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L'ALLEGORIE DE LA FOI (français)

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L’ALLEGORIE DE LA FOI

A Giuseppe Cesare, dit  Chevalier d’Arpin

« Maintenant  demeurent ces trois vertus :

la Foi, l’Espérance et la Charité, mais la plus grande est la Charité »

 

            Saint Paul.

            Epître aux I Corinthiens, 13-13

 

Viens, ô vie, et frappe contre le chaud velours

Du rêve où l’existence se déprend de soi,

Révèle au coeur fermé l’encor de la Foi,

La joie des signes sonores à la décrue du jour.

 

Remets dans la blancheur les rites de la prière

Que seuls à la naissance connaissent les séraphins,

Et rends le bleu profond au douloureux satin

De la tunique qui coule en flot de lumière.

 

Et toi, ô main ravie, retiens dans l’ambre d’or

Du corps extasié les insondables mots

D’Ignace de Loyola et les emblèmes centraux

 

De l’immortel Ripa ! …Foi, éclaire mon sort

Pour que le Christ Céleste, Calice offert au Globe,

Soit le chant suprême du sang changé en Aube !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Glose :

L’Allégorie de la Foi : tableau peint entre 1671 et 1674. Huile sur toile, 114,3 x 88,9 cm, New-York, The Metropolitan Museum of Art.

Saint Ignace de Loyola ou Iñigo de Recalde de Loyola (Azpeitia, Pays basque espagnol 1491 – Rome 1556) : né dans une illustre famille basque, il passa quelques années comme page à la cour, puis rejoignit l’armée et fut grièvement blessé pendant le siège de Pampelune (1521). Guéri, il voulut se mettre au service de l’Eglise. Il se prépara par une retraite à Montserrat et à Manresa, où il écrivit ses célèbres Exercices spirituels. A Paris, où il étudia de 1528 à 1534, il rassembla quelques compagnons qui firent leurs premiers vœux à l’église de Montmartre (le 15 août 1534). Parmi eux figurent : Pierre Favre, François Xavier, Diego Laínez, Alfonso Salmeròn, Nicolás de Bobadilla, Simòn Rodriguez. L’objectif d’Ignace était de travailler pour la plus grande gloire de Dieu sous l’obédience du pape.  En 1537, il appela son petit groupe la Compagnie de Jésus (ordre approuvé par le pape en 1540). En 1541, tous les membres de la Compagnie firent leur grande profession à l’église Saint-Paul-hors-les-murs à Rome. Elu premier général, Ignace gouverna jusqu’à sa mort le jeune ordre, qui se développa bientôt en véritable armée répandue dans le monde entier. Ignace fut canonisé en 1622. Fête : le 31 juillet.

Cesare Ripa (Pérouse 1555/60 – Rome 1625) : éminent érudit italien. Il vécut à Rome dans l’entourage du cardinal Salviani. A la mort de son protecteur en 1602, il entra au service du cardinal Grégoire Petrochini, évêque de Palestrina. En 1593, Ripa publia son ouvrage fondamental  Iconologia ovvero descrittione dell’Imagini universali cavate dall’antichità et da altri luoghi (Iconologie). Du XVIe au XIXe siècle, le terme iconologie désignera la "science des images " qui fournit les règles pour la représentation figurée des idées abstraites et morales. En 1603, l’œuvre fut réimprimée à Rome dans une édition illustrée de 150 bois gravés. Le livre fut réédité plusieurs fois et augmenté jusqu’à comprendre cinq volumes. L'Iconologie est un recueil de figures allégoriques - représentation des vertus et des vices caractérisées par leurs attributs. L’édition originale comportait environ 600 allégories auxquelles plusieurs centaines ont été ajoutées dans les nombreuses rééditions - huit en Italie, cinq en France, cinq aux Pays-Bas pour le seul XVIIe siècle. La première traduction française, publiée par Jean Baudoin en 1636 et 1643, constitua selon l’historien d’art français Emile Mâle (1862-1954) " un événement capital de l'histoire culturelle du XVIIe siècle ". L'Iconologie fut en effet une véritable bible guidant les artistes du XVIIe et du XVIIIe siècles dans leurs créations. Pour cette raison, elle est indispensable à la compréhension des représentations symboliques de la peinture, la sculpture et l'ensemble des arts graphiques de cette époque. Le peintre italien Giuseppe Cesare dit Chevalier d’Arpin (1560-1640) illustra plusieurs des allégories de Ripa. Le grand Michelangelo Merisi dit Le Caravage (1571-1610) travailla un certain temps sous sa protection.