Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

LES SOUFIS (français)

PDF
Imprimer
Envoyer

LES SOUFIS



Basri, ‘Attâr, Râbi'a fuyaient l'intense joie
La déclarant impie, stupide et dangereuse,
Mais comme al-Nun j'exalte la jouissance heureuse,
Les anges au teint de rose, l'extase et l'émoi !

Et Rusbetân Baqli me fait aimer l'éclat
Des corps tissés de grâce, des sphères mélodieuses !



          Athanase Vantchev de Thracy



Fleurigny – Touques, ce samedi 5 janvier 2008

Glose :

Soufi (n.m.) :
maître spirituel dans l'islam mystique. Le soufisme (arabe : تصوف , /tassawwuf/) est un mouvement de spiritualité, désigné par le mot tassawwuf, rendu en français par le terme soufisme. Les soufis se regroupent en confréries. Le mot soufisme aurait été forgé à partir du mot el-soufiya qui désigne en arabe l'homme qui a réalisé pleinement sa spiritualité et qui est arrivé au terme de la Voie. Tous les gens qui suivent le chemin du tassawwuf ne sont pas des soufis, mais des aspirants à la voie spirituelle, guidés par des soufis, des maîtres spirituels.

Les soufis ennemis de la joie :

Hasan Ibn Abî Al-Hasan Yasâr Abû Sa`îd Al-Basrî (642-728 ap. J.-C.) :
imâm de Bassora, emblème de la piété, modèle des soufis. Il naquit sous le califat de `Umar Ibn Al-Khattâb. Son père était un esclave affranchi de Zayd Ibn Thâbit, et sa mère une esclave affranchie de la Mère des Croyants, Umm Salamah. Lorsqu'on évoque les ascètes, il est leur imam, lorsqu'on parle des sages, il est le plus grand, lorsqu'on mentionne les orateurs, il est le plus éloquent de tous, lorsqu'on cite les sermonnaires, il est le plus moralisateur d'entre eux.

Farîd al-dîn‘Attâr (vers 1142-1220) :
un des plus grands poètes et soufis iraniens. Il est né à Nichapour dans le Khorassan où se trouve son mausolée. Il quitta un commerce fort lucratif pour embrasser la doctrine des soufis, se fit derviche, et se livra au mysticisme. Il fut tué par les Mongols qui avaient envahi son pays. Son  ouvrage Le Livre divin est un des monuments de la littérature mystique persane. C'est une longue composition qui chante les thèmes de la voie soufie à travers une série de récits, menés souvent avec la prolixité orientale et qui culminent toujours dans la nostalgie de l'instant sacré de la rencontre avec Dieu. Considéré comme son chef-d'œuvre, Le livre de l'épreuve  raconte le voyage initiatique de l'âme en quête de l'Unité. Le Pèlerin qui l'incarne interroge sans succès la création entière.
Râbi'a al-‘Adawiyya (719-799) : une des plus grandes mystiques de l'islam. Farîd al-dîn al-'Attâr, le biographe de Rabî'a, écrit : « Il (son maître cruel) aperçut Rabî'a prosternée, en train de prier et de dire : « Ô Dieu ! Toi Seul sait à quel point mon cœur désire T'obéir. Les prunelles de mes yeux sont à Ton service. Si j'avais quelque pouvoir sur moi-même, je n'aurais cessé une seule seconde de M'adresser à Toi. Mais Tu m'as abandonnée à la merci de cette créature violente. » Au cours de ses invocations et de sa prière, le maître aperçut au-dessus d'elle une lampe planant entre ciel et terre. Sa lumière emplissait toute la pièce. Lorsqu'il vit cette lueur étrange, il fut saisi de peur et il demeura là, pensif, jusqu'au lever du jour. C'est alors qu'il appela Rabî'a : « Rabî'a ! Tu es libre ! Si tu le désires, tu peux rester parmi nous et nous serons tous à ton service. Et si tu le désires, tu peux partir où tu veux ». Elle lui fit ses adieux et partit ».

L'Encyclopédie des sciences islamiques précise : « Après avoir recouvré la liberté, Rabî'a s'établit dans le désert, après quoi elle se rendit à Bassora où elle rassembla autour d'elle un grand nombre d'aspirants à la voie spirituelle et de compagnons qui s'acheminaient jusque chez elle pour assister à ses enseignements et à ses invocations. Parmi les plus illustres de ses disciples, on peut citer Mâlik Ibn Dînâr, l'ascète Rabâh Al-Qaysî, le spécialiste des hadiths Soufyân al-Thawrî et le soufi Shafîq Al-Balkhî ».

Les soufis partisans de la joie :

Dhu al-Nun al-Misri (mort en 861 ap. J.-C.) : mystique égyptien. Né de parents nubiens, il vécut au Caire, mais voyagea beaucoup. Pendant un de ses séjours à Bagdad, il entra en collision avec le calife Al-Mutawakkil (847-861). La confrontation  fut suscitée par son refus d'accepter la doctrine Mu'tazilite. Pour son acte de défi, Dhu al-Nun fut  emprisonné. Mais pendant son procès d'hérésie, il toucha si profondément le calife avec son apologie de la vie soufie que le calife lui accorda la liberté.

Abû Muhammad cheikh Rusbetân Baqli  Shirâzi (1128-1209) : poète et mystique iranien. Ses écrits sont pleins de descriptions paradisiaques. On y côtoie beautés turques et jeunes pages, prophètes et saints, anges aux longues tresses, revêtus d'étoffes somptueuses, parés de fleurs, et Dieu lui-même sous la forme d'un beau jeune homme jouant de la musique.