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LE QUOUÏ SYMPHONIQUE (français)

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LE QUOUÏ SYMPHONIQUE

A Mursal-Nabi Tuyakbayev

 

Musique gris perle, vert menthe de la steppe,

C’est toi qui remplis mon cœur d’espace bleu !

 

C’est toi qui retiens,

Dans l’élévation sublime de l’air d’Asie,

Le souffle mauve des foudroyants cavaliers

Qui traversent le cœur des jeunes filles

Du Kazakhstan !

 

Toi, steppe qui bois,

Assoiffée de danses et de chants,

Les visages des hommes libres

Comme des nuages !

 

C’est toi qui tisses,

Des filaments des brises,

L’immortelle écriture des poètes

De ce pays à l’espace sans limites !

 

Que de parfums exaltants

Dans tes mélodies hautes et mates,

Dans tes sons d’or embouti,

Ô dombra :

Cardamome, cèdre, ciste-labdanum,

Cumin, girofle, muscade, élemi,

Néroli, osmanthus, myrrhe et myrte,

Opoponax, ylang-ylang, vétiver et styrax…

 

Et toi, langue kazakhe,

Trempée dans la pluie paisible de mai,

Immémoriale profondeur

Qui hante l’ouïe des enfants !

 

Et vous, ondoyante syntaxe des vents voyageurs,

Grammaire des graminées à la racine forte,

Origine de la matière translucide

Qui élabore la magie des chants d!

 

Comme j’aime ta musique à la voix

Plus pure que les campanules des chemins,

Ta musique qui caresse le songe aérien

De mes paupières,

L’éclat de tes consonnes cuivrées,

Toi, langue kazakhe aux voyelles libres

Qui mesurent la vérité du monde !

 

Quouï, aile de moineau innocent

Qui rend plus spacieuse ma joie,

Plus légère la beauté

De l’envoûtant mausolée

De Khoja Ahmed Yasavi !

 

Quuoï,

Qui se referme sur mon cœur

Comme les pages soyeuses

D’un livre perpétuel !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 29 avril 2010

Glose :

Quouï (n.m.) : le quouï est une pièce musicale pour dombra, instrument national kazakh à deux cordes. Le dombra, accompagné par l’orchestre, donne une saveur inimitable à la musique.

Embouti, emboutie (participe passé.) : du verbe emboutir, comprimer, donner une forme artistique à une feuille d’or par emboutissage.  

Cardamome -  Elettaria cardamomum -  (n.f.) : du grec καρδάμωμον / kardámômon, mot probablement d'origine indienne, transmis par les Arabes. Plante herbacée à rhizome appartenant à la famille des Zingibéracées originaire de la côte de Malabar, région dont provient également le poivre. Elle est parfois appelée cardamome verte ou cardamome aromatique pour bien la différencier d'autres plantes apparentées.

Ciste-labdanum (n.m.) : les cistes (du grec κίστος / kistos) sont des arbrisseaux dicotylédones de la famille des Cistacées poussant le plus souvent sur le pourtour méditerranéen. Ils adorent les sols secs (généralement siliceux mais aussi calcaires) et ensoleillés. De plus ils sont pyrophytes (qui supportent le feu, du grec pyros, « feu » et phytos, « plantes »), ayant la particularité de se régénérer facilement et même de se multiplier après les incendies. Autant dire que les maquis ou les garrigues méditerranéennes, si souvent touchés par les feux de forêts, sont tapissés de cistaies qui fleurissent entre le printemps et l'été (avril-juin).

Classés traditionnellement dans l'ordre des Violales, les cistes appartiennent aujourd'hui à celui des Malvales. Le ciste-labdanum, cette absolue (extrait obtenu à partir d'une concrète ou d'un résinoïde), est obtenue par extraction de la résine du ciste. C’est un excellent parfum.

Elémi (n.m.) – Canarium luzonicum - (n.m.): résine qui provient de l’exsudation d’un arbre tropical des Philippines. Elle donne, après distillation, une essence à l’odeur poivrée, citronnée, aromatique, avec des facettes encens, térébenthine et baie rose. On en trouve dans les grands parfumes comme Nu, Tumulte pour Homme, L’Eau des Merveilles, L’Eau Bleue d’Issey.

Néroli – Citrus aurantium - (n.m.) : l'essence de Néroli est une huile essentielle produite à partir de la fleur de bigaradier (Citrus aurantium). Son odeur est caractéristique et similaire à celle de la fleur du bergamotier.

À la fin du XVIIe siècle, Anne-Marie Orsini, duchesse de Bracciano et princesse de Nerola, mit à la mode l'essence d'orange amère comme parfum en l'utilisant pour parfumer ses gants et son bain. Depuis lors, le nom de Néroli est utilisé pour décrire cette essence.

Osmanthus - Osmanthus heterophyllus -  (n.m.) : le genre Osmanthus comprend des arbustes ou des petits arbres aux fleurs blanches odorantes et aux feuilles soit entières, faisant penser à celles du troène, soit épineuses.  Ils sont originaires principalement d’Asie tempérée.

Opoponax - Opoponax Chironium - (n.m.) : gomme-résine tirée de l'Opoponax Chironium, plante poussant sous les climats chaud. Cette gomme  a une note acide proche de celle du vétiver. Un peu surprenante, on se laisse vite apprivoiser par cette flagrance pure ou mêlée à d'autres encens comme le benjoin ou l'oliban. Parfum à l’odeur très montante, herbale et fruitée.

On trouve de l’opoponax dans des parfums tels que Shalimar,  Poison, Coco, l’Eau lente et bien sûr dans la bougie Opoponax de Diptyque.

Ylang-ylang - Cananga odorata – (n.m.) : arbre de la famille des Annonacées, originaire d'Asie du Sud-Est. On le cultive pour ses fleurs dont on extrait par distillation une huile essentielle très utilisée en parfumerie. Le terme de Cananga vient du nom malais de l'arbre, kenonga ou kananga. Le nom vernaculaire ylang-ylang vient du nom de l'arbre en tagalog, langue des Philippines.

Styrax – Styrax – (n.m.) : : On appelle styrax un genre d'arbres ou d'arbustes poussant le plus souvent en Extrême-Orient, appartenant à la famille des Styracacées et comportant diverses espèces, quelques-unes très appréciées en parfumerie et en pharmacie pour leur baume. L'arbre est également appelé aliboufier, en particulier lorsqu'il s'agit de l'espèce Styrax officinalis. Le baume ou résine se nomme storax ou benjoin selon les espèces, le premier de ces deux termes étant aujourd'hui inusité. Le nom  styrax sert aussi de façon abusive à désigner la résine du liquidambar.

Le mausolée (mazar) de Khoja Ahmed Yasavi : mausolée inachevé de la ville de Turkestan (ou Türkistan, ou Hazrat-e Turkestan), au sud du Kazakhstan. En 2002, il devint le premier patrimoine kazakh reconnu par l’UNESCO comme patrimoine mondial de l’humanité. La structure actuelle a été commandée en 1389 par Tamerlan pour remplacer un plus petit mausolée du XIIe siècle d’un célèbre maître soufi, Khoja Ahmed ...

Tamerlan (Timour ou Timur Lang, « Timur le boiteux » (1336-1405) : guerrier turco-mongol du XIVe siècle, conquérant d'une grande partie de l'Asie Centrale et de l'Ouest. Il fonda l'Empire et la dynastie des Timourides qui survécut jusqu'en 1857. Son prénom, Timur, signifie « fer » en turco-mongol (cf. le mongol tömör et le turc demir).