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PESSOA (français)

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PESSOA

 

« Je ne suis rien,

Je ne serai jamais rien,

Je ne peux rien vouloir être

A part ça, je ^porte en moi tous les rêves du monde »

 

            Fernando Pessoa

 

Ah, trop de pleurs, mon frère, trop de tourments assaillent

Nos âmes et nos esprits, nos corps que mille désirs

Déchirent dans le secret d’une chambre où délire

Et douloureuse folie font leurs sanglantes ripailles !

 

L’amour nous a fui, toi, moi, Baudelaire,

Pourquoi, mon frère, pourquoi, je l’ignore, ami,

Et comme toi je tremble, tout seul dans la nuit

Tendant mes bras sans force vers le silence stellaire.

 

Ô, ombres passagères, suaves illusions,

Doux oiseaux voleurs des fruits de nos douleurs,

Nous voulions l’extase, l’empire et les saveurs

 

D’une vie dévotieuse brûlant d’émotions !

Epris de l’absolu, nous marchions hagards

Reclus de la tendresse, prisonniers de l’art!

 

            Athanase Vantchev de Thracy

 

 

Glose :

Fernando António Nogueira Pessoa ou Pessôa (Lisbonne 1888- id. 1935 ): poète et écrivain portugais particulièrement prolifique et protéiforme. Il est une des figures majeures de la littérature mondiale. Outre en portugais, Pessoa écrivit en français et en anglais. Il signa ses œuvres sous différents hétéronymes en sus de son propre nom : Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos, etc.

La plupart de son œuvre, à l'exception de quelques rares textes dans les revues comme la célèbre Orpheu et de deux textes en anglais, ne fut publiée qu'après sa mort, retrouvée dans une malle d'où tout n'est pas encore sorti. Seule exception notable, le recueil de poèmes Message qui obtint même un prix du gouvernement portugais doté de 5 000 escudos (le prix Antero-de-Quental).

Il a la particularité d'être anglophone pour avoir passé une bonne partie de son enfance à Durban (Natal, Afrique du Sud) où son beau-père avait été nommé consul du Portugal. Il y fit de brillantes études à la High School de Durban et réussit l'Intermediate Examination in Arts (l'examen d'entrée) à l'Université du Cap de Bonne-Espérance en 1904, juste avant de rentrer chez lui à Lisbonne.

En 1985, pour le cinquantenaire de sa mort, ses restes furent transférés au jour anniversaire de sa naissance au monastère des Hiéronymites (Mosteiro dos Jerónimos) à Lisbonne. Depuis cet hommage national officiel, il repose à quelques mètres des cénotaphes de Luís de Camões et de Vasco de Gama. En 1986, il fut représenté sur les billets de banque portugais de 100 escudos.