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OLYMPIE (français)

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OLYMPIE

A Urbain

 

Nous vivions, mon Prince, dans la divine Altis,

Vous, prêtre sage de Zeus, moi, scribe exalté,

Vous lisiez mes hymnes sur les rivages d’Alphée

Plongé dans le parfum des blanches amaryllis.

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Glose : 

Olympie, Altis, Alphée : Pausinias (V, 10, 1) nous apprend  que, de temps immémorial, on appelle l’olivaie sacrée de Zeus, Altis, un nom dérivé d’Alsos, « forêt ». Dans ce décor respirant la douceur et la paix, les Grecs construisirent l’un de leurs plus importants sanctuaires au pied d’une colline, Kronion,  et au confluent de l’Alphée et du Kladéos. Le lieu fut habité depuis la première moitié du deuxième millénaire et abritait déjà un sanctuaire pendant l’époque mycénienne (1 550- 1 100 av. J.-C.). Au départ, comme presque partout ailleurs, le sanctuaire était occupé par une déesse, Gaïa, ayant à ses côtés des déesses d’origine chthonienne, dont les fonctions furent reprises, plus tard, par Héra, Déméter Chamyné (celle qui dort à même le sol) et Aphrodite Ourania (fille du Ciel). C’est avec les invasions des Doriens (à partir de 1 100 av. J.-C.) que Zeus et Héra se substituèrent à la première génération de dieux et que s’imposa également Héraclès. L’époque classique (Ve - IVe siècle av. J.-C.) fut l’origine d’importants changements. C’est dans l’enceinte de la forêt sacrée d’Altis que furent construits le temple monumental de Zeus, évidemment dorique,  abritant la statue de Zeus par Phidias, le Prytanée (résidence des prytanes, des chefs qui convoquaient l’ensemble des bouleutes, les représentants du peuple à l’assemblée de la cité),  le plus petit temple périptère (édifice entouré de rangées de colonnes sur chacune de ses faces)   dorique et dont il ne reste plus grand-chose, le Métroön. C’est avec la construction circulaire du Philippeion, dédié à Zeus par Philippe II après sa victoire à Chéronée en 338 av. J.-C., qu’apparaît le premier bâtiment important dans le style ionique. En dehors de l’Altis, l’activité ne fut pas moins grande : le Bouleutérion (bâtiment où se réunissait le conseil /boulè/ des cités grecques)   fut agrandi ; au sud de celui-ci on érigea le portique sud de la Proédrie (littéralement « la première place » est le privilège honorifique conféré à certains individus de s'asseoir au premier rang des différents édifices de spectacle, et surtout du théâtre ; les bénéficiaires en était les magistrats de la cité, mais aussi certains individus qui l'avait obtenu à titre personnel ou héréditaire par le biais d'un décret honorifique). A l’ouest, un important complexe hôtelier, le Léonidaion accueillait les hôtes de marque. On y trouve à ses côtés un Héroön et l’atelier de Phidias. L’époque hellénique (IIIe – IIe siècle av. J.-C.) nous a légué, en ordre chronologique, le Gymnase et la Palestre, des bains, ainsi que le Théokoléon (résidence principale des Théokoloi, les prêtres d’Olympie), un agrandissement du Prytanée et la célèbre entrée cryptique du stade. On ne saurai sous-estimer le rôle important du portique d’Echo, long de 98 m, élément purement décoratif qui, construit pendant la deuxième moitié du IVe siècle av. J.-C., annonçait déjà les portiques monumentaux de l’époque hellénistique.

Pausanias (IIe siècle ap. J.-C.) : voyageur et géographe grec. Il parcourut toute la Grèce, l’Italie, l’Orient et, vers 174 ap. J.-C., se fixa à Rome. Sa Description de la Grèce (Periegêsis en grec) en 10 livres, donne l’inventaire détaillé des sites, notamment des sanctuaires, qu’il a visités et des récits et légendes qui s’y rapportent. Son caractère attentif, voire crédule, en font un témoin irremplaçable de la Grèce à l’époque romaine, avant les destructions du IIIe siècle.

Urbain : prénom, du latin urbanus, « citadin de Rome ». Les saints patrons des Urbain sont deux papes. Le premier, Urbain II (1088-1099), moine clunisien, fut le collaborateur et le successeur du grand Grégoire VII dont il continua l’œuvre. Le second, Urbain V (1362-1370), fut l’abbé de Saint-Victor de Marseille ; il tenta de ramener le siège pontifical d’Avignon à Rome.

Amaryllis (Hippeastrum  /Amaryllys/) : plante à bulbes produisant des fleurs roses, blanches, rouges de la famille des amaryllidacées comme le clivia (lis de Saint-Joseph ou lis Natal ) et l’agave, pouvant attendre 20 cm de longueur.