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LE BACCHUS DE LA VILLA DEL BABUINO (français)

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LE BACCHUS DE LA VILLA DEL BABUINO

A Antoine de Laubespin

« Il faut dormir, tout dort » 

            Paul Claudel

 

Statue de dieu, silence ! Son coeur est endormi

Dans les replis du bronze à l’élégance extrême,

Finies les bacchanales, il veut dans mon poème

Fuir les rudes ménades,  les pampres, les orgies !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 8 mai 2006

Glose :

Bacchus (Dionysos) de la villa de Babuino : statuette, bronze, hauteur 0,785 m, collection Dutuit. Musée du Petit Palais, Paris. Trouvée à Rome, dans la rue même où était domicilié Auguste Dutuit, la statuette appartint au comte d’Épinay, puis figura dans la collection Hoffmann avant d’être acquise par les Dutuit. De dimensions imposantes, d’une qualité d’exécution remarquable, ce Bacchus juvénile est une parfaite illustration du goût de la société julio-claudienne (Ier siècle de l’ère du Christ) pour les oeuvres marquées par l’influence des grands artistes de la Grèce classique, ici Praxitèle. Lors de son entrée dans la collection Dutuit, le Bacchus de la via del Babuino - comme cela arrive le plus souvent - ne reposait plus sur son socle antique. Celui-ci était conservé au Metropolitan Museum de New York. Au terme d’un échange intervenu en 1965, le Bacchus a été replacé sur son socle. On retrouve le même souci du détail dans l’un et l’autre : les yeux de la statuette ont conservé leurs incrustations d’argent, les lèvres et les pointes des seins leur placage de cuivre rouge. Le pourtour du socle est décoré de branches d’olivier dont la tige et les fruits niellés contrastent avec le brillant des feuilles d’argent.

Ménade (n.f.) : du latin maenas, maenadis, lui-même du grec mainas, mainadis (μαινάς, μαινάδις). Prêtresse de Cybèle. Prêtresse de Priape. Prophétesse (épithète de Cassandre). Elles sont désignées également sous le nom de Thyades (inspirées) ou de Bacchantes (les femmes de Bacchus). Les Ménades composaient le cortège de Bacchus (Dionysos). En état d’ivresse, elles célébraient son culte en chantant, en dansant et en jouant des instruments de musique, dans la montagne. Vêtues de peaux de faon ou de panthère, elles tenaient le thyrse (bâton surmonté d'une pomme de pin) à la main. Elles étaient souvent représentées couronnées de lierre, de feuilles de chêne ou de sapin, brandissant parfois des torches, des serpents et des grappes de raisin. Impolies de nature, les Thyades étaient dotées d'une grande force physique qui les rendait capables de déchirer les bêtes sauvages avant de les dévorer. Les Ménades d'Asie accompagnèrent Dionysos durant sa marche triomphale de Lydie jusqu'en Grèce. Les femmes grecques se joignirent au cortège, malgré le dégoût de leurs maris. Penthée de Thèbes fut tué pour avoir espionné les Ménades. Penthée (Πενθεύς, de pénthos (πένθος) «douleur, chagrin »), fils d'Échion et d'Agavé (fille de Cadmos), était roi de Thèbes. Successeur de Cadmos sur le trône de Thèbes, il s'opposa à l'introduction du culte dionysiaque dans son royaume. Alors qu'il était caché dans un arbre du mont Cithéron pour épier la bacchanale, il fut découvert et mis en pièce par les ménades, à la tête desquelles figurait sa propre mère et ses deux tantes, Ino et Autonoé.

Pampre (n.m.) : du latin pampinus. Branche de vigne avec ses feuilles et ses grappes. Les pampres et les sarments. Le raisin, la vigne. Tonnelle couverte d’une vigne grimpante. Ornement représentant un rameau de vigne avec ses feuilles et ses fruits.

Orgie (n.f.) : du latin orgia. Fêtes solennelles en l’honneur de Dionysos à Athènes, de Bacchus à Rome : bacchanale. Chants et danses des Bacchantes. Partie de débauche, où les excès de table, de boisson, s’accompagnaient de plaisirs grossièrement licencieux. Repas long et bruyant, copieux et arrosé à l’excès : beuverie, ripaille, soûlographie (familier). Saoul, e (adj.), saouler (verbe) ou soûl, e (adj.), soûler (verbe).