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LA VIEILLE PAYSANNE BULGARE (bulgare)

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LA VIEILLE PAYSANNE BULGARE

 

« Sancti et justi, in Domio gaudete, alleluia.
Vos elegit Deus in haeritatem sibi, alleluia »

(« Saints et justes, réjouissez-vous dans le Seigneur, alleluia,
Dieu vous a choisis pour son héritage, alleluia »)

            Hymne aux martyrs 

 

Là voilà, la vieille paysanne bulgare,

Robe noire,

Coiffe noire,

Tablier noir,

Bas et chaussures noirs.

 

Elle porte sur ses épaules robustes

Toute la tendresse du magnifique matin thrace,

Tous les rayons du soleil qui se disputent

La vérité de son immense amour.

 

Elle marche d’un pas décidé vers son champ,

Sa joie est simple comme les herbes folles

Qui frôlent son corps sec,

Paisible comme la plaine où coule,

Profonde et tranquille le fleuve millénaire :

 

Tomates, poivrons, choux, pastèques, melons,

Deux antiques noyers, quelques pieds de vignes,

Trois vieux pêchers et un jeune poirier

Lui suffisent pour aimer Dieu !

 

Séduits par sa bonté,

Mille insectes tournoient autour d’elle

Dans une danse effrénée,

Attirée par la quiétude de ses yeux,

La jeune lumière remplit d’or

Les silencieux sillons de sa face ouverte !

 

Enfin, elle est là,

Au cœur de son paradis

Aux centaines de parfums envoûtants !

 

Lentement elle se met à genoux,

Remercie le Seigneur,

Trace le signe de la croix sur sa poitrine frissonnante,

Recommande avec ardeur son âme à la très sainte Vierge,

Verse quelques larmes pour ses morts !

 

Le devoir envers le ciel accompli, les défunts honorés,

Elle se met à caresser d’une main amoureuse

Les tendres couleurs

Apparus la nuit sur les fruits !

 

Et son corps vibre à l’unisson de sa gratitude,

Son cœur chante et éprouve un plaisir égal

A celui de Platon, tenant dans ses main les textes

De ses dialogues.

 

La même ferveur illumine ses yeux, la ferveur

Qui faisait pleurer d’extase le jeune Keats

Serrant contre ses lèvres un sonnet éthéré !

 

Âme,

Le pur, le gracile, le délicat

Vivent de la même façon

Dans toutes les âmes humbles et laborieuses !

 

Comme les atomes turbulents,

L’essence divine imprime son mouvement harmonieux

A l’ensemble des galaxies innombrables!

 

Paris, le 30 juin 2008