Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

LE PETIT MERLE DE MON JARDIN (français / espagnol)

PDF
Imprimer
Envoyer

LE PETIT MERLE DE MON JARDIN

 Il vient tous les matins, très tôt, sous ma fenêtre. Je connais sa voix délicate, menue, déliée. Contente, cette voix enchanteresse s’élance fine et fluette des buissons encore verts. J’aime les mouvements brusques, précipités, inattendus de sa frêle tête. J’observe avec une joie d’enfant ses regards toujours étonnés, perçants, curieux, dont la perpétuelle inquiétude semble vivre et palpiter dans le noir silence de chacune des plumes qui recouvrent son tendre corps. 

Comme il m’est cher ce petit corps, si peu de chose devant l’immensité du jour qui se lève et en même égal à l’être entier de l’univers. Cette tendre âme visible, concrète, là, toute en frissons, toute attention, toute égarée dans la frileuse lumière naissante de ce jour d’automne. Je sens les battements invisibles de ce minuscule cœur si craintif et audacieux, si lourd et léger.

Le petit merle. La beauté n’est nullement dans le mot qui le nomme, lui, l’insignifiant oiseau, mais dans cet exquis sentiment d’amour avec lequel je le prononce. Ce petit merle est le monde. Il est tous les merles, toute la lumière, tout le ciel, tous les buissons. Il est moi devenu regard de tendresse et d’admiration. Oui, il est tous les merles qui, depuis mon enfance, ont chanté en moi, ont fasciné mes yeux, ont rendu plus amicale la main du matin sur mon épaule. Il est la totalité inépuisable de la vie, aussi pleine, aussi magnifique  et importante que Dieu lui-même. Il est la fraîche, l’innocente expression de ma joie.

Toutes mes pensées accompagnent le petit bec de mon ami matinal qui cueille, écoutant anxieusement le bruissement des secondes, les dernières graines mûres de la vigne vierge en train de perdre ses feuilles d’or rouge, dévoilant lentement la grise nudité du haut mur en face. Un horizon hier encore vert, superbement vivant, infiniment beau. Un univers intime qui change peu à peu de substance. Chaque feuille qui tombe est comme une note de musique qui subitement se tait et donne à la mélodie du temps une nouvelle sonorité. Le temps, subtilement entré dans cette voix pour cesser un instant plus tard d’être.

Comme j’aime toute cette simplicité de l’instant qui me permet d’être en liaison permanente avec tout. Cette voix de l’aube pénétrante qui s’avance à pas de fée dans l’odeur humide de l’automne.

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 7 décembre 2009

ESPAGNOL :

EL PEQUEÑO MIRLO DE MI JARDIN

Viene cada mañana, muy temprano, bajo mi ventana. Conozco su voz delicada,
menuda y fina. Contenta, esta voz encantadora conquista finos y delgados
matorrales aun verdes. Me gustan los movimientos bruscos, precipitados e inesperados de su endeble cabeza. Observo con la alegría de un niño sus miradas siempre asombradas, horadantes y curiosas, de las que la inquietud perpetua parece vivir y palpitar en el negro silencio de cada una de las plumas que recubren su tierno cuerpo.

Así como me es querido este pequeño cuerpo, tan poca cosa delante de la inmensidad del día que se levanta y hasta igual al ser entero del universo. Esta alma tierna y visible, concreta, allí, toda en escalofríos, toda atención, totalmente extraviada en una friolenta luz naciente de este día de otoño. Siento los latidos invisibles de este corazón minúsculo tan temeroso y audaz, tan pesado y ligero.

El pequeño mirlo. La belleza no es de ninguna manera en la palabra que lo nombra, él, ave insignificante , pero en este exquisito sentimiento de amor con cual lo pronuncio. Este pequeño mirlo es el mundo. Todos los mirlos, toda la luz, todo el cielo, todos los matorrales. Mi mirada se hizo de ternura y de admiración. Sí, hay mirlos que, desde mi infancia, cantaron en mí, fascinando mis ojos, hicieron más amistosa la mano de la mañana sobre mi hombro. Es la totalidad inagotable de la vida, tan plena, tan magnífica e importante como Dios mismo. Es la frescura, la expresión inocente de mi alegría.

Todos mis pensamientos acompañan el pequeño pico de mi amigo matutino que recoge, ansiosamente escuchando el rumor de los segundos, las últimas semillas maduras de la viña virgen en tren de perder sus hojas de oro rojo, lentamente descubriendo la gris desnudez de la alta pared de enfrente. Un horizonte ayer aun verde, magníficamente vivo, infinitamente bello. Un universo íntimo que cambia poco a poco de sustancia. Cada hoja que cae es como una nota musical que súbitamente se calla y da a la melodía del tiempo una nueva sonoridad. El tiempo, sutilmente entró en esta voz para dejar un instante de ser.

Así como me gusta toda esta sencillez del instante que me permite estar en enlace permanente con todo. Esta voz del alba penetrante que se adelanta a paso de hada en el olor húmedo del otoño.

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, 7 de diciembre de 2009

Traduit en espagnol par Janice Montouliu (Uruguay)