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LES MASSAÏ (français)

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LES MASSAÏ

 

« Vénère Dieu sur ton chemin,

Quelle que soit sa forme manifestée,

Qu’il soit fait de pierres rares

Ou incarné dans une statue de cuivre,

Une forme remplacera une autre forme,

Comme l’inondation succède à l’inondation,

Donne ton amour à la terre entière »

 

         Enseignements du roi Akhtoy VII à son fils Mérikarê

             

I.

 

Voici la plaine fertile, les herbes vertes, le bétail,

La terre sacrée, la terre bénie des Massaï.

Ils sont les Mess-Aï, les fils du Divin Père Aï,

Prêtre suprême d’Aton,

Pharaon et Maître unique de l’Empire,

Héritier d’Akhénaton

Sur qui il leva la main !

 

Akhénaton !

Comme son fils bien-aimé,

Semenkharé, son premier né, je dis :

 

«Puissé-je respirer le doux souffle qui vient de ta bouche,

Puissé-je voir ta bonté quotidiennement,

Mon souhait est d’entendre ta voix douce,

Semblable à la brise, et que mes membres régénérés

Soient en vie, grâce à l’amour de toi.

Puisses-tu étendre vers moi tes bras,

Portant ta puissance spirituelle,

Afin que je la reçoive et j’en vive.

Puisses-tu m’appeler par mon nom

Pour l’éternité, à jamais »

 

II.

 

Voici le Laïbon,

Le prêtre du peuple des steppes,

Descendant des soldats Kashi, les sar-missim,

Les princes chefs des corvées de Pharaon

Du pays du Kouch, au sud de l’Egypte,

Les Medzaï, guerriers gardiens d’Akhet-Aton,

La Ville du Dieu unique !

 

Le Laïbon en prière, son corps en transe,

Le regard lointain,

L’envoûtement de son être tout entier,

Ses yeux figés dans le passé ancestral !...

Voit-il l’échelle sacrée à six degrés,

Pareille aux six cataractes du Nil ?

 

Engaï, Enkaï, Ankh-Aï,

Anokh-Aï, “Je suis Aï”!

Je suis Aton-Aï,

Adon- Aï, Adonaï,

Le Dieu des deux exodes,

Celui à Canaan et celui encore

Vers le Sud, au pays du lait et du miel.

 

Motoni, Akhénaton, Pharaon et dieu,

Homme et femme ! 

 

II

 

Voici les douze tribus Massaï,

Dans l’ordre et le respect antique,

Ses adolescents circoncis à 13 ans,

Comme les jeunes garçons de l’Egypte sacrée !

 

Que point ne soient mélangés lait et viande,

Que soit proscrite la chair de poisson !

 

III.

 

Prions l’astre brillant du Matin,

Prions l’astre timide du Soir !

Eunoto ! Fête divine !

Résonnez trompes en corne kudu,

Chantez clochettes inspirées,

Attachées à la cuisse du grand officiant !

Que le signe du dieu Râ décore nos têtes !

 

« Na-Aï, Na-Aï, Na-Aï !

Grand Dieu! Grand Dieu!

Abrite-moi de tes ailes !

 

Tel est notre cri de prière,

Telle notre ardeur méditative !

 

IV.

 

Que les cartouches royaux sur nos ceintures

Protègent les guerriers !

Et que la ligne zigzaguante de leurs boucliers

Manifeste le dieu Noun, l’Océan primordial !

Crosse sacrée du prêtre,

Chasse-mouche de son pouvoir !

 

Serre le cylindre hiératique contre ton ventre,

Par lui Pharaon appliquait son sceau !

 

« Hé ! Hé ! Hé ! Souffle divin !

Souffle divin ! Hé ! Hé !

 

V.

 

Immortels sont nos morts !

Leur âme apparaît peu après le trépas,

Elle devient serpent sacré,

Serpent protecteur !

 

Attache les paroles sacrées sur ta tête,

Porte-les en fronteau sur ta tête,

Entre tes yeux,

Que ton bras en soit orné,

En signe de reconnaissance,

Mets le pectoral aux couleurs

De l’arc-en-ciel !

Ô rouge sacré ! Rouge

Des Deux Terres !

 

Laïbon, Laban, Aménophis !

 

Bénis soient les trois fils du dieu Engaï,

Le chasseur à l’arc tendu,

Le porteur de la houe, ami du sol,

Et Netero-Kop à qui appartient

Le bâton sacré du berger !

C’est lui, Netero-Kop,

Le Père du peuple Massaï !

 

V.

 

Le multiple est unique,

L’unique est le multiple !

 

Ô simplicité subtile !

D’instant en instant

Se révèle la beauté du monde !

 

Il est paisible Dieu

Et tranquille

Et silencieux !

Et l’univers entier

Repose dans son cœur !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

A Paris, ce vendredi 4 novembre, Anno Domini MMV

Glose :

Mérikarê: roi égyptien, fils de Khéty VII (Akhtoy ou Akhty VII) de la Xe dynastie (2100 – 2017 av. J.-C.). C’étaient des rois locaux. Leurs noms ne figurent pas dans les tables d’Abydos et de Saqqara. Le nom de Mérikarê en égyptien est « mry-kA-ra » ou « mri-kA-ra », « aimée est l’âme du dieu Ré (Râ) ». Il est le destinataire des fameux Enseignements, rédigés en lettres hiératiques qui se trouvent aujourd’hui à Saint-Petersbourg, Russie. Au temps du roi Mérikarê, Thèbes était gouvernée par Antef II et Antef III. Mérikarê a été probablement enterré dans la pyramide appelée « WAD-swt-mry-kA-ra » construite à Saqqara (40 km du Caire). Il s’agit probablement de la pyramide ruinée qui se trouve à l’est de la pyramide du pharaon Téti à Saqqara.

Dans les Enseignements du roi Akhty à son fils Mérikarê se manifeste un véritable souci d’éthique :

Fais le bien tant que tu es sur terre.
Soulage l’affligé, n’opprime pas la veuve,
N’expulse personne du domaine de son père [...]
Alors cette terre sera bien établie.
Laisse la vengeance à Dieu.

Mérikarê doit devenir non seulement un homme, mais un roi ; aussi une partie de l’oeuvre constitue-t-elle le testament politique d’Akhty, où se reflète le profond pessimisme de cette époque troublée. Le problème de la morale politique est posé : le souverain est responsable devant ses sujets.

Rois de la Xe dynastie :

  1. Khéty V (Akhtoy ou Akhty V)
  2. Méri ( ?)
  3. Se… re Khéty ( ?) – la première partie du nom n’est pas entièrement lisible
  4.  Khéty VI
  5. Khéty VII, le père de Mérikarê.
  6. Mérikarê

Massaï ou Messaï : peuple vivant au Kenya et en Tanzanie. Les Massaï ont épousé un monothéisme biblique avec des noms divins analogues aux dieux égyptiens. Selon certains chercheurs, ils sont les Africains renvoyés d’Egypte par le Divin Père Aï, devenu Pharaon après la mort du pharaon Aménophis IV (Akhénaton), le fondateur du monothéisme universel, et de ses deux fils, Semenkharé et Toutankhamon. Prince, Aï était fils du Grand Prêtre Youya, frère de la reine Tiyi, l’épouse d’Aménophis III (Aménophis III et Tiyi sont les parents d’Akhénaton), père adoptif de Nefertiti, l’épouse d’Akhénaton et oncle des deux pharaons qui lui succédèrent : Horemheb et Ramsès Ier. Après la mort ou plutôt l’assassinat d’Akhénaton, qui avait imposé le culte au dieu unique Aton, Aï, qui avait déjà concentré entre ses mains le pouvoir central, restaura le polythéisme et renvoya les monothéistes d’Akhet Aton, la capitale que fit construire Akhénaton. Les prêtres d’Aton, les Yahouds, issus de la noblesse égyptienne et leurs serviteurs, étrangers installés à Akhet-Aton, les Hébreux, gagnèrent Canaan (c’est le fameux exode de la Bible). Les guerriers et policiers africains, les Medzaï (Massaï) partirent vers les terres situées au sud de l’Egypte (c’est l’exode des Massaï). Les Hébreux et les Massaï sont restés monothéistes. Les vieux prêtres Massaï racontent, se tournant vers le Nord (vers Akhet-Aton), comment Dieu les avait un jour « chassés du jardin d’Eden », le paradis perdus, le pays de l’oiseau blanc (l’ibis sacré) pour avoir mangé le fruit interdit. Aï pointa son doigt vers le sud, désignant la Terre Sainte, et leur donna en héritage toutes les vaches de la terre. Qui est Dieu ? C’est Aï, Aton-Aï, Adonaï, divinisé par les Yahouds et les Massaï. La légende massaï raconte qu’ils grimpèrent sur une « échelle sacrée » avant de découvrir la terre sainte et les pâturages promis par Dieu.

Le peuple massaï s’est toujours déclaré « Elu de Dieu ». Ils portent le nom égyptien de Mess-Aï, fils de Aï, qui se rapproche du terme Medzaï, nom de la police africaine d’Akhet-Aton (la capitale d’Akhénaton). Celle-ci assurait le maintient de l’ordre dans la capitale, obéissant à son roi-dieu Akhénaton et formant une armée monothéiste crainte jusqu’aux limites de l’empire. Les lettres d’Amarna attestent de l’efficacité des troupes nubiennes et des soldats « Kashi » (pays du Kouch au sud de l’Egypte) sous Aménophis III et son fils Aménophis IV (Akhénaton) : « Que mon Seigneur (Akhénaton) accorde 100 hommes soldats de Kashi, et 30 chars, afin que je puisse garder le pays de mon Seigneur jusqu’à ce qu’une force importante d’archers sorte, et que mon Seigneur reprenne le pays des Amourou pour lui-même, et qu’il soit en sécurité ».

Eunoto est la grande fête des Massaï. Le Dieu des Massaï porte le nom de Engaï ou Enkaï, nom d’origine égyptienne : Ankh-Aï, Aton-Aï, Adon-Aï, Adonaï. C’est le nom du pharaon Aï qui était, avant de revenir au polythéisme amonien, Grand Prêtre du dieu unique Aton, d’où son nom Aton-Aï. Mais le Dieu des Massaï porte aussi un autre nom, celui de Motoni, le dieu homme et femme, contenant la racine Aton. Amon ou Aamon ou encore Naamoni apparaît également dans le langage massaï, signifiant « je prie ». Les jeunes Massaï sont circoncis, selon la tradition égyptienne, à l’âge de 13 ans. De 13 ans à 20 ans, ils vont à la chasse. Après sept ans de vie intensive, le jeune Massaï se rase (comme les prêtres égyptiens) et met fin à la période active de sa jeunesse. Il se consacre désormais à la vie contemplative et religieuse, celle des « aînés ». L’aîné, comme au temps d’Akhénaton, reçoit un nouveau nom.

Le prêtre massaï porte le nom de  Laïbon qui se rapproche de Laban de la Bible. Mais Laban est le nom d’Aménophis III, le père d’Akhénaton.

Evoquant les pyramides d’Amérique du Sud et l’écriture sacrée des Incas, les savants ont émis l’hypothèse d’une migration d’hommes venus d’Egypte. Ils démontrèrent l’aptitude des grands voiliers égyptiens de la fin de la XVIIIe dynastie (celle d’Akhénaton) à affronter les océans.

Kudu ou coudou (n.m.) : grande antilope d’Afrique (Tragelaphus strepsiceros ou Tragelaphus imberbis). Mensurations : hauteur 1,4 m (mâle), 1,2m (femelle) ; poids : 200-260 kg (mâle), 150-160 kg (femelle). Nourriture : herbe, feuillages. Habitude de vie : famille jusqu’à 12 individus. Reproduction : mars et avril – 1 petit. Espérance de vie : 12-15 ans.

 : exclamation signifiant « Souffle divin ».

Na-Aî : littéralement Grand est Aï, acclamation que l’on peut traduire par « Grand Dieu ! »