Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

SONNET SENTIMENTAL (français)

PDF
Imprimer
Envoyer

 

SONNET SENTIMENTAL

 

« Le jour était gris tendre, gris comme l’angoisse.
Et le soir était pâle comme une main de femme. »

                        Alexandre Blok (1880-1921),

                        A la croisée des chemins

 

Les vertueuses Cyclades vêtues de lumières,

L’été de tes cheveux, l’azur de ton regard,

La mer Egée ciselant sur mes doigts hagards

Le chant vertigineux et chaud des millénaires.

 

Je t’ai aimé, ô Grèce, avec l’intense délire

D’une âme émerveillée par ta splendeur antique,

Avec la folle fureur de mon enfance tragique

Et la grandeur vibrante des anciens empires.

 

Mais à présent, captif des astres helvétiques,

Je livre ma douleur aux Alpes compatissantes

Et d’autres sources accueillent mon ombre frémissante !

 

Et de nouveau ma vie tressaille au son pudique

D’une angélique voix venue de très loin

Comme un salut céleste, comme un baiser divin.

                Athanase Vantchev de Thracy

A Paris, ce mercredi 30 juillet, l’An de l’Incarnation de Notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ 2003.

Glose :

Alexandre Blok – en russe Aleksandr Aleksandrovitch Blok -  (1880-1921) : poète russe. Son premier recueil parut en 1904 : Vers à la Belle Dame, chef-d’œuvre du symbolisme romantique. La « Belle Dame » symbolise la Sagesse divine, désirée, attendue, puis épousée. Mais le poète évolua vers un réalisme pessimiste. Son second recueil, Joie inattendue (1907), a pour décor les faubourgs populaires de Saint-Pétersbourg : la poésie y est plus humaine. L’échec de la révolution de 1905, qu’il avait accueillie avec joie, le déçut amèrement. Il écrivit alors une trilogie dramatique (1906-1907) : La Baraque foraine, satire de ses espérances ; Le Roi sur la place ; et enfin L’Inconnue, obsession immatérielle qui remplaça la « Belle Dame ». Un troisième recueil de vers écrit entre 1908 et 1916 marqua la maturité de Blok ; son symbolisme a évolué vers un patriotisme mystique : Russie, Au champ de Koulikovo (1909), Châtiment (1910-1921), poème narratif sur le peuple russe et son destin, La Rose et la Croix (1913), tragédie lyrique. En 1917, il se rangea du côté des bolcheviks et en 1918 il écrivit son poème le plus admiré, Les Douze (illusion aux douze apôtres guidés par le Christ vers la victoire finale de la religion de l’amour), ainsi que son dernier poème, Les Scythes, contre l’occidentalisme. De nouveau déçu par la révolution, il mourut dans le désespoir. Blok est le principal poète du symbolisme russe, avec une œuvre marquée par un mysticisme profondément pessimiste et une angoisse tragique. Sa poésie est d’une grande inspiration et particulièrement musicale. On le compara souvent à A. A. Pouchkine. Les Lettres de A. A. Blok furent éditées en 1925, son Journal embrassant la période de 1911 à 1921, en 1928.   

Cyclades (n.f. pl.) : Kukladês en grec, c’est-à-dire « en cercle ». Archipel d’environ 40 îles de la mer Egée (Grèce) dont 25 habitées. Les plus importantes sont : Syra, Naxos, Andros, Paros, Tinos, Santorin (Thira), Mykonos, Milo, Délos, Ios, Sérifos, Sifnos, Kythnos, Amorgos. Le nome (circonscription administrative de la Grèce moderne) des Cyclades s’étend sur 2 572 kilomètres carrés et compte quelque 95 000 habitants. La civilisation cycladique devança de quelques siècles celle de Crète et de Mycènes.

Mer Egée : en grec Aiyaio, anciennement Archipel. Partie de la Méditerranée située entre la péninsule des Balkans, la Crète et l’Asie Mineure. Profondeur maximale 2 529 m. Quatre cents îles, presque toutes grecques, peuplées d’environ 980 000 habitants avec la Crète, sont les restes du continent effondré entre les Balkans et l’Asie. On donne le nom de civilisation égéenne aux civilisations préhelléniques.    

 Helvétique (adj.) : du latin helvéticus, de Helvetii, « les Helvètes ». Helvétie (n.f.) : ancienne partie orientale de la Gaule occupant à peu près le territoire de la Suisse actuelle. Suisse. Pays des Helvètes, peuple celte établi en Allemagne du Sud à la fin du IIe millénaire. Au Ier siècle av. J.-C., ils occupaient la majeure partie de l’actuelle Suisse occidentale. Pour fuir les Suèves que commandait Arioviste, ils émigrèrent vers la Gaule, mais César les vainquit à Montmort (Morvan) en 58 av. J.-C. et les contraignit à retourner dans leur pays d’origine. Sous Auguste, l’Helvétie fut rattachée à la Belgique, puis à la Lyonnaise. L’invasion des Alamans et des Burgondes au Ve siècle ap. J.-C. contraignit les Helvètes à se réfugier dans les montagnes.

Alpes (n.f. pl.) : du latin Alpes, Alpium. Le plus vaste et le plus élevé (4 807 m au mont Blanc) des massifs montagneux d’Europe. Il s’étend sous la forme d’un arc de cercle de 1 000 k                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       mde long sur 250 km de large environ, de la Méditerranée au Danube.