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SANDRO BOTTICELLI (français / anglais)

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SANDRO BOTTICELLI    

A Théo et Anastase Crassas

« La ville de Florence… dépasse les autres cités par le nombre d’artistes et de lettrés
remarquables qui y vivent, comme les chanceliers Coluccio Salutati (1331-1404) et Leonardo
Bruni (1370-1444), ou des hommes comme Poggio Bracciolini (1380-1459), Angelo Poliziano
(1454-1494), et tous ceux qui gravitent autour de la cour des Médicis. D’autres circulent,
enseignent, écrivent de ville en ville, au hasard des emplois auprès des princes ou des cités, et
de bonne ou mauvaise fortune : par exemple Lorenzo Valla (1406-1457), ou des hommes « à
cheval » sur le XVe et le XVIe siècle, comme Pomponazzi (1464-1524) et Pietro Bembo
(1470-1547). »

 

            Histoire chrétienne de la littérature

 

 

Beauté dans la beauté, tendresse dans la tendresse,
La transparente caresse de l’âme sur les visages,
Le temps immaculé qui ennoblit les âges
Et rend plus délicate la dague de la tristesse.

 

Et cette mélancolie, ces frémissements mystiques
Des traits aériens qui voguent dans le silence !
Splendeur dans la splendeur, clarté et élégance
Des êtres fascinés par le délire mythique !

 

Comme tout est raffinement parfait et précieux :
Les immortelles Madones, Vénus, saint Augustin,
Les Anges en robes d’éther et les  Enfants sereins,

 

L’intemporel Printemps, les fleuves miraculeux !
Je t’aime, ô âme d’azur, ô astre véridique,
Adolescent céleste, Ami des vies tragiques !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

A Paris, le mardi 5 octobre, Anno Domini MMIV

Glose :

Sandro Botticelli (Florence 1445 – id. 1510) : le vrai nom de ce peintre de génie était
Sandro di Mariano Filipepi. Botticelli est un surnom. Peut-être le lui a-t-on donné en
souvenir de son premier apprentissage en tant que « battigello », c’est-à-dire celui qui battait
l’or et l’argent. Il fut l’élève de Filippo Lippi et de Verrocchio qui ont exercé, avec Antonio
del Pollaiolo, une grande influence sur la formation de son style (La Force, 1470). Les
Médicis le remarquèrent très vite : c’est pour Lorenzo di Pierfrancesco, cousin de Laurent le Magnifique, que le peintre exécuta quelques-uns de ses tableaux les plus célèbres, comme Le
Printemps
(1478) et Pallas et le Centaure (1482). Par la suite, ces œuvres furent réunies avec
La Naissance de Vénus (1485) à la Villa Médicis de Castello. Pour un banquier proche des
Médicis, il réalisa sa célèbre Adoration des Mages (où figure l’autoportrait de l’artiste)
aujourd’hui aux Offices. Sandro peignit quatre tableaux sur ce sujet. Outre de nombreuses et
superbes Madones, souvent peintes sur des tondi, Botticelli réalisa pour les églises florentines
de magnifiques retables qui se trouvent aujourd’hui aux Offices de Florence. Il exécuta
quelques portraits parmi lesquels La Belle Simonetta ou Portrait de Jeune femme, Portrait de
jeune homme à la médaille
que l’on a identifié comme son frère Antonio, célèbre pour avoir
frappé des médailles pour les Médicis. Maître incontesté de la ligne en Occident, Botticelli
l’utilisa, dans ses dessins,  comme l’ultime frontière entre le visible et l’intelligible
(illustration pour la Divine Comédie de Dante, après 1480). Botticelli fut un homme triste et
solitaire, ami des affligés et des hommes à la vie tragique. Il subit l’influence du grand
humaniste florentin Angelo Polizziano (Ange Politien), traducteur de l’Iliade en latin. C’est
Politien qui lui insuffla son grand amour de la mythologie grecque. Vers la fin de sa vie,
Botticelli tomba dans un profond mysticisme. Malgré son immense génie, il fut très vite
oublié. Ce n’est qu’au XIXe siècle que les préraphaélites anglais le redécouvrirent. Il fut appelé l’Eternel Adolescent.



ENGLISH :

Sandro Botticelli

For Theo and Anastase Crassas

 

There is beauty in the beauty, a tenderness in the tenderness,
the transparent caress of his soul marks these painted faces,
which exist in an unsullied time that has ennobled the ages
and has made less painful the stab of mortality.

 

And that melancholy, that mystical trembling
of airy strokes sailing into silence!
There is the splendour in the splendour, a clarity, an elegance
in these people newly dazzled by the delirium of myth!

 

How all is perfectly and preciously refined :
the immemorial Madonnas, Venus, St Augustine,
the Angels in ethereal robes and the Serene Infants,

 

the timeless Primavera, the miraculous rivers!
I love you, O azure soul, O truthful star,
heavenly Adolescent, friend to those with tragic lives!

 

 

Translated from the French by Norton Hodges