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LE TERRIBLE MASSACRE DES ENFANTS DE GAZA (français)

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LE TERRIBLE MASSACRE DES ENFANTS DE GAZA

                        Dictante dolore

Je dédie ce poème aux enfants massacrés de Gaza

« Alors Hérode, voyant qu'il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléem et dans tout son territoire, selon la date dont il s'était soigneusement enquis auprès des mages. »

            Evangile selon saint Matthieu, II, 16  

 

I.

Non, mon Ami, je ne peux pas dormir ces temps-ci,
Je ne peux fermer mes paupières enflammées !
Du sang chaud, du sang vivant a inondé ma face !


Le sang cerise, le sang rouge cinabre,
Le sang coquelicot,
Le sang innocent des petits enfants de Gaza en flammes
S’est répandu, pareil à une mer morte, une mer bordeaux,
Dans mes prunelles,
Sur mes lèvres en feu,
Dans mon esprit terrifié,
Dans toutes mes pensées,
Sur toutes les vallées de mon coeur !

Le sang a déferlé dans toutes les chambres de ma maison,
A giclé contre les vitres fatiguées des fenêtres,
A renversé chaises, tables, commodes, lampadaires !
Le sang a imbibé livres, atlas, manuels !

Ô misère sans issue,
Ô douces mains potelées, immobilisées à jamais,
Petits pieds roses qui ne connaîtront pas
La joie des sentiers pleins d’herbes odorantes !

Lève-toi, dieu du Soleil,
Pousse au loin les ténèbres,
Chasse de mes songes les avaleurs d’ombre !


Ö odeur suave, senteur capiteuse des petites bouches roses
Qui rient encore dans le mortel silence des jardins !


Mousse de chacal, bave d’hyène,
Groin de babouin, shendjit,  ibex de Nubie !

Et vous fileuse de perles de This,
Voici les larmes des enfants de Gaza !

Ma’refat,

            Ma’refat,

                        Ma’refat !

II.

Non, mon Ami,
Je n’ai plus le goût d’azur dans ma bouche,
Les jours, orpins de Perse,
Sont des fleurs fanées chues dans mes poèmes !


J’aurais tant voulu
Que la saison laiteuse
Soit une page blanche ouverte sous la soie bleu roi du ciel
Où rien de très grave n’a lieu !


Mais les stores de mon âme
Se sont baissés sur mes sanglots,
Le crêpe du deuil a voilé tous les miroirs dans ma demeure,
Des chants funèbres font courir dans mes veines
Leurs petits bateaux chargés de chagrin,
Leurs paroles semblables à des oiseaux macabres
Qui s’acharnent sur ma brûlante poitrine !

Ô terre, serais-tu aussi tendre et bonne
Si dans tes entrailles ne dormaient
Tous les cœurs des enfants morts ?

Cœurs qui ne laissent pas de cendre,
Cœurs qui brûlent jusqu’au bout !

Petites mains qui vivent même dans la tombe
Parce qu’elles veulent vivre encore !

III.

Je ne peux plus embrasser les doigts de la brise sans gémir,
Lire les messages des jasmins
Sans flétrir leurs pétales de mon chagrin,
Tous ces mots diaprés, toutes ces lettres flamboyantes
Où l’on devine la céleste pudeur
Des âmes pures !

Je n’entends que les cris des petits corps blessés
Blottis contre la tendresse d’un sein maternel
Dans des maisons incendiées,
D’où à jamais se sont enfuies les gracieuses tribus
Des hirondelles !

Corps de la mer habillé d’écume rose,
Drève où ondule, belles et simples,
Les vagues des herbes innocentes.

Lumière qui s’inclut dans la lumière,
Ô beauté, toi qui maintiens le monde en vie,
Est-il vrai que chaque atome est un amant ?

Ô petits corps, vous peuplez ma voix,
Vous vivez dans mes mains ouvertes sur le soir !

Frêles grillons pleins de bonté
Qui chantent sur les collines !

IV.

Non, je ne peux pas dormir
Avec ces marées d’étoiles assassinées dans mon lit,
Avec tous ces champs ravagés, creusés, retournés, torturés
Dans mon cœur devenu immense cimetière !

Ô petits corps éventrés, chers petits corps
Doux comme du pain frais,
Petites mains de lys arrachées, tendres petites mains
Où aime s’attarder l’aurore,
Têtes de lumière éteinte, bouches suaves auxquelles les vautours
Ont extirpé les sourires de cyclamen joyeux !

Plus pure, ici, dans la volubile pénombre du soir glaciale,
La pénible douleur des parents, l’obscure allégresse des cadavres !
La fureur vierge, la haine millénaire dans les cœurs,
L’insolente présence de la mer, la verte pudeur des prairies !

V.

Petits anges dont la terre, horrifiée, le sein déchiré,
Accueille, maternelle, les membres éparpillés !
Ô mes petits enfants aux lèvres gercées par la soif,
Au petit ventre tortillé par la faim, petit ventre atrocement vide !


Ô enfants, mes enfants, mes soyeuses tourterelles,
Honte, honte, honte au monde qui vous a abandonnés,
Honte aux hommes qui, souriants, vous ont livrés, les criminels,
A la monstrueuse cruauté, au carnage, à l’oubli
Pareil aux racines mortes des saules pleureurs !

Cette tendre brise de bonheur qui se lève et court dans l’air,
Fraîche, cette haleine venue du bleu pays de l’amour !
Et soudain, tout devient sombre comme la chair d’un enfant
Que la blonde lumière de la vie vient d’être de fuir !

La démence aux yeux de méduse, mon Ami,
La folie partout et toujours, toujours et partout !


Cette nuit, ils sont avec moi, en moi, les petits enfants de Gaza !
Légers, vaporeux, aériens
Comme les notes poignantes d’une flûte égarée dans l’obscurité,
Comme l’amitié dorée des épis des blés mûrs
Dans les champs ouverts à l’insondable grâce des cieux !

Ethérés et graciles
Comme la perfection d’un discours antique !
Admirables comme les délicats contours d’un bijou,
Ciselé par un orfèvre expert!

Ah, où sont-ils les candélabres blancs des pommiers en fleurs,
Le leste  éloignement des collines,
Les étoiles glorieusement scintillant
Dans le ciel devenu argent héraldique !

VII.

Non, non, mon Ami, je n’ai plus peur de la peur !
Moi, au milieu de cette ardente simplicité du désespoir !

Aujourd’hui, aujourd’hui, on fait pire encore,
L’ennemi déchaîné coupe, billonne, excise, hache,
Incise, scarifie, tranche, tronçonne
Taille en milliers de morceaux sanguinolents
Hommes, femmes, oiseaux, insectes, bêtes !

Il brûle, calcine, carbonise,
Embrase, enflamme, incinère,
Consume, dévore, mine
Morts et vivants,
Champs ensemencés et champs arides,
Potagers, jardins et vergers !

Où es – tu,

Al-insân al-kâmil,

            Al-insân al-kâmil,

                        Al-insâne al-kâmil !

Ô humanité homicide,
Humanité criminelle, infâme, perfide
Humanité scélérate,

Humanité poltronne, couarde, claquedent, lâche,
Humanité sans trace d’humanité
Pourquoi détournes-tu ton visage hideux, pourquoi ?
Pourquoi tes yeux monstrueux ne veulent-ils pas voir
Les montagnes de cadavres ?

Ô Seigneur, je suis dans le noir de la cible,
C’est mieux pour un poète !
Ma vie se dissout dans le soir
Comme un souvenir d’enfance !

La pensée assiégée dans toutes ses provinces
Et cet absolu de tristesse !

VIII.

Ô enfants morts,
Je sens vos souffles de mer douce
Flotter autour de mon cou,

Je bois vos sourires où dort la chaleur grenade du ciel,
J’écoute la respiration de vos frêles poitrines
Où semblent vivre encore
Les fraîches, les moires journées de Palestine !

J’entends le plomb gris de votre silence,
Les syllabes azurines de vos langues recouvertes de sang
Dans les sourdes allées et venues de mes mots !

If battu d’aube,
A l’aplomb de ma douleur ! 

Et toi Isis qui portes le soleil sur ta tête,
Inanna dont le fils meurt en hiver
Et ressuscite au printemps

‘Erfân

            ‘Erfân,

                        ‘Erfân !

Ombre de Dieu

Et Lumière des Hommes,

Signe et voile !

IX.

Je vois vos doigts purs,
Blancs et doux comme du coton de l’île Eléphantine d’Egypte,
Caresser les oiseaux qui s’en vont vers le sud,
Palper la soie abricot du ciel,
Froisser le velours blanc de céruse de l’air !

Lama’ât,

            Lama’ât,

                        Lama’ât !

X.

Non, je ne peux pas dormir
Avec toutes ces constellations saignantes
Dans ma couche !
Comment chercher dans l’abîme la salvation ?

Future, présent, passé,
Toujours au-delà des frontières de l’âme !

Criblée de balles, ma chair crie et accuse,
Des blessures béantes recouvrent mes rêves,
Je suis devenu, ô mon Ami, l’arbre du monde
Dont on arrache une après l’autre les branches !

Ô samâ’,

            Samâ’

                        Samâ’ !

Le ciel s’approche, s’agenouille devant ma souffrance
Et me demande :

« Ô poète, toi qui as donné toute ton âme aux poèmes,

Tout ton cœur aux mots, dis, réponds, poète,
Où sont les enfants de Gaza,
Où est l’odeur de lilas de leurs sourires ? »

Ô ciel, immense ciel de Palestine,
Ce qui a été réellement n’a pas de mots !...


Des visages des enfants, il ne reste que des plaies,
Des traces lumineuses qui font fondre la neige du silence,

Visages devenus langue splendide à eux-mêmes.
Une horreur immobile
Comme les personnages tragiques d’un tableau de Goya !

Des lavandes fleurissent sur les tombes !
Des abeilles transforment leur parfum en miel !

Cris plus hauts que les étoiles du ciel,
Ô Lune, ne chante plus,
Couche-toi à jamais dans le calendrier cramoisi de cette année

MMIX !

Aveuglé comme Œdipe, je me démène !

Dhu,

            Dhu

                        Dhu !

XI.

Fais-moi mal, fais-moi mal, ô mon cœur,

J’entends les sabots d’or des coursiers
Du grand Saladin
Qui viennent chasser les nuages mauves !

Toi, Palestine, déesse antique,
Chœurs de nymphes hâlées qui dansent
En ronde avec toutes les étoiles,
Tous les oiseaux et toutes les eaux de la Terre,

Toi, à la poitrine blanche et rose
Comme les pétales des cerisiers sauvages !
Toi qui sens si bon la myrrhe et l’œillet,
Le printemps et la vie !

D’où sont venus sur toi les corbeaux dévastateurs?
Qui a ouvert la bouteille où dormaient les djinns de la mort ?

Qui veut blesser tes pieds de perles embrassés par l’écume,
Tes mains où pousse la fleur cristalline du jasmin ?

Mais tu es immortelle, ma Palestine,
Par le divin décret du Christ Pantocrator,
Par la suprême bénédiction du Prophète,
Toi, Fille alabastrine des deux Fleuves célestes !

Odeur de marbre, odeur de chèvrefeuille,
Jours qui bordent leur solitude
De mots et de rinceaux de vignes verges,
Mères qui pleurent derrière leurs mains ridées,
Leurs mains brûlées par le temps !


Et des jeunes anges qui soutiennent
De leur amour la blancheur
Des fleurs hivernales !

XII.

Ah, je vous ai ouvert la maison de mon cœur,
Venez, mes enfants, venez-y dormir
A l’abri de la haine,

La chaleur y est plus grande que celle du soleil
Et les oreillers plus blancs
Et plus caressants
Que la première neige de Finlande !

Vous, mes enfants, petites roses rouges
Dans la paume fatiguée de midi !
Vous, vies rachetées par la chaude clarté du soir,
Par la tendresse éperdue de l’air et des collines
De Palestine !

Sans pesanteur est ce soir la bonté de ceux qui pleurent,
Sans flétrissure le chaud ruissellement
De la miséricorde sur les routes de l’horreur!

Il bruine des gouttelettes de sang
Sur le visage pâle, sur la peau grise du matin,
Il bruine de petites gouttes de désespoir
Sur la terre nue de Palestine !


Il bruine une odeur de tristesse et de poignante solitude
Sur le cœur lacéré de la Terre-mère !

Où es-tu Homme parfait,

Nafas rahmâni,

            Nafas rahmâni,

                        Nafas rahmâni

                                   Où es-tu ? 

Ô mon Ami, est-ce en vain
Que j’ai cherché l’Homme dans l’homme ?

Est-ce en vain que j’ai cherché
Le chant d’amour dans le ciel,  dans les champs
Dans les lacs et les montagnes,
Au cœur des grandes étoiles
Tissant de leur fils de soie
Le lourd, l’infini, l’ondoyant gobelin de l’histoire ?

Ô amour éternel de Dieu,

Ô ‘eshq-e qadim,

Mets ton sceau définitif

Sur le sourire de la Paix !

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, janvier 2009

Je dédie ce poème aux enfants de Gaza, sauvagement massacrés par les bombardements de l’armée israélienne en janvier 2009.

Glose :

Gaza :lLa ville de Gaza (parfois appelée Gaza City pour la distinguer de la bande de Gaza qui désigne la région dans son ensemble) est la ville principale de la bande de Gaza. Après avoir été mise sous le contrôle civil et militaire de l'Autorité palestinienne dès l'application des accords de Jéricho et Gaza de 1944 avec Israël, elle est depuis juin 2007 la ville la plus importante sous le contrôle du Hamas.  

La ville de Gaza compte 400 000 habitants tandis que la population totale de la bande de Gaza dépasse 1 500 000 personnes. Ses habitants sont appelés Gazaouis. Environ 60% de la population de la ville de Gaza est constituée de personnes âgées de moins de 18 ans.  

Le Hamas, acronyme partiel de harakat al-muqâwama al-'islâmiy,  « mouvement de résistance islamique », est un parti politique islamiste radical qui œuvre pour l'instauration d'un État palestinien. Il est le plus important mouvement islamiste palestinien actuel. La branche armée du Hamas est appelée Brigades Izz al-Din al-Qasam. Le Hamas est créé en 1987 par Sheikh Ahmed Yassin, Abdel Azziz al-Rantissi et Mohammed Taha.

Le Hamas se définit lui-même comme un mouvement de résistance palestinien. Il ne reconnaît pas l'État d'Israël, et prône dans sa charte la création d'un État Palestinien islamique sur l'ensemble de la Palestine. Il s'oppose sur ce point au Fatah et à l’Autorité palestinienne, les deux autres forces politiques de ce pays.

Le Hamas figure sur la liste des organisations terroristes du Conseil de l’Union européenne, du Japon, du Canada, des Etats-Unis et d’Israël.

En revanche, pour la Grande-Bretagne et l’Australie, seule la branche armée du Hamas est classée comme terroriste.

Pour l'Afrique du Sud, la Russie, la Norvège, le Brésil et beaucoup d’autres pays, le Hamas n’est pas classé comme terroriste.

La victoire sans appel du Hamas aux élections législatives du 25 janvier 2006 a suscité bien des commentaires et des mises en garde des Etats-Unis et de l’Union européenne.

Le Fatah est une organisation politique et militaire palestinienne fondée par Yasser Arafat au Koweit en 1959. Fatah est l'acronyme inversé partiel de «harakat ut-tahrîr il-wataniyy ul-falastîniyy», « Mouvement national palestinien de libération  ». Le Fatah est membre consultatif de l’Internationale socialiste.

L’Autorité palestinienne est le nom de l'entité gouvernementale qui représente les habitants arabes de Cisjordanie et de la Bande de Gaza. Cette entité a été créée en 1993 par les Accords d’Oslo afin de négocier avec Israël un accord final sur le conflit opposant les deux parties. Elle a un président et une assemblée élue au suffrage universel, une police (et pas d'armée) et des représentants dans plusieurs pays.

L'Autorité palestinienne est divisée en deux paliers. Le premier prend la forme d'un conseil législatif constitué de 132 députés. La moitié de ceux-ci sont élus dans les circonscriptions tandis que les 66 autres sont élus par suffrage universel. Cette méthode d'élection permet de représenter le peuple localement ainsi que le parti qu'il désire vraiment voir au pouvoir. Le premier ministre fait partie de ce conseil et est nommé par le président. Par convention, c'est le chef du parti au pouvoir qui est nommé.

Le président est le second niveau de gouvernement. Il est élu lors d'élections distinctes.

L'Autorité palestinienne a sa propre chaîne de télévision ; elle émet des timbres et dispose d'une administration postale propre depuis 1994. 

Dictante dolore : expression latine qui signifie «  écrit sous la dictée de la douleur ». Dolor, doloris (n.m.) : mot latin qui signifie : douleur (physique), souffrance, douleur morale, peine, tourment, chagrin, affliction; colère, ressentiment ; émotion, sensibilité (de l'orateur).

Avaleur d’ombre : sinistre assassin.

Sendjit (n.m.) : pagne traditionnel du costume égyptien, en tissu de forme triangulaire dont la pointe est relevée entre les jambes. Ce vêtement est bien souvent la seule tenue des paysans dans les champs. Les ouvriers, les soldats et les marins en portent un second par-dessus, fait de lanières de cuir entrecroisées, pour mieux se protéger. À l'origine en lin blanc, d'abord court, serré et droit, sous l'Ancien Empire, il s'élargit et s'allonge, et on voit apparaître le plissé, associant lignes verticales et horizontales. Le bord des pagnes s'orne parfois de perles, de galons brodés de fils d’or ou de franges.

Au Moyen Empire, on ajoute par-dessus un second pagne plus long qui peut être transparent.

Au Nouvel Empire, on préfère draper savamment un plissé retombant en éventail sur le devant, qui laisse apparaître le pagne du dessous ; le tout est retenu par une ceinture de tissu, enrichie de motifs et de galons colorés, dont les longs pans flottent par devant ; un fermoir gravé au nom de son propriétaire permet de la fixer. Les plus humbles n'utilisent qu'un simple bout de corde, alors que les plus riches ajoutent par-dessus leur pagne une large ceinture de cuir qui soutient un tablier décoratif.

Ibex ou bouquetin de Nubie - Capra ibex nubiana – (n.m.) : cette espèce animale vit dans les déserts rocheux jusqu’à 2800 m d'altitude. Elle supporte les fortes chaleurs et le froid nocturne. Exterminée dans de nombreuses régions sahariennes, elle est protégée en Égypte et au Soudan. C’est un des animaux les plus fréquemment mentionnés dans la Bible.

This : ville en Egypte ancienne. La ville de This, donnant son nom aux deux premières dynasties égyptiennes dont elle était l'origine royale, était située en Haute-Egypte, sur la rive droite du Nil, face à Abydos, qui était sa nécropole.  Le site n'a pas encore été retrouvé, mais selon Manéthon, c'est de cette cité que serait originaire Ménès (Narmer), qui unifia l'Egypte. Il semble, en réalité, que ces rois soient originaires d'Hiérakonpolis (Nekhen) et qu'ils aient transporté leur capitale dans une région moins excentrique après l'unification de la vallée du Nil.

C'est dans la nécropole d'Abydos, dont la divinité locale est Khentamentiou, qu'on a retrouvé les tombes de ces premiers rois, de leurs courtisans et leur famille; cependant, il semble que Memphis (450 km plus au Nord) ait été considérée dès la première dynastie comme résidence royale.

Ma’refat : mot arabe du vocabulaire des soufis qui signifie « connaissance mystique ».

Orpin (n.m.) : plante de la famille des Crassulacées. Les feuilles de cette plante étaient jadis appréciées pour leur goût poivré et rafraîchissant. L'orpin réfléchi connut ses heures de gloire quand le poivre manquait ou lorsqu'il était trop cher. Il existe différentes sortes d’orpin : orpin âcre, orpin brûlant, orpin réfléchi, petit poivre, poivre des moines, poivre sauvage, sédum âcre.

Drève (n.f.) : du néerlandais dreef, « allée ». Allée carrossable bordée d’arbres.

Al-insân al-kâmil : expression arabe qui signifie « l’Homme parfait », « l’Homme universel ». Titre honorifique du prophète Mahomet.

Isis : Isis est, dans la mythologie égyptienne, la déesse de la fertilité et la maternité. Elle est souvent représentée avec des ailes le long de ses bras. Déesse Mère. Fille de Geb et Nout selon la généalogie Heliopolitaine. Soeur et femme d'Osiris. Mère d'Horus.

Elle a été dépeinte dans la forme humaine, couronnée ou par un trône ou par des cornes de vache incluant un disque de soleil. Un vautour était aussi parfois incorporé en sa couronne. Elle est parfois dépeinte comme un cerf-volant au-dessus du corps momifié d'Osiris. Comme la personnification du trône, elle était une source importante du pouvoir du pharaon. Son culte était populaire partout dans l'Egypte, mais les sanctuaires les plus importants étaient à Giza et à Behbeit El-Hagar dans le delta du Nil.

Isis a été l'épouse d'Osiris. Osiris a été assassiné par son frère Seth. Elle a retrouvé son corps démembré et l’a assemblé. Imprégnée du cadavre, elle a pris le rôle d'une Déesse des Morts et de Rites des Obsèques. Par la suite, elle a donné naissance à Horus qu'elle a enfanté en secret à Khemmis, dans le delta du Nil, et a caché dans les papyrus des marais.

Plus tard, Horus a défait Seth et est devenu le premier dirigeant d'une Egypte unie. Isis, en tant que mère d'Horus, était considérée comme « la mère » et la protectrice des pharaons.

Inanna : Inanna était le nom d’une déesse de Sumer. Ou plutôt un des nombreux avatars de la grande déesse Mère, déesse Montagne, Maîtresse des animaux. Elle sera aussi Ishtar et Astarté. Déesse de la Fécondité,  elle sera Isis en Egypte, Déméter, Cybèle, Diane et Perséphone en Grèce.

‘Erfâne : mot arabe appartenant au vocabulaire des soufis qui désigne « toute connaissance mystique ».

Lama’ât : mot arabe du vocabulaire des soufis qui signifie « éclairs », « élévation dans la clarté, dans la compréhension des choses divines ».

Samâ’ : mot arabe qui signifie « concert spirituel ».

Dhu : mot arabe qui signifie, pour les soufis, l’irradiation de la lumière divine.

Saladin - Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsuf, Saladdine ou Saladin (1138 – 1193) : le premier dirigeant de la dynastie ayyoubide, qui a régné en Egypte de 1169 à 1250 et en Syrie de 1174 à 1260. Lui-même était sultan d’Egypte de 1169 à 1193, émir de Damas de 1174 à 1193 et d’Alep de 1183 à 1193. Son nom, an-Nâsir, signifie « celui qui reçoit la victoire de Dieu » et Saladin signifie la « rectitude de la Foi ». Il est connu pour avoir été le principal adversaire des Francs installés durant le dernier tiers du XIIe siècle au Proche-Orient et l’artisan de la reconquête de Jérusalem par les Musulmans en 1187.

Djinns ou jinns : des créatures issues de croyances de tradition sémitique. Ils sont en général invisibles, pouvant prendre différentes formes (végétale, animale, ou anthropomorphe) ; ils ont une capacité d'influence spirituelle et mentale sur le genre humain (contrôle psychique : possession), mais ne l'utilisent pas forcément. Selon l'Islam, ils ont le pouvoir de posséder ceux qui sont en état de souillure (c'est-à-dire ceux qui n'ont pas fait leur ablution rituelle) ou qui consomment des aliments interdits (drogue, alcool, sang, viande non licite). Il y a des bons et des mauvais djinns. Les mauvais sont appelés shayâtîn.

Christ Pantocrator : le Christ Pantocrator est la représentation artistique de Jésus-Christ « en majesté » par opposition aux représentations plus humaines du Christ souffrant la passion sur le crucifix, ou celle de l'enfant Jésus. Il s'agit d'une représentation eschatologique, Jésus-Christ étant alors considéré comme le juge du Jugement dernier. L'adjectif, venu du latin pantocrator, lui-mème du grec παντοκράτωρ, signifie « tout puissant ».

Le Prophète Mahomet (La Mecque 570 – Médine 632) : fondateur de l’Islam et de l’Oumma. Il est également considéré comme l'auteur du Coran et le maître spirituel d'où émanent toutes les traditions (« silsilah ») de la religion musulmane.

Le nom complet de Mahomet est Abu-l-Qâsim Mouhammed ibn `Abd Allâh ibn `Abd Al-Mouttalib ibn Hâchim. Le nom proprement dit y est précédé par la kunyah marquant la paternité (père de Al-Qâsim) et suivi par le nasab, c'est-à-dire la généalogie (fils de `Abd Allâh, le fils de `Abd Al-Muttalib, le fils de Hâchim). De nombreux autres noms lui ont été attribués, soit de son vivant, soit par la tradition islamique. On en compte 201, dont Al-Mustafâ et Al-Mukhtâr qui signifient « l'élu », Al-Amine qui signifie « le loyal », Ahmad et Mahmoud qui sont dérivés de la même racine que Mohammed.

Dans le Coran et les hadiths, Mahomet est habituellement appelé le messager, l’envoyé de Dieu (rassul Allâh). Il est également désigné par l'expression Nabi, « Prophète ». Ces deux appellations renvoient à une distinction faite en islam entre deux catégories de personnes investies d'une mission apostolique ; les messagers de Dieu, appelés aussi envoyés de Dieu, sont d’après la terminologie islamique les personnages ayant reçu la révélation de lois abrogeant les lois des messagers qui les auront précédés, avec l'ordre de le transmettre aux hommes, tandis que les prophètes reçoivent une révélation par les mêmes voies ainsi que l'ordre de transmettre un message aux hommes, mais ce message ne leur est pas propre, il est celui du messager qui les aura précédés. Selon cette classification, tout messager est un prophète, mais ce n'est pas tout prophète qui est messager. Les uns comme les autres reçoivent la révélation, mais seuls les messagers reçoivent un livre ou une loi nouvelle. Selon la tradition musulmane il y aurait 124 000 prophètes et 313 messagers, le premier d'entre eux étant Adam, le premier des humains, et le dernier, Mahomet, l'un comme l'autre étant des prophètes messagers.

Alabastrin, alabastrine (adj.) : relatif à albâtre. L’albâtre est une variété de gypse (sulfate hydraté de calcium) qui se présente sous une forme massive, contrairement à la sélénite, ou « spath satiné », qui est une variété fibreuse. Son nom vient du grec ancien  αλάϐαστρος / alabastros, qui désignait un vase sans anse, l'albâtre étant utilisée pour façonner des vases à parfum sans anse.

Nafas rahmâni : expression arabe qui signifie « soupir de la compassion divine ».

Ô ‘eshq-e qadim : expression arabe qui signifie « amour éternel » et indique l’amour de Dieu pour ses créatures et celui des créatures pour leur Créateur.