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LES NARTES (français)

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LES NARTES

A Ali Hustieev

 

Nous étions des Nartes, héros des temps antiques,

Epris de liberté, amis des étoiles,

Le temps nous a changés en ombres pastorales,

En livres solennels, en rituels magiques !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 14 août 2009

Glose :

 

Nartes (n.m.pl.) : héros semi divins du Caucase. Du sanskrit et de l’iranien nar, « homme guerrier » ce qui a donné en grec le mot anêr / ανήρ, « mâle, homme ».

On trouve chez les Nartes des traits caractéristiques des moeurs propres aux Scythes et aux Sarmates.

Scythes (n.m. pl.): en grec ancien Skùthai / Σκύθαι sont un ensemble de peuples nomades, d'origine indo-européenne, ayant vécu entre le  VIIe et le IIIe siècle av. J.-C. dans les steppes eurasiennes. C'est une très vaste zone allant de l’Ukraine à Altaï. Les Perses désignaient ces mêmes peuples par le nom de Saka, francisé en Saces. Les sources assyriennes mentionnent les Saces dès 640 avant l'ère chrétienne.

La culture scythe est essentiellement connue grâce aux récits de l’historien grec, appelé « Père de l’Histoire », Hérodote (484/482 – 425 av. J.-C.), et, d'une manière générale, les connaissances que nous avons de ces peuples anciens nous proviennent en grande partie des Grecs. Les écrits d'Hérodote constituent véritablement une source d'information très riche, mais ce « coup de projecteur » jeté sur les Scythes d'Ukraine pourrait faire penser que le phénomène scythe était essentiellement européen. Il n'en est rien. Les Scythes ont joué un rôle aussi important en Asie centrale qu’en Europe. Pour les étudier, on dispose aussi des vestiges archéologiques : les nomades scythes nous ont légué leurs tombes, ainsi que des « pierres à cerfs », roches gravées de motifs animaliers. Le consensus scientifique actuel est que les Scythes parlaient une langue indo-européenne.

Sarmates (n.m.pl.) : ancien peuple scythique, appartenant sur le plan ethnolinguistique au rameau iranien septentrional du grand ensemble indo-européen. Ils étaient établis à l'origine entre le Don et l’Oural.

Les Sarmates protohistoriques, connus sous le nom de Sauromates participèrent aux expéditions des Scythes  contre Darius au Ve siècle av. J.-C. Les Sarmates historiques apparaissent, selon l’historien grec Eudoxe de Rhodes, au IVe siècle av. J.-C., et s'étendent depuis l’Oural au détriment des Scythes européens. C'est aux IIIe et IIe siècles av. J.-C. que les Sarmates supplantent ces derniers en Ukraine. Leur poussée vers l'ouest se poursuit jusqu'au Ier siècle : on trouve leurs traces de la mer Baltique jusqu’à la mer Caspienne.  À partir du Ier siècle av. J.-C., ils dominent la steppe européenne et se divisent en quatre grandes tribus : Iazyges, Urges, Roxolans et Scythes royaux qui reconnaissaient l'autorité d'un roi.  

La culture sarmate semble avoir conféré une importance particulière aux femmes. Celles-ci étaient égales aux hommes en statut, guerrières et chasseresses. De nombreuses tombes féminines richement décorées et dotées d'armes corroborent cette idée pour les VIe et Ve siècles av. J.-C. Au IIe siècle ap. J.-C., une reine sarmate, Amagê, est également connue, indiquant une permanence de ce trait culturel.

À l'époque romaine, la célèbre cavalerie lourde sarmate, des lanciers cataphractaires (du grec kataphractos / κατάφρακτος, « enfermé dans une armure ») notamment représentés sur la colonne de Trajan à Rome, témoigne également de l'importance de la culture guerrière de ce peuple. Défensivement le cataphractaire portait une broigne (vêtement sur lequel sont fixés des renforts rigides appelés mailles ou macles /losanges/) ou une armure d’écailles nommée cataphracte. Il portait généralement un casque composite, fait de 4 à 6 lames rivées. On trouve cependant des casques composés de beaucoup plus de lames (10, 15, etc.) et des casques où les lames étaient lacées. Toutefois, cette défense corporelle n’était pas obligatoire. On trouve des représentations de cataphractaire chargeant sans aucune défense. Cela devait cependant être très exceptionnel. Aucun bouclier n’était porté par les cataphractaires, les mains étant prises par la lance.