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SALVADOR ALLENDE (français / espagnol)

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SALVADOR ALLENDE

 

« Stabant justi in magna constantia adversus eos
qui se angustiaverunt, et qui abstulerunt labores eorum  »

 

(« Les justes s’élèveront avec une grande force contre ceux
qui les auront accablés d’afflictions,
et qui leur auront ravi les fruits de leurs travaux »)

           Messe pour un martyr

 

I.

 

Oui, Salvador,
Les peuples ont soif flamboyante de justice
Pareils en cela aux herbes du désert
Qui réclament le poème divin de la pluie.

 

Ton nom nous revient et saigne
Comme une profonde blessure
Dans le cœur d’un ange égaré
Parmi la chorale viride des étoiles !

 

Chili est un chant
Dans chaque drapeau libre, 
Dans chaque festive solennité,
Dans le temps hardi
Qui se promène, nu-pieds,
Sur les cimes enneigées
Des montagnes et des pins !

 

II.

 

Voix du fleuve humain qui grandit,
Qui gonfle et se tortille,
Qui triomphe et se précipite
Dans un furieux besoin d’amitié absolue,
De vagues d’eau dénudée, de mer génitrice!

 

Espoir tranchant comme le glaive d’un aigle
Ivre de songes ! Frère, tout est possible
Sous le vaste azur safre
De l’insondable ciel chilien !

 

III.

 

Tempêtes qui impriment leurs éclairs
Sur les bras des hommes purs,
Mains vibrantes consolant
Les demeures éventrées
Au milieu du furieux vacarme des armes !

 

Corps harnachés de cicatrices
Sous le hennissement sauvage de la lune,
Forêts où s’élabore le cristal de la vie !

 

Mais nulle part le vide !

 

IV.

 

Sur toutes les épaules laborieuses,
Sur tous les rails qui vont vers
Les palais où habite l’immortelle Liberté,
Sur toutes les grues des chantiers,
Brille, Salvator,
Une pépite d’or de ton nom !
Un rayon de ton regard amoureux
Irise
Jusqu’au vol ignivome des hirondelles !

 

Et simple,
Simple,
Simple comme le
Bourdonnement des abeilles
Est la vie !

 

V.

 

Là où les arbres jettent de l’ombre
Ils laissent leur âme frissonnante.
Eux, vigiles vigoureux de la terre,
Ils savent comme toi,
Que la mort des martyrs
Ennoblit !

 

Rappelez vous l’Homme qui est tombé pour vous,
Vous, cours sémillants des fleuves andins,
Heurtoirs des vieilles maisons
Qui cognent contre le feu des veines,
Guipures blanches des mots,
Doigts à la tendresse qui coule
Abondante dans le poème !

 

Et vous printemps intempestifs,
Chutes enténébrées,
Calendriers semi solaires,
Retenez l’éternel
Dans la voix fugace des secondes !
Embrassez l’univers,
Soyez-en la parole qui
Divinise tout !

 

VI.

 

Je pense à toi ce soir, Frère,
Assis devant la vitre,
Les yeux fermés déjà à la vie,
A l’été,
Aux pépiement fiévreux des fauvettes !

 

Je pense à toi, Ami des hommes,
Marchant sur la route des saisons
Qui, bientôt,
Privée de direction,
Ne mènera qu’au silence.

 

Mais je sais, je confesse,
Frère des méprisés, des abandonnés,
Des piétinés,
Je publie
Que la mémoire
Aux innombrables ruelles et portiques
Conduit toujours
Aux choses du cœur !

 

VII.

 

Et toi, Chili des pivoines pourpres,
Chili des roses blanches,
Sigle royal du courage flamboyant,
Sceau des vignes à la grappe cuivrée,
Accueille dans tes bras
Le souvenir  de ton Fils,
L’ultime effleurement du temps
Sur ses paupières closes !

 

N’oublie pas, pays lumineux,
Pays à l’impériale fierté,
N’oublie jamais que

 

Les justes s’élèveront avec une grande force contre ceux
qui les auront accablés d’afflictions,
et qui leur auront ravi les fruits de leurs travaux !

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 9 juillet 2008

Glose :

Salvador Allende (]26 juin 1908 - 11 septembre 1973) : a été président du Chili
du 3 novembre 1970 au 11 septembre 1973. Il n'a pas pu terminer son mandat
présidentiel, qui devait durer jusqu'en 1976. Le coup d'État du 11 septembre 1973
renversa son gouvernement et mit en place une dictature militaire. Le défenseur des
opprimés et des abandonnés, le Fils glorieux du Chili, se vit obligé de se suicider
durant les bombardements aériens sur le palais de la Moneda. 

Viride (adj.): du latin viridis, « vert ». Couleur qui tire sur le vert, assez sombre.  

Géniteur (n.m.), Génitrice (n.f.): du latin genitor, « père », genitrix, « mère ».
Personne qui a engendré quelqu’un. Nos géniteurs, « nos parents ».

Safre (n.m.): peut-être une variante du terme « saphir ». Oxyde bleu de cobalt.
Verre bleu coloré avec ce produit et imitant le saphir. Azur, smalt.

Ignivome (adj.): qui vomit, qui crache du feu. Se dit des volcans.

Fauvette (n.f.) : du bas latin  falvus, « fauve ». Petit oiseau (Passériformes) à
plumage parfois fauve, au chant agréable. Fauvette des marais, des roseaux :
phragmite, rousserolle. Fauvette des jardins : passerinette.

 

ESPAGNOL :

 

SALVADOR ALLENDE

 

« Stabant justi in magna constantia adversus eos
qui se angustiaverunt, et qui abstulerunt labores eorum  »

 

( “ Las personas justas se elevarán con  gran fuerza contra las que los habrán agobiado de aflicciones,  y a  quienes les habrán encantado los frutos de sus trabajos.”)

          Misa para un mártir

 

I.

 

 Sí, Salvador,

 Los pueblos tienen sed resplandeciente de justicia

 iguales a las hierbas del desierto

 que reclaman el poema divino de la lluvia.

 

 Tu nombre nos vuelve a  la memoria  y sangra

 como una herida profunda

 en el corazón de un ángel perdido

 ¡ Entre la coral viride de las estrellas!

 

Chile es un canto

 en cada bandera libre,

 en cada  solemnidad festiva,

 en el tiempo intrépido

 que se pasea, descalzo,

sobre las cimas nevadas

de  montañas y pinos!

 

 II.

 

 Voz del río humano que aumenta,

 que se hincha y anda sin rodeos,

 que triunfa y se precipita

 en una necesidad furiosa de amistad absoluta.

 ¡ Desnudas olas de agua, del  mar genitor!

 

Esperanza  cortante  como la espada de un águila.

 ¡ Ebrio de sueños! Hermano, todo es posible

 bajo el vasto  safre

 del  insondable cielo chileno!

 

 III.

 

 Tempestades que estampan sus relámpagos

 sobre los brazos de los hombres puros,

 manos vibrantes que consuelan.

las moradas en ruinas

 ¡ En medio del jaleo furioso de las armas!

 

 Cuerpos enjaezados  de  cicatrices

 bajo el relincho salvaje de la luna.

 ¡ Bosques dónde se elabora el cristal de la vida!

 

 ¡ Pero en ninguna parte el vacío!

 

IV.

 

 Sobre todos los hombros laboriosos,

 sobre todos los caminos que van hacia

 los palacios donde habita la inmortal Libertad,

 sobre todas las obras,

 brilla, Salvador.

 ¡ Una pepita de oro  tu nombre!

 Un rayo de tu mirada amorosa

 Irisa

 ¡ Hasta el vuelo ignívomo de las golondrinas!

 

 Y simple,

 simple,

 simple como el

 zumbido de las abejas

 ¡ Es la vida!

 

V.

 

 Allí dónde los árboles se  echan a la sombra

 dejan su alma temblorosa.

 Ellos, vigilantes vigorosos de la tierra,

 saben como tú,

 que la muerte de los mártires

 ennoblece!

 

 Recuerden al Hombre que cayó por ustedes,

 ustedes, traviesos cursos de los ríos andinos,

 aldabas de  casas viejas

 llaman contra el fuego de las venas,

 Guipures de las palabras blancas,

caricias  a la  ternura que

 abunda en el poema!

 

Y ustedes  primaveras intempestivas,

 entenebrecidos atardeceres,

 calendarios  semi - solares,

 retengan lo eterno

 en la voz fugaz de los segundos!

 Abracen el universo,

 de allí la palabra que

 ¡ Diviniza todo!

 

VI.

 

 Pienso en ti esta tarde, Hermano,

 sentado delante del cristal,

 con los ojos cerrados ya a la vida,

 al verano,

 ¡ En el piar febril de las fauvettes!

 

 Pienso en ti, Amigo de los  hombres,

 marchando sobre el camino de las estaciones

 que, pronto,

 privada de dirección,

 sólo llevará  al silencio.

 

Pero sé, confieso,

 Hermano de los despreciados, los abandonados,

 pisoteados,

 Publico

 que la memoria

 de los innumerables callejones y  pórticos

 siempre conducen

 ¡ A las cosas del corazón!

 

VII.

 

 Y tú, Chile de púrpuras peonias,

 Chile de las rosas blancas,

 sigla real del resplandeciente coraje,

 sello de las vides de racimos cobrizos,

 acoge en tus brazos

 la memoria de tu Hijo,

 el último roce del tiempo

 sobre sus párpados cerrados!

 

No olvides, país luminoso,

país, orgullo imperial

no olvide jamás que:

  

 “Las personas justas se elevarán con  gran fuerza contra las que los habrán agobiado de aflicciones, 

y a  quienes les habrán encantado los frutos de sus trabajos “.

 

         Athanase Vantchev de Thracy

 

París, el 9 de julio de 2008

Glosa:

Salvador Allende (26 de junio de 1908 - 11 de septiembre de 1973) fue presidente de Chile

De l 3 de noviembre de 1970 al 11 de septiembre de 1973. No pudo  terminar su mandato

Presidencial, que debía durar hasta 1976. El golpe de Estado del 11 de septiembre de 1973

derribó su gobierno y colocó una dictadura militar. El defensor de  oprimidos y abandonados, el Hijo glorioso de Chile, se vio  obligado a suicidarse durante los bombardeos aéreos sobre el palacio de Moneda.

Viride (adj.): del latino viridis, "verde". Color que dispara el verde, bastante sombrío.

Safre (n.m.) : posiblemente una variante del término "zafiro". Óxido azul de cobalto.

 Vaso azul coloreado con este producto y que imita el zafiro. Azul, esmalte.

Ignívome (adj.) : que vomita, que escupe  fuego. Se dice de los volcanes.

Fauvette (n.f.) : del bajo latín falvus, "fiera". Pequeña ave (Passériformes).

 Plumaje a veces aleonado, al canto agradable. Fauvette de los pantanos, las cañas:

 Phragmite, rousserolle. Fauvette de los jardines: passerinette.

 

Traduit en espagnol par la poétesse uruguayenne Janice Montouliu

 

 

Mis à jour ( Mercredi, 02 Février 2011 14:03 )