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OBSECRATION (français)

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OBSECRATION

« Très haut amour, s’il se peut que je meure… »

            Catherine Pozzi, Ave

 

Sommeil et songe et cris ! Des fleurs à la fenêtre !

Je ne vois personne et vis dans chaque respir,

Mon Dieu sans pesanteur, cantique qui fait doucir

La croûte râpeuse du pain, le cœur abrupt des êtres !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 8 mai 2006

Glose :

Obsécration (n.f.) : du latin obsecratio. Prière par laquelle on implore Dieu, on conjure quelqu’un au nom de Dieu : déprécation, supplication.

Ave ou Havé : formule latine de salutation, proche de la salutation grecque : χαϊρε, χαίροις. Bonjour, salut ! Marcus havere jubet : Marcus vous envoie le bonjour. Aveas : salutation adressée à plusieurs personnes. Sur les tombeaux : salut, adieu. Le grammairien latin d’origine africaine, Flavius  Sosipater Charisius (IVe siècle ap. J.-C.), dans son ouvrage Ars Grammatica adressé à son fils, atteste  les formes : ave, avete, aveto tu, aveto ille, avebo, averem.

Catherine Pozzi (1882-1934) : femme de lettres française. Née dans une famille brillante et cultivée, Catherine Pozzi fréquenta les esprits les plus marquants de son époque. Sa liaison passionnée avec Paul Valéry, rencontré en 1920 alors qu’elle était en train de se séparer de son mari, l’écrivain à grand succès Édouard Bourdet, la bouleversa, la combla et la détruisit. Ce furent huit années de communion totale avec le « Prince des Poètes » et de disputes déchirantes. Amie de Rainer Maria Rilke, de Julien Benda, de Daniel Halévy, d’Anna de Noailles, de Jean Paulhan et de bien d’autres, elle mourut, terrassée par la tuberculose, en 1934. Catherine Pozzi est l’auteur d’une nouvelle autobiographique anonyme, Agnès (1927), que l’on attribua à tort à Paul Valéry, et de six Poèmes (Mesures, 1935) que l’on compara à ceux de Louise Labé. Elle travailla également à un essai philosophique, Peau d'Ame (1935), resté inachevé. De 1913 à sa mort, elle tint son Journal : une quarantaine de cahiers écrits avec une intransigeance rare et  une intelligence fine.

Respir (n.m.) : du latin respiratio, « respiration ». Forme plus ancienne de respiration. Le fait d’aspirer et de rejeter l’air par les voies respiratoires : inspiration, expiration, souffle, haleine, ventilation. Le fait de respirer un liquide : inhalation. Respiration haletante, entrecoupée, difficile : anhélation, asthme, dyspnée, essoufflement, halètement, suffocation. Absorption d’oxygène et rejet de gaz carbonique par les poumons : hématose. Respiration cutanée : perspiration. Pigments, organites de la respiration cellulaire : mitochondrie. Ponctuation d’un discours musical (musique vocale ou instrumentale) : phrasé. « Science du respir » : ouvrage écrit par G.C.Bungé et publié en 1937.  

Doucir (verbe) : de doux, lui-même du latin dulcis. Polir. Doucir une glace brute, un métal.

Cantique (n.m.) : du latin ecclésiastique canticum, « chant religieux ». Chant d’action de grâce consacré à la gloire de Dieu. Le cantique de la Vierge Marie : magnificat. Le Cantique des cantiques, poème attribué à Salomon. Chant religieux en langue commune (et non en latin) : hymne, motet, psaume. Les cantiques de Noël. « Dans la profonde nuit nous t’offrons ce cantique » (Racine).