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LES ÂMES DE DIAMANT (français)

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LES ÂMES DE DIAMANT

A Max de Carvalho

 

« Seigneur, j’ai soif de ton inconnaissance,

Cache mes yeux dans Ta main et embrasse mon cœur. »

           Sœur Catherine-Marie

 

Comme il est doux, ma sœur en Christ,

Comme il est lumineux au cœur de savoir

Que quelque part, dans une contrée silencieuse,

Vivent encore des âmes de diamant !

 

Un pays, ma sœur, où des nids de neige pure

Jaillissent des crocus en tunique d’or,

Où des aubépines ruisselantes de candeur font pleuvoir

Leurs pétales tissés de rayons

Sur le Missel du matin.

 

Des âmes, ma sœur, qu’un seul frisson de l’air

Remplit de joie, des âmes qui, touchées par l’extase,

Portent dans leur gratitude souriante

Les lourds fagots de la Voie Lactée.

 

Des âmes, ma sœur, qui, d’herbe en herbe,

Epandent sur la terre endormie

Le nectar de leur vie divine !

Des âmes frêles que l’amour

A changées en rochers de saphir,

En forteresse de ténacité solitaire.

 

Des âmes, ma sœur en Christ,

Profondes comme le chant perpétuel de l’éternité,

Vastes comme la mer qui se courbe

Sous les riches moissons des étoiles.

 

Des âmes d’une splendeur byzantine,

Aux yeux où scintille toute la noblesse

De notre haute et immaculée Foi chrétienne,

Assises au milieu de chœurs liturgiques

D’une  harmonie somptueuse,

Forgée par la céleste solitude de millions de grillons.

 

Des âmes, ma sœur, qui chantent des louanges

Frais comme le cœur de la première neige

Et qui montent, qui montent en processions solennelles

Vers l’indicible suavité de Notre Dieu et Seigneur !

 

Ô ma sœur, ô

« Virginale transparence

Toujours nouvelle

Sans habitude ni terme »

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Saint-Germain-en-Laye, ce lundi 26 février, Anno Domini MMVII

Glose :

« Sœur Catherine-Marie en religion (Françoise Azaïs de Vergeron) – écrit mon ami le poète Max de Carvalho – est  née à Saint-Cyr-l’Ecole le 3 août 1926. Elle passe ses premières années en Ile-de-France et à Dijon, tout en séjournant régulièrement au domaine de Troupiac, entre Castres et Sorèze, dans le Tarn, où sa famille, d’origine béarnaise (et apparentée, pour l’anecdote, à Francis Jammes et à Saint-Exupéry), viendra se fixer peu de temps avant la guerre. Très jeune, elle connaît de grandes épreuves. En 1948, sur la foi d’un regard, quittant le monde et avec lui les carrières que ses études de Droit lui ouvraient, elle entre au monastère de Sainte- Marie-de-Prouilhe, fondé en 1206 par saint Dominique, près de Fanjeaux, dans l’Aude. Elle écrit des poèmes sans les donner à lire, jusqu’au jour où une sœur de sa communauté lui suggère de les réunir en brochures qui pourront être présentées au magasin du monastère. C’est sous cette forme que j’en ai pris connaissance. A ma demande, la moniale m’a confié l’ensemble de ses manuscrits, me laissant libre de cueillir un bouquet qui rendît hommage au beau titre de florilège... »

Missel : le Missel est un livre liturgique qui rassemble les textes, les chants, les lectures, les oraisons  et les indications rituelles et musicales, nécessaires à la célébration de la messe par le prêtre, selon l'un ou l'autre des différents rites en usage dans l'Église catholique. Du point de vue du contenu, il n'y a pas de missel unique ou uniforme, mais autant de missels qu'il y a de rites. Ainsi, le Missel romain est le livre de la célébration de la messe selon le rite de l'Eglise romaine ou rite romain. On parle de Missel tridentin pour le missel romain promulgué à la suite du concile de Trente, de Missel ambrosien pour le livre de la célébration de la messe selon le rite de l'Eglise de Milan, de Missel cartusien pour la célébration de la messe selon le rite cartusien (le rite cartusien est la manière de célébrer la messe et les sacrements dans l'ordre des Chartreux ; les documents les plus anciens le concernant remontent au premier quart du XIIe siècle, une quarantaine d'année après la fondation par de la Grande Chartreuse par saint Bruno en 1084), de Missel cistercien chez les Cisterciens, de Missel dominicain chez les Dominicains, de Missel wisigothique pour le livre de la célébration de la messe selon le rite de certains diocèses d'Espagne, etc.

Tous résultent d'une double tendance pratique et identitaire. La tendance pratique consiste à vouloir réunir en un livre toutes les pièces nécessaires à la célébration de la messe durant toute l'année. La tendance identitaire relève du besoin de réunir les éléments typiques qui font l'identité d'un rite et le distinguent soit des autres familles rituelles, soit d'autres éditions du missel de la même famille rituelle.

Chacun de ces livres à son histoire propre.

La naissance du missel au Moyen Âge

Avant le haut Moyen-Âge, plusieurs livres étaient utilisés pour la célébration de la messe : le sacramentaire avec la prière eucharistique (canon), les oraisons et les prières, l'évangéliaire et l'épistolier pour les lectures ou péricopes de l'Ecriture Sainte, un ou plusieurs livres pour les répons et les chants (Graduel ou Antiphonaire de la messe). Peu à peu, les manuscrits intégrèrent toutes ces parties en un ou plusieurs livres formant un tout. De tels livres furent appelés Missale plenum, missel plénier c'est-à-dire complet.

Citation :

 « Virginale transparence

Toujours nouvelle

Sans habitude ni terme » - vers de sœur Catherine-Marie