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ODE A RUDAKI (français)

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ODE A RUDAKI

 

Toi, qui étais si souvent transporté en Dieu,

Toi qui aimais plus aisément et plus secrètement

Fléchissant les genoux prier les anges

Dans le beau jardin de ton âme,

Baptisant de larmes ton génie.

 

Pour vivre, pour nourrir les tiens,

Tu devais, ô vivier des âmes innocentes,

T’occuper à la cour du prince,

Désordonnément,

De choses diverses et vagabondes.

 

Hélas, fausses étaient

Les faveurs et les caresses des rois,

Odieuses étaient les pratiques des courtisans,

Condamnables, mondaine, provocantes,

Vaines, périlleuses !

 

Aujourd’hui, après dix siècles,

Quelque part sur les routes du monde,

Je lis le livre splendide de ton cœur,

Et je bois les images sublimes de ta langue,

La grâce de ta double connaissance,

Lumière de pure lumière,

Acte d’acte,

Joie procédant de la joie éternellement,

Vie portant la vie,

Vie solitaire, angélique, déifique,

Vie céleste !

 

Comme est belle la poésie quand aimer et connaître

Ne sont plus qu’une seule et même chose.

Et le parfum de tes vers,

Dans leur suprême et excellente dignité,

Surpasse tous les aromates.

 

Ô mon Maître divin,

Tu es la consommation de toute perfection,

Ma garde sûre de la paix et du rêve.

 

Je t’aime, mon Maître sublime,

Des larmes coulent de mes yeux ce soir

Où aucun vent n’agite

Les tendres violettes

De l’humilité.

 

Ô simplicité

Custodia cordis,

(la garde du cœur.

Clarté qui se met à surgeonner en l’âme.

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Glose :

Abdullah Jafar Ibne Mohammed Rudaki (Tadjik: Абӯабдуллоҳ Ҷафар Ибн Муҳаммад Рӯдакӣ, Persian: ابوعبدالله جعفربن محمدبن حکیم‌بن عبدالرحمن‌بن آدم رودکی) aussi transcrit Rudagi ou Rudhagi, (859-941) : poète perse (tadjik). Il fut le premier grand génie de la littérature du persan moderne. Il est le fondateur de la littérature perse classique.

Il naquit à Rudak, un village situé près de Samarkand en Transoxiane, dans ce qui est maintenant Panjakent, au Tadjikistan. Beaucoup de ses biographes affirment qu'il était totalement aveugle, mais sa connaissance des couleurs dans ses poèmes rend cette affirmation très douteuse.

Il fut poète à la cour du roi samanide Nasr II (914-943), à Boukhara, qui le combla de richesses et d'honneurs. A la disgrâce de son protecteur, le vizir Abol-Fazl, il tomba dans la pauvreté et retourna finir ses jours dans son village natal.

Rudaki dispose d'une oeuvre des plus éclectique, donnant dans le panégyrique, l’élégie funèbre, le lyrisme amoureux. Son style est simple et coulant, caractéristique majeure de l'école de Khorassan. On lui attribue également l’invention du robaï, mètre poétique persan proche du quatrain occidental. Il aurait aussi mis en vers Kalila et Dimna, célèbre recueil de fables orientales. La plus grande partie de son oeuvre, estimée à environ 100 000 vers, est aujourd'hui perdue.