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SIMONETTA VESPUCCI (français)

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SIMONETTA VESPUCCI

« Tout les mots s’éclairent
au feu sûr du corps dévêtu,
tous les mots restent nus
dans ton ombre ardente »

Antόnio Ramos Rosa

 

Cette peau de lis vierge, cette lumière candide,
Le corps d’une élégance qui fait frémir les mots,
Le coquillage qui porte comme un rapide vaisseau
La scintillante Déesse vers les collines virides !

Toi, enfant des vagues, amante limpide des cieux,
Tissée des blancs soupirs de l’air resplendissant,
Pourquoi ce calme chagrin, ces douloureux mouvements,
Ce pur désespoir dans le cristal des yeux ?

Toi, ma Florentine, qui a changé le cœur
Du tendre Julien en ode bienheureuse
Et fit trembler d’extase la main silencieuse

Du peintre amoureux des fastes de la splendeur !
Beauté qui a vaincu la mort, l’oubli, le temps,
Pour devenir le sceau d’un rêve toujours vivant !

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 2 octobre 2008

Glose :

Simonetta Cattaneo de Vespucci (née à Gênes en 1453 – morte de tuberculose à Florence le 26 avril 1476) : une des plus belles femmes de la Renaissance. On la surnommait « L’Eternelle », « La belle Simonetta », « La Sans Pareille ». Elle était la femme de Marco Vespucci de Florence. On la soupçonna d’être la maîtresse de Julien Médicis, le jeune frère de Laurent le Magnifique. Elle fut le modèle pour de nombreuses œuvres majeures de la Renaissance ainsi que l’objet de nombreux poèmes.

Après sa mort, Julien de Médicis encouragea les écrivains de son cercle littéraire à écrire des vers pour se souvenir de la femme qu’il avait aimée. Simonetta serait passée dans l'histoire comme les autres figures féminines du passé, s'il n'y avait pas eu, parmi beaucoup, deux immenses artistes qui, conquis par elle, l’immortalisèrent : le peintre de la splendeur Sandro Botticelli (1445-1510) et le grand poète, humaniste et dramaturge Angelo Ambrogini dit Poliziano (1454-1494)

La singularité du témoignage de Botticelli est liée au fait que les deux jeunes, Julien et Simonetta, restèrent ses modèles idéaux même lorsqu’ils furent tous les deux morts depuis longtemps. Les tableaux où elle servit de modèle continuent de faire parler d'elle : Le printemps où elle est Flore ; La naissance de Vénus où elle est, bien sûr, Vénus. Botticelli la prit pour modèle on ne sait combien de fois et voulut être enterré dans l’église Ognisanti (Tous les Saints) près de la tombe de Simonetta.

Autre laudateur  de Simonetta fut Piero de Cosimo (1462-1522), peintre florentin à peine plus jeune qu’elle, auteur d’un portrait célèbre aujourd’hui conservé au Musée Condé de Chantilly en France. Piero de Cosimo étant trop jeune au décès de Simonetta, il ne peut s’agir que d’un portrait posthume. La jeune femme est représentée le buste nu, ce qui est très rare à la Renaissance. Par contre, la représentation de profil est caractéristique de cette époque. Le front très bombé (les femmes de la Renaissance s’épilaient couramment le front) et le nez retroussé se retrouvent souvent dans l’œuvre de Piero di Cosimo. Le peintre n’a pas cherché à faire un portrait ressemblant de Simonetta, mais une représentation de la beauté idéalisée de celle qu’on appelait alors « l’idole de Florence ».

Antόnio Ramos Rosa (né en 1924) : poète portugais. Né à Algarve, il vit à Lisbonne. Son œuvre pléthorique témoigne de la vie d’un homme « qui n’a su trouver sa demeure que dans le langage », selon la belle formule de Robert Bréchon.