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LE FLUX HEURTÉ DES PENSÉES (français)

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LE FLUX HEURTÉ DES PENSÉES

”Come we to the summer, to the summer we will come,
For the woods are full of bluebells and the hedges full of bloom…”

(“Nous viendrons l’été, l’été nous viendrons,
Car les bois sont pleins de campanules
Et les haies recouvertes de fleurs …"

            John Clare,

            Summer

 

Le flux imprévisible,

L’écoulement taciturne des pensées,

Cette divine solitude de la poésie

Et l’impalpable gravité du bonheur !

 

Je reste immobile et respire

Comme si je lisais un livre à haute voix,

Les yeux fermés

Sur un silence d’herbe et de feuilles.

 

La vérité que je cherche ?

Comme il est vain le luxe des mots

Au cœur qui entend la musique de l’âme.

 

Les arbres la connaissent peut-être,

Eux,  qui déploient, heureux,

Les lumineux évangiles de leurs floraisons !

 

Leur vérité et la mienne se touchent-elles ?

Le regard qui scrute l’énigme du ciel,

Fait-il pont ?

 

Non, ce n’est pas la naïve innocence

Que chante le doux va-et-vient du sang !

Non,

Il exalte l’infini désir d’aimer

Et d’être aimé !

 

Aube irrésistible des strophes

Sur les lèvres du monde!

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Glose:

John Clare (1793-1864) : poète anglais, fils d’un misérable  et presque analphabète ouvrier agricole. On le surnomma « le poète paysan du Northamptonshire. Son enfance se passe dans les champs et les bois, à garder les oies et les moutons, ne suivant l'école que pendant les mois d'hiver. Dès l'âge de douze ans il doit gagner sa vie. Il fait toutes sortes de métiers : ouvrier agricole, gardien, vacher. Il s'engage même quelques mois dans l'armée. Chaque fois qu'il a quelques sous, il achète des livres, et le travail qu'il préfère est celui des champs, parce qu'il lui laisse l'esprit libre pour composer des vers qu'il note à la hâte.

Il publie en 1820 son premier recueil : Poèmes descriptifs des paysages et de la vie rurale (Poems Descriptive of Rural Life and Scenery). Du jour au lendemain, c'est le succès et la célébrité. Des admirateurs se précipitent. Lui-même se rend pour la première fois à Londres, où il est accueilli dans les milieux littéraires. Lord Rastock lui offre sa protection et un revenu annuel. Il publie son second livre l'année suivante : Le Chantre du village (The Village Minstrel, 1821). Il est considéré aujourd’hui comme un des plus importants poètes du XIXe siècle.