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LE SONGE DE RONABWY (français)

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LE SONGE DE RONABWY

        (mabinogi)

A Yves Vittu de Kerraoul          

« My brain is blank, my tears are red… »          

            Sidney Lanier

 

Tu dors, la tête plus blonde que l’or des peupliers

Quand le brûlant été s’endort parmi les vignes

Scrutant de tes pupilles les magnifiques insignes

Et la vaillance extrême des hauts chevaliers.

 

Tes yeux émerveillés boivent les fastes couleurs

De leurs habits de soie et de brocart superbe,

Leurs pavillons dressés dans des prairies où l’herbe

Remplit de vie leurs âmes et de courage leurs cœurs.

 

Ô temps du Saint Graal où le roi Arthur,

Béni par les cieux, régnait avec sagesse

Sur les tribus celtiques et leur altière prouesse, 

 

Image de la justice, symbole des êtres purs !

Bénis soient les bardes dont les voix chantèrent

Ces siècles immortels, ces jours de lumière !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

A Paris, ce mardi 27 mars, l’An de grâce MMVII

Glose:

Ronabwy : jeune et vaillant chevalier figurant dans un des mabinogion (contes) celtiques. Madawc, fils de Maredudd, maître de Powys, envoie le jeune homme chercher, en compagnies d’autres chevaliers, son frère cadet Iorwerth qui était parti vivre de pillage en Angleterre. Lors de leurs pérégrinations, Ronabwy et ses amis arrivent dans une misérable demeure où ils sont contraints de passer quelques nuits. L’état pitoyable dans lequel se trouvent la maison et ses propriétaires tranche avec les fastes que va contempler dans son admirable songe Ronabwy, plongé dans un sommeil de trois nuits et de trois jours. Projeté dans le passé, au temps où régnait le roi Arthur, le jeune chevalier voit se déployer devant ses yeux éblouis les troupes du sacré. Il rencontre tour à tour Iddawc, fils de Mynyo, qui trama la terrible bataille de Kamlan, le magnifique prince Ruawn le Ryaonnant, fils du prince Deorthach, le roi Arthur lui-même, l’évêque Betwin, Gwarthegyt, fils de Kaw, Addaon, fils de Teliessin, le violent Elphin, fils de Gwyddno, Karadawc aux gros bras, fils de Llyr Marini, les hommes de Llychlyn (Scandinavie), les hommes de Danemark, Kei, le plus beau cavalier de toute l’armée d’Arthur,  Eirinwych le Splendide, serviteur d’Arthur, Owein, fils d’Uryen. Il est témoin du massacre des corbeaux de Owein et de la vengeance des corbeaux ressuscités.

Tous ces chevaliers portent des vêtements et des insignes resplendissants. Grâce aux livres écrits qui relatent le songe de Ronabwy, bardes et conteurs arrivent à connaître la variété des couleurs remarquables des chevaux, des armes et des objets d’équipements, des manteaux précieux et des pierres à propriété merveilleuse.

Mabinogi (n.m.), mabinagion (pl.) : Les Mabinogion ou les Quatre Branches du Mabinogi (Pedair cainc y mabinogi en gallois) sont quatre textes médiévaux (des chwedl ou cyfarwyddyd, mots qui signifient contes), écrits en moyen-gallois (langue en vigueur du XIIe siècle au XVIe siècle), qui font référence à la mythologie celtique de l'Antiquité.

Traditionnellement, s'y s’ajoutent d'autres contes relevant de la légende arthurienne. Diverses explications sur le sens du mot mabinogi ont été avancées, mais il vient vraisemblablement du dieu gallois Mabon (Maponos) qui figure dans le conte Kulhwch et Olwen, et qui fait partie de la même collection. Les quatre récits s'intitulent : Pwyll, prince de Dyved, Le Mabinogi de Branwen, Manawydan fils de Llyr et Math fils de Mathonwy.

Les Mabinogion ont été élaborés à partir de deux manuscrits, le Livre Blanc de Rhydderch dont la rédaction s'étale de 1380 à 1410, et le Livre Rouge de Hergest qui est daté approximativement de 1350. Rappelons que dans le monde celtique, la poésie était la spécialité des bardes. Les thèmes développés se retrouvent dans la tradition irlandaise, ce qui atteste de leur antiquité.

Sidney Lanier (1842-1881) : poète, critique et musicien américain. D’origine huguenote, il fut élevé dans la tradition du vieux Sud par des parents très religieux. Il contracta la tuberculose pendant la guerre civile, qui lui inspira son premier roman Lis tigrés (Tiger-Lilies, 1867). Ses Poèmes (1877) sont élégiaques. Les plus célèbres (« La Symphonie » ; « Le Chant de Chattahoochee » ; « Les Marais de Glynn ») sont dus à ses dons de musicien (il fut flûtiste solo de l’orchestre de Baltimore).