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LE PRENOM (français)

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LE PRÉNOM 

(τό προωνύμιον) 

(l’action se déroule à Constantinople)

 

I.

 

Naissance

 

Cubiculaire,

Approche, mon fidèle serviteur,

Verse le lechodzema dans ces verres d’or !

 

Buvons à l’enfant dont l’âme,

Ayant traversé tous les cercles solennels

Du ciel et les labyrinthes du destin,

Sourit à présent à la vie !

 

Buvons, dis-je,

A son avenir,

A la lumière erratique

Qui guide les pas de chaque homme !

 

Buvons,

A la perfection limpide, à la grâce méditée

Des âmes sans tache,

A leur façon limpide et nette,

Pleine de pudeur et de retenue

De contempler l’invisible !

 

Approche, Poète aimé,

Trace de mots élogieux

Les littorales des vies humaines,

Les courbes fuyantes de nos jours !

 

Ô poésie,

Toi qui es un chemin intérieur

Qui va du sang du cœur

Au sang des mots !

 

Fais-moi traiter

Les passions quotidiennes

Comme les Grecs chantaient

Avec simplicité

Et noblesse antique

Le destin de leurs grands héros !

 

II.

 

Baptême

 

Et toi, patriarche,

Vicaire du Ciel,

Calice vivant du Seigneur,

Fais que mon fils reçoive

De l’eau vivante du Christ

Les marques d’une dignité incomparable !

 

Allumez tous ces cierges,

Faites-les brûler à la gloire de Notre Mère Céleste

La Panagia Athéniotissa,

La Très Sainte Vierge Athénienne.

 

Avez-vous gravé un prénom

Dans la chair de chaque flamme ?

 

Et vous, saints moines,

Chantez à présent la gloire

Du Christ Cosmocrator

Alors que nous attendons que la cire se consume, 

Que la dernière tige

Sentant le labeur des abeilles s’éteigne !

Oui, attendons la volonté

De la Divine Providence !

 

Enfin tous les cierges se sont tus !

Seul flamboie encore celui

Qui porte le prénom Constantin !

 

Ô prénom noble parmi les prénoms,

Ô neige blanche de la joie

Dans mon cœur !

 

Jour, beau comme les églises

Impériales de Constantinople,

Ô jour, 

Comme le destin est impitoyablement précis !

 

Ô mon cœur,

Plein de tremblements,

De fissures et de précipices 

Devant le triple mystère du baptême

Par immersion !

 

A présent, rentrons au palais,

Jetons des pièces d’or et d’argent

Au peuple qui accueille, joyeux,

La jeune pousse des basileus de Byzance !

 

Crions avec la foule

Des fidèles :

   

« Tu est baptisé dans le Christ,

Gloire à Dieu,

Tu es baptisé dans le Christ !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, ce lundi 29 juin, Anno Domini MMIX

Pour choisir le prénom de leurs enfants, les Byzantins allumaient plusieurs cierges portant chacun un prénom inscrit. Le dernier à s’éteindre donnait le prénom de l’enfant. La famille revenait après le baptême en jetant des pièces de monnaie dans les rues en criant : « Tu es baptisé dans le Christ » !

Glose :

Cubiculaire (n.m.) : du latin classique cubicularius, «  valet de chambre », lui-même de cubiculum, « chambre à coucher ». Agent de service privé de la maison de l’empereur ou celle de l’impératrice à Byzance.

Lechodzema (n.m.) : du grec lechodzema, mot composé de lexô/λεχώ, « femme qui accouche » et de  dzema /ζέμα, « décoction », « vin de l’accouchée ». Depuis l'Antiquité, l'homme a attribué au vin de nombreuses vertus. Le vin de l’accouchée avait pour fonction de calmer la douleur de la femme qui venait de donner naissance à un enfant et de fortifier son corps affaibli.

L’eau vivante du Christ : l’eau bénite du baptême. Le baptême (du verbe grec baptizein, fréquentatif du verbe baptein, « plonger dans un liquide ») est un rite ou un sacrement marquant l'entrée d'une personne dans une Eglise chrétienne. C'est la cérémonie par laquelle on témoigne être chrétien. Purifiés dans l’eau, les nouveaux chrétiens sont plongés dans la vie du Christ ressuscité. L'ondoiement est une cérémonie simplifiée du baptême utilisée en cas de risque imminent de décès (mention d'enfant ondoyé dans les anciens registres paroissiaux) et qui se limite à verser de l’eau sur la tête de la personne en prononçant les paroles sacramentelles : « Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ».

Pour tout chrétien, la référence est le baptême de Jésus par Jean-Baptiste dans le Jourdain, décrit dans l’évangile selon Matthieu (III, 13-17) :

 « Alors Jésus vint de la Galilée au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui. Mais Jean s'y opposait, en disant : C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et tu viens à moi ! Jésus lui répondit : Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Jean ne lui résista plus. Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. »

« On ne naît pas chrétien, on le devient » affirmait le grand Tertullien, un des Pères de l’Eglise, dans son Apologie du Christianisme, chapitre 18. Du fait qu'il apparaît explicitement dans le Nouveau Testament, le baptême est un sacrement commun à toutes les Églises chrétiennes. C'est aussi, pour celles qui le reconnaissent comme tel, un sacrement partagé : ainsi, un baptisé dans la foi orthodoxe qui se convertit au catholicisme n'a pas à se faire rebaptiser, et vice-versa.

Le baptême peut être pratiqué sur de jeunes enfants ou sur des adultes, selon les époques ou les Églises.