athènes se confondent. Athènes craint la vengeance des perses pour ses succès antérieurs et Sparte constate que sa grande rivale dans le Péloponnèse, Argos, est contactée par les envoyés de Xerxès. Toutes les grandes cités grecques envoient des représentants au temple de Poséidon à Corinthe. Sparte, en tant que plus puissante des cités, préside le congrès. Une réconciliation générale intervient, comme par exemple entre Athènes et Égine, et 31 cités s'engagent par serment dans une ligue défensive contre les Perses et préparent des contingents de soldats. Le commandement des troupes est confié à deux Spartiates, le roi Léonidas Ier pour les fantassins et Eurybiade pour la flotte grecque. Mais durant l'hiver 481/480 les Grecs tergiversent sur le plan de campagne et ne peuvent s'opposer à la conquête de la Thessalie par les troupes perses au printemps 480.

Les Grecs choisissent alors en août, tandis que les Perses envahissent la Piérie, une position défensive très forte aux Thermopyles qui commande l'accès à la Béotie et à la Grèce centrale. Quant à la flotte, elle s'installe au nord de l'Eubée en un lieu nommé l'Artémision afin d'empêcher la flotte perse de contourner cette position. En effet les Perses, pour garder le contact avec leur flotte, doivent emprunter la seule route importante qui passe par les Thermopyles. Là, entre le golfe Maliaque et la montagne, l'étroite chaussée passe dans un défilé dont certains passages n'excèdent pas 10 mètres de largeur et qui plus est barré par les vestiges d'un mur construit en zigzag. Enfin, les marais sont nombreux et forment un obstacle supplémentaire.

Entre les 7000 à 10 000 hommes environ dont dispose Léonidas et la flotte d'Eurybiade (avec Thémistocle à la tête du contingent des navires athéniens, de loin le plus nombreux) les liaisons sont constantes.

Dans un premier temps, sur terre, les troupes de Léonidas tiennent fermement leur position dans un défilé et repoussent les Perses, infligeant de grandes pertes, y compris aux fameux Immortels, les troupes d'élites de Xerxès. Mais Léonidas est trahi par un certain Éphialtès, fils d'Eurydémos, un citoyen de Malia, qui livre aux Perses le moyen de contourner l'armée grecque, par le sentier d'Anopée. Léonidas décide alors de se sacrifier avec les 300 hoplites Spartiates, ainsi que 700 soldats des cités de Thèbes et de Thespies, pour laisser aux Grecs le temps d'organiser leur défense et à l'armée de se retirer en bon ordre. Les Grecs résistent héroïquement autour du roi spartiate et sont tous massacrés sur ordre de Xerxès. Cette bataille devint l'emblème de la résistance grecque à l'envahisseur et de l'esprit de sacrifice des Spartiates. Au sommet du Kolonós, théâtre de l'ultime résistance spartiate, sur lequel fut érigé un mausolée, une inscription du poète Simonide de Céos (556 -467 av. J.-C.), commémore cette action :

 « Passant, va dire à Sparte que nous sommes tous morts ici pour obéir à ses lois »