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LE CINEDE DE MIKONOS (français)

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LE CINEDE DE MIKONOS

 

Viens, suis-moi, âme effrontée,

Corps sculpté dans le marbre pur de Paphos !

 

Je te veux nu ! Nu comme la mer,

Ondoyant sous l’incendie de mes doigts virils

Comme l’onde crépusculaire

Sous les derniers rayons de Phébus.

 

Ôte de ta peau parfumée à outrance

La tunique en soie de Lydie,

Ouvre large tes yeux où dort, pantelante,

Toute la volupté la chair phrygienne !

 

Toi, pudeur dévergondée,

Cœur de diamant à la clarté molle ;

Tendre timidité effrontée !

 

Ouvre tes bras tissés d’ombres liquides,

Ta bouche de violette où coule, hardi,

Le ruisseau de la suavité impudente !

 

Déverse sur moi le miel de tes baisers éhontés,

Fais fondre la cire de mes membres

Sous la canicule de tes caresses licencieuses !

Brûle mes lèvres des flammes de ta chaleur froide !

 

Toi, bourgeon infâme, esprit lubrique,

Désir jamais assouvi, enfant de l’amoureuse arrogance !

 

Laisse-moi t’aimer grâce frivole,

Bonté obscène, impétuosité oisive,

Mon fol éphèbe plein de venin et de miséricorde !

 

Couche toi près de moi, débauche vertueuse,

Corps de narcisse, délice amer !

 

Et que la terre et le ciel défaillent

Sous la tempête de notre fureur indomptable !

 

Toi,

La grande vérité

Des nuits somptueuses

Que craint et appelle à soi

Ma ténébreuse solitude !

 

            Athanase Vantchev de Thracy