Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

LA VERITE (français)

PDF
Imprimer
Envoyer

 

 

 

LA VERITE

« Tâchons que rien ne nous empêche de consulter l’un et l’autre notre maître commun, la Raison universelle ; car c’est la Vérité intérieure qui doit présider à nos entretiens. C’est elle qui doit me dicter ce que je dois vous dire ».

                        Nicolas Malebranche (1638-1715), Entretiens sur la Métaphysique

« Dieu donc est la vérité, d’elle-même toujours présente à tous les esprits, et la vraie source de l’intelligence ».         

                        Jacques Bénigne Bossuet (1627-1704), Connaissance de Dieu et de soi-même

« Je suis la voie, la vérité et la vie »

                        Saint Jean, Evangile, XIV, 6

 

Et l’ici et l’ailleurs, tout est mû par l’Amour,

Les mots, les vers, l’espace, la matière, l’essence,

L’éclair subit du chant, le cri de l’évidence

Et l’aire inexprimable du cercle sans contour.

 

Ami, la Vérité n’est pas un ordre pur

Qu’intime à l’âme émue un dieu évanescent !

C’est le baiser de l’aube sur les gerçures du temps

Et la caresse éparse d’un ange sur nos blessures.

 

C’est toute l’humilité des doigts flamboyants

Qui librement soignent la paupière brûlée,

L’opacité d’une larme, la vaste totalité

 

D’une victoire extrême sur l’être du néant !

C’est l’hellébore ailé qui fait frémir la neige

Sous les rochers obscurs sertis de sortilèges !                            

            Athanase Vantchev de Thracy

Boulouris, août 2003 

Glose :

Hellébore ou ellébore (n.m.) : du grec helleboros. Plante herbacée (renonculacées), vivace, dont la racine a des propriétés purgatives et vermifuges, qui passait autrefois pour guérir la folie. Dans l’Antiquité : plante provenant d’Antikyra en Phocide et employé comme remède contre la folie. On trouve dans la pièce du grand auteur comique grec, Aristophane (vers 450 – vers 386 av. J.-C.), Vespae (les Guêpes), cette belle expression : pith’elléborov, « bois l’ellébore, c’est-à-dire tu es fou. Le mot « ellébore » en grec ancien avait également une autre signification : « collier en or pour les femmes ».  Ellébore fétide ou pied de griffon. Ellébore noire ou rose de Noël, espèce ornementale. Ellébore blanc, vératre (émétique et purgatif) du latin veratrum, « hellébore ». Avoir besoin de deux (six, quelques) grains d’ellébore : être fou. Le mot grec pour guêpe est sphêks, sphekos. Phocide (n.f.) : en grec Phokis ou Phokida. Région de l’ancienne Grèce limitée par le golfe de Corinthe, la Béotie, l’Etolie et la Locride. Les massifs du Parnasse et du Kiona dominent la plaine côtière d’Amphissa. Amphissa est la capitale de l’actuel nome (département) de Phocide. Le sanctuaire apollinien de Delphes, disputé aux Phocidiens par les Béotiens et les Thessaliens, fut l’enjeu de nombreuses guerres sacrées.

Sortilège (n.m.) : du latin sortilegus, lui-même de sors, « sort » et du verbe lego, « lire », « qui lit le sort », « devin ». Artifice de sorcier : charme, incantation, sort. Sortilège malfaisant : maléfice. Soumettre par un sortilège : ensorceler. Action, influence qui semblent magiques. Les Grecs nommaient le sortilège ê baskania. Ce mot comportait plusieurs significations : fascination, ensorcellement, envie, jalousie, esprit de dénigrement, méchanceté. Le baskinion que beaucoup de Grecs portaient à leur cou était un préservatif, une amulette contre les sortilèges.