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SOUVENIR OENOTRIEN (français)

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SOUVENIR OENOTRIEN 

« Ses boucles éparpillées roulaient sur ses épaules ;
c’était comme une rose jetant des violettes »

            Nizâmî,

           Khosrou et Chirîn

 

Assis près de la mer. La mer nue.

La mer agitée par la volupté chatoyante

Du peuple souverain des poissons.

 

Je tourne mon visage taciturne vers toi.

Les cercles célestes des années

Frissonnent dans ton regard

Où passent les figures

De tes innombrables ancêtres

Depuis le soleil ptoléméen.

 

J’aime l’archéologie immémoriale de ton être,

Sa science sublime des formes anciennes,

Sa nostalgie orphique de choses

Qui savent, qui peuvent ressusciter

Dès que la musique des sphères

Frôle leur surface chthonienne.

 

Ah, comme j’aime, sans tremblement aucun,

Ce soir de velours caressant

Qui dépose sa tendresse

Comme un voile de chaleur pure

Sur la mauve gravité  de ton corps nus.

 

Ah, comme mon âme

Voudrait pouvoir

Dire la beauté par la beauté

Et la lumière par la lumière ! 

            Athanase Vantchev de Thracy

Glose :

Oenotrien, oenotienne (adj.) : citoyen d’OEnotrie, nom donné à la partie de l'Italie habitée par les Arcadiens, venus s’installer là sous la conduite d'OEnotrius, fils de Lycaon. Ce prince, dit Pausanias, fit voile en Italie, y régna, et donna son nom à cette contrée: ce fut, ajoute-t-il, la première colonie grecque qui alla habiter une terre étrangère. Virgile n'ignorait pas cette tradition, quand il a parlé de l'Italie. Cette contrée, selon Aristote (Les Politiques) était entourée de deux golfes, le golfe scyllétique et le golfe lamétique. L’historien et critique grec Denys d’Halicarnasse (1er siècle av. J.-C.) parle de l’origine et des divers établissements de cette colonie arcadienne.

Nizâmî ou Nezâmî (1141-1209) : un des plus grands poètes persans. Il est surtout connu par

sa Khamsé, littéralement « ensemble de cinq /chants/» car composée de cinq masnavis,

« poèmes didactiques ». Mis à part le Trésor des mystères qui expose des principes moraux et

mystiques animés d’anecdotes, les autres poèmes relatent des épopées romanesques, Khosrau

et Shirin décrit les exploits et les amours du roi sassanide Khosrô II Abharvez (en grec

Chosroès Parviz) qui régna de 590 à 628 ap. J.-C., et fut profondément amoureux de la

princesse arménienne Shirin. Laila et Majnûn reprend une vielle légende arabe illustrant un

« amour fou » qui ne se réalise que dans la mort. Les Sept Idoles raconte sept histoires

merveilleuses dites par chacune des sept favorites du roi sassanide Bahrâm V Cûr ou Gôr (roi

de 421 à 438 ap. J.-C.). Enfin, le Livre d’Alexandre s’inspire de l’image orientale

d’Alexandre le Grand et le glorifie en tant que sage, prophète et conquérant.

 

Claude Ptolémée (vers 90 ap. J.-C. – Vers 168 ap. J.-C.) : astronome, mathématicien et

géographe grec de l’école d’Alexandrie. Un des astronomes antiques les plus connus, auteur

d’un système géocentrique du monde qui fit autorité jusqu’au XVIe siècle. C’est à lui qu’on

doit de connaître les travaux d’Hipparque (160 – 125 av. J.-C.) que Ptolémée cite souvent

dans son célèbre ouvrage La Syntaxe mathématique, transmis à l’Occident par les Arabes sous

le nom d Almageste, exposé complet du système astronomique  dit de Ptolémée.  Le système

géocentrique de Ptolémée place la Terre immobile au centre de l'Univers. Autour d’elle

tournent dans l'ordre : la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter, Saturne et les étoiles

accrochées à la huitième sphère. Pour expliquer le mouvement des planètes, Ptolémée

construit des combinaisons de mouvements circulaires et uniformes. Les planètes décrivent

des petits cercles nommés épicycles , le centre de chaque épicycle étant lui-même en

mouvement circulaire et uniforme autour de la Terre, une manière d'expliquer

les mouvements rétrogrades des planètes et leurs variations de luminosité. Pour rendre mieux

compte de la réalité de certains phénomènes, il affine son modèle en introduisant le point

équant (véritable hérésie du point de vue cinématique). Indépendamment de cette conception,

Ptolémée envisage le monde comme composé de deux régions : une région élémentaire qui

comprend les quatre éléments : terre, eau, air  et feu ; une région éthérée qui entoure la

première, comprenant onze cieux tournant autour de la terre. Au-delà de ces onze cieux se

trouve l'empyrée (séjour des bienheureux). Le géocentrisme ne sera remis en question que

quatorze siècles plus tard avec Copernic et Kepler.

 

On doit à Ptolémée plusieurs autres livres : la Tétrabible, canon de l’astrologie hellénistique

qu’il différenciet nettement de l’astronomie ; le Guide géographique dans lequel il décrit

quatre  procédés de projection, beaucoup plus scientifique que celui du mathématicien et

géographe grec Marin de Tyr (fin du Ier siècle ap. J.-C.), et qui peut être considéré comme

le premier traité de géographie mathématique ; l’Optique, où il étudie systématiquement les

lois de la réflexion et de la réfraction ; les Harmoniques, traité d’acoustique où Ptolémée

expose diverses théories musicales.

 

Chtonien, chtonienne (adj.) : du grec khthôn (ή χθών, χθονός), « la terre, le sol ». Qui a trait

aux divinités infernales.