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LES CHARITES (français)

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LES CHARITES

(Χάριτες / Khárites)

« Eras tan sencilla
como una flor en el tejado »

(« Tu étais vraiment simple,
telle une fleur des toits. »)

            Joaquin Caro Romero

Viens, céleste Printemps, et fais jaillir des roses
Des bouches mélodieuses des nymphes émerveillées,
Que la rapide Chloris et l’ombre éthérée
Habillent les douces prairies où Adonis repose.

Et vous Charites de l’air, laissez flotter vos robes
Tissées du chant limpide des oiseaux en transe,
Que vos pieds d’iris trépignent, sautillent et dansent
Dans l’air vertigineux touché par l’âme de l’aube.

Ainsi jadis les Grecs glorifiaient le temps
Où vers l’Attique heureuse poussées par le zéphire
Les hirondelles hâtaient leurs ailes fuyant l’empire

De la chaleur torride du Sud flamboyant.
Ô mélodies antiques, changez ce soir nos cœurs
En livres de tendresse, en temples de douceur !

Athanase Vantchev de Thracy

Saint-Grmain-en-Laye, ce lundi 17 mars, Anno Domini MMVIII

Glose :

Charites (n.pl.f.) : dans la mythologie grecque, les Charites (Χάριτες / Khárites en grec ancien), assimilées aux Grâces par les Romains, étaient des déesses personnifiant la vie dans toute sa plénitude, et plus spécifiquement la séduction, la beauté, la nature, la créativité humaine et la fécondité. Selon le grand Hésiode, elles étaient les filles de  Zeus et d’Eurynomé ou d’Eunomie. Certaines traditions tardives en faisaient les filles d’Hélios (le Soleil) et d’Eglé, ou de Dionysos et de Coronis ou encore de Dionysos et d’Héra. 

Dans les temps primitifs, on n'honorait à Sparte que deux Charites : Cléta (bruit) et Phaenna (éclat) qui, chez les Athéniens, portaient les noms d’Auxo (qui croit) et d’Hégémone (conductrice). C'est Hésiode qui porta leur nombre à trois.

Pausinias fournit une longue digression au cours de sa Description de la Grèce sur les différentes traditions attachées aux Charites en Grèce continentale et en Ionie.

Joaquin Caro Romero (1940-) : poète espagnol né à Séville.

Chloris : dans la mythologie grecque, Chloris (χλωρις / Khlôris en grec ancien) est une nymphe des îles Fortunées (aujourd'hui Canaries). Elle est appelée Flore par les Romains.

Zéphyr l'aima, la ravit et en fit son épouse, la conservant dans l'éclat de la jeunesse et lui donnant l'empire des fleurs. Leur hymen se célébra au mois de mai et les poètes, en décrivant les saisons, n'oublient pas de donner une place à ces deux époux dans le cortège du Printemps. On prête au couple un fils,  Carpos.

Flore était particulièrement adorée chez les Sabins qui transportèrent ce culte à Rome, où elle était célébrée lors des Jeux floraux.  

Zéphyr ou Zéphire : nom que les Anciens donnaient au vent d’occident (dans ce cas on écrit le mot avec une majuscule). Les amours de Chloris (Flore) et Zéphire. Tout souffle de vent doux et agréable (dans ces cas on écrit le mot avec une minuscule)

Remarque : L'Académie distingue zéphire et zéphyr, disant que zéphire est le vent d'occident, et zéphyr tout vent doux et agréable. Cette distinction est illusoire et ne peut être admise ; les auteurs confondent perpétuellement zéphire et zéphyr, et il ne faut y voir qu'une variété d'orthographe.