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LE PHILOSOPHE APOSTAT (français / anglais)

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LE PHILOSOPHE APOSTAT

« sed quis custodiat ipsos custodes ? »

(« mais qui garde ces gardiens ? »)

         Juvénal, 

 

Il a chanté Mao, Guevara, Marx, Lénine,

Les livres sotadiques, les crimes des communistes,

Aujourd’hui il vante l’empire capitaliste

Les plus-values féroces des banques capitolines.

 

Toi, vilain flatteur, caméléon fétide

J’abhorre les impostures de tes libelles putrides.

 

            Athanase Vantchev de Thracy

 

J’ai écrit ce pasquil contre ces faux philosophes français que le lecteur averti reconnaîtra facilement.

Glose :

Apostat, apostate (adj.) : celui qui a renié sa foi chrétienne. Renégat, infidèle.

Juvénal (Decimus Iunius Iuvenalis : 45/65 – 128 ap. J.-C.) : poète satirique latin. Il est l’auteur de seize satires. On connaît peu de choses de sa vie. Si l’on croit ses dires, il commence sa carrière comme professeur d’éloquence, métier dont il paraît avoir vécu assez convenablement, car il semble qu’il ait acheté une petite ferme sur Tibur (actuelle Tivoli). Une grande amitié le liait à Martial, l’auteur des Epigrammes. Il semble qu’il ait visité l’Egypte, alors qu’il était octogénaire. D’aucuns font même de ce voyage un exil assorti d’une vague mission militaire, résultat de la disgrâce impérial d’Hadrien.

Sotadique (adj.) : terme qui doit son existence au poète grec Sotadès / Σωτάδης (IIIe siècle av. J.-C.), originaire de Maronée. Il est célèbre pour ses kinaïdoï, poèmes satiriques obscènes, pour les premiers palindromes connus, et pour le mètre sotadique. Il vécut à Alexandrie sous le règne de Ptolémée II Philadelphe qui ordonna sa mise à mort. Palindtrome (n.m.) : du grec palin, « à nouveau » et dromos, « course » est un texte dont la succession des lettres est la même quand on la parcourt de gauche à droite ou de droite à gauche. Un palindrome peut se composer d'un seul mot, comme « ressasser » ; ce peut être une courte phrase, comme « engage le jeu que je le gagne » ou un texte plus long.  On peut distinguer les palindromes possédant un nombre pair de lettres, dans lesquels l'axe de symétrie passe entre deux exemplaires de la même lettre (élu par cette crapule), des palindromes à nombre impair de lettres, dont une lettre occupe le centre (Ésope reste ici et se repose).

Capitolin, capitoline (adj.) : première résidence du premier des dieux romains, le temple de Jupiter Capitolin situé sur le sommet du Capitolin, colline sur laquelle, selon la mythologie, Romulus, après avoir tué son frère Remus, décida de bâtir Rome.  Symbole du pouvoir.

Fétide (adj.) : qui a une odeur répugnante et nauséabonde.

Libelle (n.m.) : un libelle est depuis l’Antiquité un terme de droit canon et romain qui désigne soit un mémoire remis au magistrat, soit de façon plus générale toute pièce écrite. Elle se décline en différents actes ou pièces, comme le « libelle d’exploit », le « libelle de divorce », le « libelle de proclamation », le « libelle d’accusation » ou encore le « libelle d'anathème ». On disait aussi bien « libeller » pour dire rédiger toute espèce de jugements, de sentences.

Ensuite, à l'époque moderne, le terme prit un sens plus restreint pour désigner « un livre, écrit, ou chanson, soit imprimé ou manuscrit, fait et répandu dans le public dans le but d'attaquer l'honneur et la réputation de quelqu'un ».[] Ainsi, à partir du XVIe siècle, le libelle devint un genre littéraire que l'on qualifie parfois de libelle diffamatoire, infâme, injurieux, scandaleux ou clandestin pour le distinguer de son acception première.

Putride (adj.) : qui est en état de putréfaction, pourri.

 

ENGLISH :

The Apostate Philosopher

'...but who will guard the guardians?'

        Juvenal

 

He's sung the praises of all of these: Mao, Che, Marx, Lenin,

Sotades's poems and Communist crimes:

today he's doing PR for the Capitalist empire,

the vicious surplus value of the Capitoline banks.

 

You, evil flatterer, stinking turncoat,

I hate every putrid word you've ever written: lies, lies, all lies!

 

Note : I wrote this pasquin in opposition to certain phony French philosophers whom the clued-up reader should immediately recognise.

translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

April 2008