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LILAS ET ROSES (français)

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LILAS ET ROSES

« Le ciel sur les hauteurs a l’éclat d’une rose qu’on cueille,

Le vent siffle, murmure. Une plume d’oiseau tombe

de feuille en feuille. »

            Pierre Oster,
            Dix-septième poème

 

Lilas et roses, muguets et campanules,

Ma France aimée, oracle de sagesse

Que la Vierge protège de sa tendresse,

Lilas et roses, muguets et campanules.

 

Ma France aimée, oracle de sagesse,

Musique et chants – écho de l’harmonie

Des cieux ouverts sur les campagnes fleuries,

Ma France aimée, oracle de sagesse.

 

Que la Vierge protège de sa tendresse

Ce doux pays qui a donné, exquis,

La vie sublime de tant de hauts génies,

Que la Vierge protège de sa tendresse !

 

Musique et chants – écho de l’harmonie

Des arts divins conçus par la pensée,

Ma France aulique, patrie de la Beauté,

Musique et chants – écho de l’harmonie !

                        Athanase Vantchev de Thracy

Ce poème est né au moment où je lisais un ouvrage sur l’Histoire Auguste ou Histoire Impériale (Historia Augusta), recueil de biographies d’empereurs d’Hadrien à Numérien (117-284 ap. J.-C.). Ces livres insolites constituent une mine exceptionnelle de renseignements sur le déclin de Rome. En fait on ignore même le titre de ce recueil qui s’intitulait peut-être dans l’antiquité Vies des Césars ou Vies des Empereurs ou encore Vies des divers princes ou usurpateurs du divin Hadrien à Numérien. La date de la rédaction est un mystère. Il y a peut-être deux groupes principaux de biographies, l’un datant de Dioclétien, l’autre de Constantin, ouvrage d’auteurs divers où on trouve la volonté affirmée d’utiliser le passé selon les exigences de la politique contemporaine. La rédaction de ces Vies s’étendrait du IVe siècle (ou de la fin du IIIe) jusqu’en 337. Ces biographies sont parvenues dans des manuscrits qui les regroupent parce qu’elles ont été réunies à un moment donné par un éditeur, peut-être l’un des rédacteurs : Vopiscus. La collection s’est sans doute constituée vers 360 et les éditions successives en ont souvent changée l’aspect. Des remaniements partiels ont modifié nombre de passages et introduit les incohérences qu’on y relève. Les auteurs qui ont composé cet ouvrage sont six :

  1. Aelius Lampidius, auteur des vies de Commode, Diaduménien, Héliogabale, Alexandre Sévère.
  2. Aelius Spartianus, auteur des vies de Hadrien, d’Aelius, de Didius Julianus, de Septime Sévère, de Pescenius Niger, de Caracalla  et de Geta.
  3. Flavius Vopiscus : il vivait à Rome à l’époque de Dioclétien. Il rédigea en particulier la vie des empereurs Aurélien, Tacite, Probus, Carus et des deux fils de ce dernier, Carin et Numérien.
  4. Julius Capitolinus, auteur des vies d’Antonin le Pieux, Marc Aurèle, Lucius Verus, Pertinax, Clodius Albinus, Macrin, les Maximins, les Gordiens, Maxime et Balbinus.
  5. Trebellius Pollio : il a composé les biographies de Philippe à Claude II, mais une partie a été perdue et nous avons seulement les vies de Valérien, de Gallien et de leurs fils, des Trente Tyrans et de Claude II.
  6. Vulcaticus Gallicanus, auteur de la biographie d’Avidius Cassius.

 A Paris, ce vendredi 1er juillet, l’An de Grâce 2003

Glose :

Oracle (n.m.) : mot employé pour la première fois dans la langue française en 1160 avec le sens de « lieu sacré ». En 1390, le terme est chargé du sens de « prophétie », « volonté de Dieu annoncée par les prophètes et les apôtres ». En 1530, le mot retrouve le sens qu’il avait dans l’antiquité : « divination », « réponse qu’une divinité donnait à ceux qui la consultaient en certains lieux sacrés ». Rendre un oracle. Les racles de la pythie, de la sibylle – vaticination. La divinité qui rendait ces oracles – augure. Le sanctuaire où elle les rendait. Consulter un oracle. Oracle de Delphes. En 1546, on emploie le terme avec le sens de « décision, opinion exprimée avec autorité et qui jouit d’un grand crédit. C’est dans ce sens que j’emploie ici ce mot. « L’honneur parle, il suffit ; ce sont là nos oracles » (Racine). Personne qui parle avec autorité ou compétence. « Talleyrand, considéré comme l’oracle de son temps » (Madelin).

Aulique (adj.) : du latin aula, « grande salle d’un palais ». Relatif à la cour d’un roi, d’un prince. Royal, royale ; princier, princière.

La Vierge : il s’agit bien sûr de sainte Marie, Mère du Christ (Christotokos) et Mère de Dieu (Théotokos).  Louis XIII a mis officiellement la France sous la protection de Marie. Dans la tradition chrétienne, vierge, mère de Jésus, épouse de Joseph. Saint Luc (I, 36) fait d’elle la parente de sainte Elisabeth, les évangiles apocryphe la fille de sainte Anne et de saint Joachin. C’est principalement Luc, I et II, qui narre son histoire : l’ange Gabriel lui annonce qu’elle enfantera, par le Saint-Esprit, un fils qu’on appellera Fils de Dieu (Annonciation) ; au cous d’une visite à Elisabeth, celle-ci lui  confie qu’elle a conçu (c’est le signe promis à Marie) (Visitation) ; lors d’un voyage à Bethléem, elle donne naissance à Jésus (Nativité). Dans saint Jean, elle apparaît lors des noces de Cana et lors de la Passion, où Jésus la confie au « disciple bien-aimé », c’est-à-dire à Jean lui-même. Le culte de la Vierge Marie commence très tôt, à la fin du Ier ou au début du IIème siècle, mais connaît un développement particulier à partir du IVe siècle. La réflexion religieuse à son sujet (la mariologie) aboutit à deux thèses  principales : celle de l’Immaculée Conception de Marie, acceptée par le concile de Bâle (1431), érigée en dogme par Pie IX (1854) ; celle de son Assomption, érigée en dogme par Pie XII (1950). Fête principale le 15 août (Assomption). Apparitions de la Vierge : à Fatima (1917), Paris (chapelle Saint-Vincent-de-Paul, rue du Bac, 1830), Lourdes (1858), Pontmain (1781), La Salette (1846), devenus des lieux de pèlerinage. Des milliers de cathédrales, d’églises, de chapelles et de monastères à travers le monde sont consacrés à la Vierge.

Je suis en train de rédiger un ouvrage entièrement consacré à Marie, ma Céleste Protectrice, qui comprendra quelque 300 pages.