Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

PROSOPOPEE (français / anglais / italien)

PDF
Imprimer
Envoyer

PROSOPOPEE

A ma cousine Athanasie 

« Ut hirundines aestivo tempore praesto sunt… »

("Comme les hirondelles restent dans nos climats durant l’été…") 

           Ciceron

 

Tu hantes encore mon cœur,
Mon amène Athanasie, mon angélique cousine !
Tu viens dans mon sommeil,
Calme, pure, clémente, lumineuse,
Dans ta robe blanche à frêles fleurs roses !

Comme ton image sublime
Frappe mon esprit d’étonnement,
Comme elle a le don élevé
De présenter chaque objet qui m’entoure
Admirable, rayonnant, somptueux !

 

Ton silence délicat orne, anime,
Eclaire, fortifie encore
Mon abandon !...

 

Je ferme les yeux ! Je suis de nouveau avec toi,
Au bord de notre magique rivière !
Nous avons tous les deux douze ans !

 

Les galets chantent sous l’écume
De la vague comme des clochettes.
Ils rêvent à la tendresse maternelle de l’eau claire !

 

Une petite musique tombe des feuilles
Des élégants peupliers,
Une mélodie verte et tremblante comme un cœur
D’oiseau effrayé dans son vol.

 

Le diamant du soleil scintille dans l’or liquide
De tes cheveux soyeux.
Mon âme frissonne, s’incline vers l’ombre,
Embrasse l’air suave
Et respire la mauve plénitude du midi !

 

Ah, ma suave Athanasie ! Si loin de mes lèvres
Son ces jours de grande lumière !

 

Tout est mort à présent
Tout est mort !

 

 

Je tourne dans ma chambre obscure,
Enfermé comme une fleur d’automne
Entre tes lointaines mains
Printanières !

 

La nuit vient !
J’attends les astres
Allumés sur le front
Des hauts séraphins,
Célestes gardiens de notre
Tendresse !

      Athanase Vantchev de Thracy 

A Paris, ce mercredi 1 juin, Anno Domini MMV

Glose :

Prosopopée (n.f.) : du grec prosôpon, « personne » et poïein, « faire ». Figure du langage qui consiste à faire parler les absents comme s’ils étaient présents. Elle prête un langage aux choses muettes. Synonyme : évocation. La prosopopée est aussi un discours d’une véhémence emphatique.

Ciceron (Marcus Tullius Cicero – 106-43 av. J.-C.) : homme politique et orateur latin de génie. Un des plus illustres personnages de l’histoire universelle. Avocat depuis 80 av. J.-C., il fut élu questeur à Lylibée (auj. Marsala) en Sicile (75 av. J.C.) où il défendit avec une fugue inouïe jusqu’alors les Siciliens contre les terribles exactions de leur ancien gouverneur, le propréteur Verrès. Consul en 63 av. J.-C., il déjoua la conjuration de l’ambitieux patricien Catilina et fit exécuter ses complices. Accusé par le tribun Clodius Pulcher, son farouche ennemi, d’avoir fait exécuter des citoyens romains sans jugement, il fut exilé en Grèce en 58 av. J.-C., par la volonté des triumvirs César, Pompée, Crassus, puis envoyé comme gouverneur en Cilicie (Asie Mineure). Après l’assassinat de César, il attaqua vivement Antoine, qui favorisait sans clairvoyance le jeune Octave, l’héritier de César, le futur Auguste.
Quand ces deux ambitieux se furent unis avec Lipide, Cicéron fut proscrit, rejoint dans sa propriété, et assassiné sur l’ordre d’Antoine. Ecrivain de premier ordre, il a porté l’art oratoire latin à son apogée dans ses plaidoyers (Verrines, Pro Murena, Pro Archia, Pro Milone) et dans ses harangues politiques (Catilinaires, Philippiques). Il a élaboré une théorie romaine de l’éloquence (De oratore, Brutus, Orator). Il chercha de concilier, par ses traités politiques, les différentes écoles (épicurienne, stoïcienne, académique) pour dégager une morale pratique en harmonie avec les exigences de la cité (De republica, De legibus, Tusculanes, De senectute, De amicitia, De oficiis). Il a créé une prose philosophique latine. Sa Correspondance (plus de 900 lettres tant à ses amis, en particulier à son fidèle Atticus, qu’à son frère Quintus) nous donne l’image d’un homme orgueilleux, mais qui force la sympathie par la grande noblesse de ses buts et l’immense richesse de ses dons intellectuels.  

 

ENGLISH :

Prosopopoeia


To my cousin Athanasia


” Ut hirundines aestivo tempore praesto sunt...”

(As the swallows stay in these climes in the summer...)

             Cicero


You still haunt my heart,
Athanasia, my sweet-natured, angelic cousin!
You come to me in my sleep,
quiet, pure, mild, softly shining,
in your white dress of delicate pink flowers!

When I see you in your sublimity
my spirit's struck with astonishment
for you have the high gift
that makes everything in this room seem
admirable, shining, sumptuous!

Your modest silence ornaments, enlivens,
illuminates, brings to life again
all that I left behind!...

I shut my eyes! I'm with you again,
by our magic river!
We're both only twelve!

The pebbles sing in the foam
of the waves like little bells.
They're dreaming of the clear water's motherly touch!

A faint music falls from the leaves
of the elegant poplars,
a green melody, trembling like the heart
of a frightened bird in flight.

The diamond of the sun sparkles in the liquid gold
of your silken hair.
My soul shivers, bows to the shadows,
kisses the sweet air
and breathes in the mauve fullness of midday!

O sweet Athanasia! So far from my lips
are the days of great light!

All is death now
all is death!

I wander round my dark room,
enclosed like an autumn flower
between the distant springtimes
of your hands!

Night's coming!
I wait for the stars
that shine from the foreheads
of the high seraphim,
heavenly guardians of our
first love!

Translated into English by Norton Hodges

 

PROSOPOPEA

 A mia cugina Athanasie

 « Ut hirundines aestivo tempore praesto sunt… »

(Comme les hirondelles restent dans nos climats
durant l’été…)

           Cicerone

Perseguiti ancora il mio cuore,
mia amabile Athanasie, mia angelica cugina!
Vieni a me nel sonno,
Calma, pura, clemente, luminosa,
Nella tua vestaglia bianca a fragili fiori rosa!

Come mi riempie di stupore
La tua immagine sublime
Ha il nobile dono di rendere
Ammirabile, raggiante, sontuosa
Qualsiasi cosa mi circondi!

Il tuo silenzio delicato adorna, anima
Rischiara, fortifica ancora
Il mio abbandono…!

Chiudo gli occhi! Sono di nuovo con te
Sulle sponde della nostra splendida riviera!
Abbiamo entrambi dodic’anni!

Sotto la spuma dell’onda
I ciottoli cantan come campanelle.
Sognan la materna tenerezza dell’acqua
Limpida!

Dalle foglie dei pioppi eleganti cade
Una lieve musica,
Una melodia verde e tremula come il cuore
Di un uccello spaventato in volo!

Il diamante del sole scintilla nell’oro liquido
Dei tuoi capelli setosi.
Rabbrividisce la mia anima, si piega verso l’ombra,
Bacia l’aria dolce
E respira un mezzogiorno tinto di malva!

Ah, mia dolce Athanasie!
Così lontani dalle mie labbra
Quei giorni radiosi!

Tutto è morto ora
Tutto è morto!

Mi ripiego nella mia stanza buia,
Rinchiuso come un fior d’autunno
Tra le tue lontane mani primaverili!

Scende la notte!
Aspetto le stelle
Accese sulla fronte
Degli alti serafini,
Celesti guardiani della nostra
Tenerezza!

Traduit en italien par la poétesse Anna Piutti

Translated into Italian by the poetess Anna Piutti