Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

PATRIE (français)

PDF
Imprimer
Envoyer

PATRIE

A James Whitcomb Riley

« Donne-moi un homme qui aime (…),

il saura ce que je veux dire ».

       Saint Augustin

 

Patrie,

 

Île errante dans la nuit trouble du sang,

Irrésistible terre, enclos de lumière

Sans ombre ni limites,

Et double chair de ma chair!

 

Patrie!

 

Cette odeur inexprimable

De véroniques, de capucines et de lilas,

De doux géranium, de rire d'enfant et d'âmes naïves!

 

Patrie,

 

Livre d'or aux lettres de sureaux et d'azur,

Poème extatique et chant supérieur,

Navire de sereins chuchotis sans rives ni temps

Qui vogue, porté par les vents

De la tendresse aérienne

Sur les vagues incessantes

Des acacias thraces en fleurs !

 

Patrie,

 

Et ce bleu unanime,

Ces sourires d'été tachés de brûlures

Et d'eau de ciel!

Et des perce-neige, des perce-neige vierges

Pour dire que tu as fleuri, blanche,

Dans mon petit coeur d'adolescent!

 

Patrie, ô Patrie,

 

Ton visage indiscernable

Est la clarté

Qui guide ma main enflammée

Sur les pages lilas des montagnes,

Versant la joie millénaire de ton savoir

Dans les puits obscurs des siècles!

 

Patrie,

 

Routes et clochers

D'un paysage qui vibre

Sous les paupières clauses,

Songes rassemblés dans le feu

D'une larme inattendue,

Et les yeux des mots familiers

Qui mirent le ciel traversé

Par le vol mélodieux

Des oiseaux!

 

Patrie,

 

Un nom,

Quelques syllabes

Collées à jamais au coeur attentif,

Une voix pathétique

Dans la mémoire

Qui refuse tout oubli!

 

Patrie,

 

Racine qui livre généreusement

Son humble beauté

Dans les feuilles des arbres

Et leurs fruits!

 

Des hirondelles venues jusqu'à l'âme,

Des vers sublimes des antiques poètes

De génie sur des lèvres aimantes !

 

Patrie,

 

Si nativement est au aujourd'hui le soir,

Et si délicieux les vers de Riley

Qui rendent transparent mon ouïe :

 

« Une atmosphère indolente, une brise paresseuse,

Avec la respiration pénible, déplace le blé ...»

 

Athanase Vantchev de Thracy

Saint-Germain-en-Laye, le 4 avril, Pâques, 2010

Glose :

James Whitcomb Riley (1849-1916) : poète et écrivain américain.