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SAINTE JEANNE JUGAN (français)

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SAINTE JEANNE JUGAN 

« Puisque tu m'as donné la lumière pour voir et comprendre, donne-moi maintenant Seigneur, un cœur très grand, très grand pour aimer ces hommes qui sont tes enfants, mes frères, et dans lesquels mon énorme orgueil voyait des fautes, sans me voir moi-même par contre... Mon âme ne cherche plus la perfection dans l'homme; elle ne pleure plus quand elle ne trouve pas d'endroit pour se reposer... Elle possède tout. Toi, mon Dieu, Tu es celui qui remplit mon âme; tu es ma joie; tu es ma paix, mon réconfort. Toi, Seigneur, Tu es mon refuge, ma forteresse, ma vie, ma lumière, ma consolation, mon unique vérité et mon unique amour. Je suis heureux !  Je possède tout ! »

            Saint Maria Rafael Arnaiz Baron

 

Depuis longtemps

Je n’avais entendu les cloches sonner si fort.

Et je me suis souvenu de toi, petite sœur des pauvres,

Et j’ai pleuré.

J’ai pleuré, petite sœur de Jésus,

Comme pleurent les enfants sans père ni mère,

Les chiens qu’on frappe,

Les indigents auxquels on refuse l’aumône du cœur,

Les saules au-dessus des ruisseaux verts,

Le ciel en automne !

 

Mon âme a tangué, petite sœur,

Mon âme s’est mise à flotter à un mât !

Ô ma sainte mère, mon humble église prieurale,

Voici nos deux cœurs devenu d’un seul coup

Comme roue dans roue de l’horloge,

Deux tremblements unis

De sang à sang,

D’essence à essence.

 

Toi, petite sœur de la simplicité,

Tendre pervenche des champs tendres,

Corps sans ombre

Et parole sans poussière !

 

Toi, qui as montré aux riens

Les choses dans leur divine grandeur,

La chaleur de la lumière dans le sourire

Des gardénias de mon jardin !

 

Oui, petite sœur, tout commence

Par la germination de la bonté,

Par la céleste biographie de chaque mot !

 

Là où gît ton corps,

La pierre a épousé les pariétaires

Et les cyprès ont intégré le poème

Eternel des saisons !

 

Ô sainte Jeanne des abandonnés, souris-moi,

Souris-moi, baie paisible des affligés !

 

Viens ce soir dans ma chambre,

Souris-moi, petite sœur, dis-moi la beauté des choses tues,

Demande à Dieu de faire de moi un champ de blé

Où chaque grain sera un mot d’amour,

Livre de miséricorde,

Cristal

Que taille la foi.

 

Je te prie, petite sœur,

Puisse ma voix devenir

Pur flamboiement d’été

Ici et toujours ici !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, ce dimanche 11 octobre, Anno Christi MMIX

Glose :

Sainte Jeanne Jugan (1792-1879) : en religion sœur Marie de la Croix, Jeanne Jugan, Bretonne, était la fille d'un marin pêcheur. Elle est la fondatrice de la congrégation des Petites Sœurs des Pauvres. Cette humble fille du peuple, simple servante, émue de pitié à la vue des vieillards qui mouraient dans l'abandon, fonda à Saint-Servan un institut qui n'a cessé de prospérer.

Elle a été béatifiée en 1982 par le Pape Jean-Paul II et et a été canonisée par le Pape Benoît XVI le 11 octobre 2009. 

Jeanne Jugan entra au service d'une vicomtesse, comme aide-cuisinière. Six ans plus tard, elle déclina définitivement la demande en mariage d'un jeune marin : "Dieu me veut pour lui. Il me garde pour une œuvre qui n'est pas connue..." En 1817, elle quitta Cancale pour Saint-Sevran, une ville aujourd'hui rattachée à Saint-Malo. Elle entra comme aide-soignante à l'hôpital du Rosais. Elle quitta cet hôpital en 1823 à cause d'une trop grande fatigue. Elle fut accueillie chez Mlle Lecoq, avec qui elle se lia d'amitié. Ensemble les deux femmes visitèrent les nombreux pauvres de la paroisse. Mais en 1835, Mlle Lecoq mourut. Jeanne devint alors journalière. Deux ou trois ans plus tard, avec une amie, Françoise Aubert, dite "Fanchon", elle loua un appartement au n°2 de la rue du Centre, à Saint-Sevran.

A l'hiver 1839, Jeanne recueillit une vieille femme aveugle et infirme, Anne Chauvin, à qui elle donna son lit et s'installa elle-même au grenier. C'est l'humble début d'une grande œuvre. Jeanne avait 47 ans.

Dans les années qui suivirent, quelques jeunes femmes vinrent l'assister dans sa nouvelle tâche. Deux ou trois années plus tard, elle commença la quête. En mai 1842, elle fut élue supérieure de la petite association, en présence de l'abbé Auguste Le Pailleur, vicaire à Saint-Sevran. Un embryon de règle hospitalière, inspiré de la Règle des Frères de Saint Jean de Dieu, fut élaboré, le nom de « Servantes des Pauvres » fut adopté.

En décembre 1843, Jeanne fut réélue supérieure. Quelques jours plus tard, de sa propre autorité, l'abbé Le Pailleur cassa l'élection et choisit Marie Jamet, une des trois autres membres, pour la remplacer.

En 1844, les « Servantes des Pauvres » devinrent les « Sœurs des Pauvres ». L'année suivante, l’Académie française décerna à Jeanne Jugan, pour son œuvre, œuvre, le prix Montyon. Jeanne devint célèbre, les journalistes s'intéressèrent à elle. En 1846, elle fonda deux nouvelles maisons : à la Piletière, à Rennes, et à Dinan. Le romancier anglais Charles Dickens vint visiter une des maisons.

Saint Maria Raphaël Arnaiz Baron (1911-1938) : il naquit à Burgos en Espagne. Brillant dans les études, il montra des signes d'une profonde religiosité, une foi vivante. Raphaël pratiquait la communion quotidienne, l'adoration eucharistique prolongée, la pénitence et la mortification. Par la lecture de la biographie d'un trappiste français que son oncle Léopold, religieux de la trappe, avait publié et par une retraite dans un monastère trappiste, il se sentit irrésistiblement attiré par cette vie de silence, de prière et d'austérité. Son oncle Léopold fut naturellement le premier à être mis au courant de sa décision de se joindre à la Trappe et le premier à se réjouir, même si la joie s'étendit à l'ensemble de la famille. A la mi-février 1934, Raphael vint en tant que novice à la Trappe de San Isidro de Dueñas.

Mais sa santé s'effondra en moins d'un mois. Il fut atteint du diabète sucré qui diminua sa force physique et, en tout juste huit jours, il perdit 24 kilos. En dépit de son désespoir, il fut obligé de retourner chez lui, son état de santé étant incompatible avec la vie monastique.

Il demanda à être accepté comme simple oblat, vivant dans l'infirmerie et nourrissant la seule ambition de vivre sa vie de malade dans la Trappe en priant pour les prêtres, les missionnaires, pour les besoins de l'église, pour les péchés du monde. Brûlé par la fièvre, dévoré par un sentiment de faim et de soif, il mourut le 26 avril 1938, à seulement 27 ans, après 19 mois et 12 jours passés dans la Trappe.

Raphael a été donné comme modèle à tous les jeunes du monde par le Pape Jean-Paul II (aux Journées mondiales de la Jeunesse de Compostelle, lors de la veillée avec les jeunes au Monte del Gozo, le samedi 19 août 1989), et il a été béatifié par lui le 27 septembre 1992. Il a été canonisé par le Pape Benoît XVI le 11 octobre 2009. Il est fêté le 26 avril.