Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

SEIGNEUR, CHANGE-MOI EN VERS LUISANT (français)

PDF
Imprimer
Envoyer

Seigneur, change-moi en vers luisants

A Boniface 

«Reste devant la porte si tu veux qu’on te l’ouvre.
Rien n’est fermé jamais, sinon à tes propres yeux.»
           

            Farid Al-Din Attâr,

            Langage des Oiseaux

 

Le soleil descend sereinement

L’échelle céleste du calendrier.

 

Bientôt la nuit ouvrira ces yeux bleus

Pour contempler, du haut

Des prairies fécondes du ciel,

Les tendres traits de ton visage endormi.

 

Debout, seul dans une chambre loin, très loin

De la respiration de ton cœur,

J’écouterai les fugues de la brise

Et les hymnes que chantent les chorales des herbes libres.

 

Je contemplerai les feuilles dorées du vieux hêtre

Qui disent adieu aux nids des merles

Avant de faire tomber leur silence

Dans le silence.

 

Et mon âme illuminée murmurera :

 

« Seigneur, Ami de mon cœur,

Change en vers luisants les mots de mon poème,

Fais luire leurs petits corps frêles

Pour éclairer la route

De ceux qui errent, solitaires,

Sur les routes de la Terre ! »

 

« Allez, petites lampes vivantes de mon amour,

Versez votre  clarté salvifique

Dans les yeux des Pèlerins !

 

Qu’ils brillent, ces puits d’espoir

Où le monde mire sa magnificence,

Qu’ils s’enflamment,

Qu’ils scintillent

Comme des gouttes d’eau de roche

Sur les mains fertiles de la grande,

De la fructueuse solitude. »

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, ce mardi 30 octobre, Anno Domini MMVII

Glose :

Boniface : prénom, du latin « bonifacius », « beau visage ». Le saint patron des Boniface est un évêque de Lausanne, professeur à Paris et à Cologne, mort près de Bruxelles en 1260. Plusieurs autres saints ont porté ce prénom, dont un Anglais qui évangélisa l’Allemagne au VIIIe siècle et sacra roi des Francs Pépin le Bref, père de Charlemagne. On le fête le 5 juin.

Farid Al-Din Attar (1140-1230) : l’un des plus célèbres poètes et mystique de la Perse. Attar est un surnom qui désigne celui qui fait commerce de parfum. C’était la profession de son père et le poète en hérita. Dans sa boutique d’apothicaire, il composa la plupart de ses œuvres. Il voyagea beaucoup cependant et rencontra plusieurs grands mystiques de son temps tels que Nedjm al-Dîn Kubra et Jalâl al-Dîn Rumi alors que celui-ci n’était qu’un enfant. Plus tard, Rumi dit de lui : « il fut l’âme du mysticisme et je n’ai fait que suivre sa trace ». Il est l’auteur de plus de 100 000 vers. Le livre de l'épreuve est considéré comme son chef-d’œuvre. Il raconte le voyage initiatique de l’âme en quête de l’Unité. Le Pèlerin qui l’incarne interroge sans succès la création entière.  Son Livre divin, un des monuments de la littérature mystique persane, est une longue composition qui chante les thèmes de la voie soufie à travers une série de récits, menés souvent avec la prolixité orientale, qui culminent toujours dans la nostalgie de l’instant sacré de la rencontre avec le divin. Le Langage des Oiseaux est un poème de philosophie religieuse.

Il fut assassiné par les Mongols qui envahirent son pays. Le tombeau du poète se trouve dans sa ville natale, Nichapour dans le  Khorassan.