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NORVEGE (français)

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NORVEGE

A mon grand-père maternel Athanase Roussinov Athanassov

Souvent, pendant les brûlants étés thraces du mois d’août, assis sous l’énorme tilleul en fleur planté au milieu de l’antique cour de mes grands-parents maternels, à quelques pas à peine de l’infatigable fontaine qui remplissait l’air de fraîcheur et de contes célestes, j’écoutais les fascinants récits de mon grand-père bien-aimé Athanase dont je porte le prénom :

-         Tu vois, mon chéri, cette étoile que tu aimes, c’est l’étoile Polaire. Elle habite en Norvège, le pays des lys blancs, des jacinthes vierges et des neiges éternelles.

-         Grand-père, elle a froid l’étoile Polaire ?

-         Oui, mon chéri, elle a froid.

-         Je pourrais lui donner un petit baiser pour la réchauffer un peu ? C’est loin la Norvège ?

-         Oui, c’est loin, mon chéri, et tu es trop petit pour y aller maintenant. Mais quand tu seras grand, tu pourras aller lui rendre visite en Norvège et lui donner plein, plein de petits baisers. Moi, chéri, je ne serai plus de ce monde. Mais quand tu y seras, envoi-moi une jolie pensée de Norvège. Une petite pensée chaude comme les baisers que tu me donnes avant de t’endormir.

-         Oui, grand-père, je vous le promets, je vous le jure, je vous enverrai de Norvège une belle envolée de pensées tendres et un joli bouquet de myosotis bleus, les petites fleurs que vous affectionnez tant !

A ces mots, grand-père se mettait à rire comme un enfant. Rassuré par son rire chaud, son rire au parfum de seigles mûrs, son rire doux comme une nuage de plumes d’oie, bercé par le souffle aimant de ses narines dilatées qui sentait la menthe fraîche et la rose du sud, je m’endormais dans ses bras aimant et rêvais  au pays des lys blancs, des jacinthes vierges et des neiges éternelles.

 

NORVEGE 

Les îles de Lofoten et cette clarté liquide

Où le saphir des cieux embrasse l’émeraude des eaux,

Mon âme dans le calice sonore des ruisseaux

Du temps redevenu sérénité viride !

 

Parmi les roses ondées des fleurs irradiantes,

Les rouges coquelicots des huttes des pécheurs,

Les hautes montagnes changées en livres de candeurs

Où le soir accueille l’éternité vibrante !

 

Norvège des transparences, remplis ma langue blessée

Des baumes miraculeux et tendres de tes neiges !

Que tes églises en bois ornées de sortilèges

 

Protègent ma foi de la brûlure des pleurs !

Norvège aux yeux d’iris et aux cheveux d’or gris,

Mon étoile Polaire, mon songe d’enfant exquis !

 

             Athanase Vantchev de Thracy

 

A Paris, ce mercredi 19 novembre, Anno Domini MMIII

Glose :

Îles Lofoten : archipel au large de la côte Nord-Ouest de la Norvège, dont il est séparé par le Vestfjord. 1 350 kilomètres carrés, 30 000 habitants.Ville principale : Svolvaer. Ce magique archipel est situé à quelques centaines de kilomètres  au Nord du cercle polaire. Il est constitué d’un lumineux chapelet d’îles, d’îlots et de récifs surgis comme par miracle des entrailles laiteuses de l’océan, portant des noms qui font rêver : Rost, Vaeroya, Moskenesoya, Flakstadoya, Vestevagoya, Austvagoya. La beauté des îles Lofoten est fabuleuse. C’est l’un des endroits les plus merveilleux au monde, un paradis de transparences et de splendeurs où l’âme entend le chant délectable des elfes et où le cœur s’ouvre sans peine sur l’éternité. Qui a eu l’insigne privilège de séjourner dans ce pays féerique ne pourra jamais oublier ces cieux de saphir, ces lacs émeraude dans lesquels se mirent des hauts sommets recouverts de neige vierge, ces côtes verdoyantes, ces vastes champs de fleurs jaunes, roses et mauves, ces petites maisonnettes rouge rubis perchées sur d’élégants piloris où trouvent chaleur et repos les laborieux pécheurs de Norvège. Les couleurs vaporeuses des îles sont rehaussées par une indéfinissable luminosité pleine de magie et de sortilèges. C’est la contrée fantastique des hivers blancs, des aurores boréales, de l’équilibre parfait, de l’émotion pure de l’harmonie sereine. Les paysages grandioses, les lumières irréelles des îles Lofoten  préfigurent la beauté des jardins paradisiaques.

Viride (adj.) : du latin viridius, « couleur verte ». Le viridarium romain est un lieu planté d’arbres, bosquet, parc. Viridia, viridorum : arbustes (arbres) verts, verdure.

Sortilège (n.m.) : du latin médiéval sortilegium, lui-même du latin classique sortilegus, « qui lit le sort ». Charme, incantation, sort. Les vielles églises norvégiennes, « églises en bois debout », sont portées vers le ciel par de gros poteaux plantés au centre de l’édifice. Prodiges architecturaux, elles sont souvent ornées de fleurs et de figures d’une beauté ensorcelante.

Elfe (n.m.) : de l’ancien nordique alfr. Génie de l’air dans la mythologie scandinave. Les trolls et les elfes. Sylphide (n.f.) : du latin sylphus, « génie ». Mot rare, repris par Paracelse (1493-1541) au sens de « génie de l’air et des bois ». Génie aérien féminin plein de grâce. Créature féminine de rêve. Sylphe (n.m.) : génie de l’air dans les mythologies celtiques, gauloises et germanique.