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POURPRES SANGLOTS (français)

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POURPRES SANGLOTS

In Memoriam James Oscco Anamaría

 

“Tu regardes la nuit, mon Astre: que ne suis-je
Le ciel aux millions  d’yeux pour mieux te contempler »

            Platon

 

Ce soir, mon frère adoré,

Les sanglots limitent le pouvoir

De te dire mon amour !

 

Je fais don du printemps de mes yeux

A ta mort ! Je t’offre

Le satin du jour pour linceul 

Et les lèvres douces de l’année bissextile

Pour couvrir du voile de ses baisers

L’innocence de ta face ensanglantée !

 

Toi et l’immortalité, unis à présent

Dans l’anneau d’or que le temps

Remet au doigt de la muette solitude de ton peuple!

 

Main crue, aveugle prunelle

Qui avez laissé s’effondrer le corps émeraude de l’étoile

Au bord sauvage de la route

En la pourpre absence du Bon Samaritain !

 

Frère, frère de mon Verbe,

Non, je ne sais pas prier pour ton âme !

De ses doigts abrupts,

La douleur a effacé les syllabes des psaumes

De tous les autels de ma mémoire !

 

Et je ne connais plus que

La séraphique  grammaire de la Grande Charité,

L’alphabet des irrévocables Hymnes de l’Amour,

La mystique géométrie de la Dévotion

Et le Culte antique des héros !

 

Ô Mères, saintes Mères du Pérou,

Venez,

Allumez ce soir les cierges de vos cœurs,

Versez

Le baume et la lumière de votre blanche miséricorde

Sur le rubis cramoisi de cette bouche qui s’est tue !

 

Cette bouche qui chanté avec les flammes de son sang

La plus belle ode

A la divine Liberté !

 

Et Toi, Seigneur de la Paix,

Avance, léger, invisible et tendre

Vers la harpe de ce corps de jasmin,

Approche, Seigneur, et pose Tes doigts irisés

Sur les cordes abîmées du cœur

Du Poète immortel,

Ton Ami, Ton Chantre,

Ton Compagnon,

Ton Laudateur amoureux !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 9 mai 2008

Le poète péruvien James Oscco Anamaría, la voix la plus pure des Andes, fut assassiné par les maîtres cupides et barbares d’un pays où des millions de gens vivent dans la plus cruelle pauvreté ! Il fut de ceux qui, comme les prophètes de la Bible et les impensables martyrs chrétiens, sont morts pour que la graine éternelle de la Justice ne soit jamais perdue ! Ô Maîtres insensés, ne saviez-vous pas dans votre effroyable aveuglément que le sang des martyrs est semence ? Ignoriez-vous que votre temps est compté, que la saison terrible de la dure moisson est venue et que l’Ange de la Mort a levé déjà sur vos têtes criminelles, le Glaive impérissable de la céleste Vengeance ?