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LA TCHERKESSIE (français)

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LA TCHERKESSIE

A Ali Andris Hutsieev

 

« Si l'orant s'approche de moi d'une main,

je m'approcherai de lui d'une coudée,

s'il s'approche d'un bras entier,

s'il marche vers moi, je courrai vers lui en exauçant ses voeux. »

 

Al-Ghazâlî,

Livre des Prières

 

 

Ici est ma patrie !

Ici, mes dieux !

Ici, les tombes des miens !

 

Elbrouz enveloppe de neiges vertes

Mon sommeil,

Rend plus léger au crépuscule

Le chant fiévreux des grillons.

 

En chacune de ces nuits azuréennes,

Je me débats, veille,

Respire le parfum

De mon pays !

 

Solitude,

Je reviens à toi

Pour remplir mes mains

De la lumière de ma patrie !

 

Je prends

Sur mon cœur essoufflé sa clarté,

J’accueille sa pluie pourpre,

La fraîcheur pensive

De ses vallées généreuses.

 

Mon cœur !

Il connaît

Tous les précipices du langage,

Toutes les choses

Qui deviendront,

Sculptées par la douleur,

Des poèmes !

 

L’aimer,

Un seul jour,

Tout un siècle,

Au-delà de l’éternité !

 

Plaies, amertume,

Sang, chaleur, poussière,

Nostalgie !

 

Ah, mes morts,

Mes héros endormis

Sur les pages du temps versatile,

Vous vivez dans mes cils,

Vous mouillez mes paupières

La nuit,

Vous changez chaque cellule de mon corps

En lettres d’alphabets adamantins !

 

Âme,

Que faire de la gravité du chagrin,

De la  pesanteur fatiguée

De la vérité et du monde ?

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Je dédie mon poème au jeune Tcherkesse Ali Andris Hutsieev qui, vivant en France, garde un amour profond pour sa patrie, la Tcherkessie.

 

Glose :

 

République des Karatchaïs-Tcherkesses, république de la fédération de Russie, située dans le sud-ouest du pays. Sa capitale est Tcherkessk (120 000 habitant environ). Située au cœur de la région du Caucase, la république des Karatchaïs-Tcherkesses se trouve à la frontière géorgienne, entre le territoire de Krasnodar au nord-ouest, le territoire de Stavropol au nord et la république de Kabardino-Balkarie à l’est. Elle s’étend sur le mont Elbrous à l’ouest et les piémonts du Caucase à l’est. Les hautes plaines et les larges étendues entrecoupées de vallées et de gorges dans la partie montagneuse du Caucase offrent des paysages d’une beauté spectaculaire.

 

La république des Karatchaïs-Tcherkesses est administrativement divisée en huit districts. La population compte 42% de Russes, 31% de Karatchaïs et 10% de Tcherkesses. Les langues principales sont le karatchaï, le tcherkesse et le russe. La population est en majeure partie islamique ou orthodoxe.

 

L’économie de la république des Karatchaïs-Tcherkesses repose essentiellement sur l’élevage (Elbrous), la polyculture (piémonts du Caucase) et les industries pétrochimique, mécanique et alimentaire. Elle possède également quelques sites touristiques notamment la station de Donbaï située sur le mont Elbrous.

Les Tcherkesses font partie des peuples du Caucase tardivement islamisés (XVIe siècle) contrairement aux Karatchaïs qui le sont dès le XIe siècle. La région des Karatchaïs-Tcherkesses est créée en 1922 pour les Tcherkesses et les peuples turcs du Karatchaï. Elle est dissoute en 1926, pour la création de deux régions autonomes séparées : le Karatchaï et la Tcherkessie. En 1944, Staline accuse les Karatchaïs de collaboration avec les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale et les fait déporter en Asie centrale. Leur région autonome est alors dissoute et une partie de leur territoire est intégrée à la république de Géorgie. Ils sont réhabilités en 1957 et leur territoire intégré à la région autonome des Karatchaïs-Tcherkesses qui devient république indépendante au sein de la fédération de Russie en 1991.

 

Superficie : 14 100 km² ; population : 428 600 habitants envoron.

 

Le mont Elbrouz ou Elbrous est le point culminant de cette chaîne de montagnes. Avec ses 5 642 mètres, plus élevé que le mont Blanc (4 810 mètres), il est le plus haut sommet de l’Europe. Il est recouvert de nombreux glaciers et, même si l'ascension est techniquement facile et dispose de moyens mécaniques sur l'itinéraire principal, il reste difficile d'accès en raison de ses conditions climatiques rigoureuses et changeantes.

Le nom Elbrouz est une métathèse de Elbourz, terme issu de l’Avesta, textes sacrés des zoroastriens, qui désignaient une montagne légendaire sous le terme Harā Bərəzaitī signifiant « sentinelle élevée ». Zoroastre a vécu vers l’an 1000 av. J.-C. Après l’islamisation de la Perse, la montagne aurait pris le nom arabisé de Harborz puis Alborz, apparenté à Elbrouz. Il pourrait y avoir un lien entre le nom Elbrouz et la racine indo-européenne alba signifiant à la fois « montagne » et « blanc », que l'on retrouve dans Albanie et Alpes.

Les Anciens appelaient cette montagne Strobilus, « cône de pin » en latin, un emprunt du grec strobilos signifiant « objet tordu », un terme de biologie établi de longue date pour décrire la forme du volcan. Ils pensaient que Zeus y avait enchaîné Prométhée, le Titan qui avait volé le feu aux dieux pour l'offrir aux hommes. Aujourd'hui encore, la montagne porte différents noms suivant les régions : Jin-Padishah (Джин-падишах) en turc, déformation du perso-arabe, Albar ou Albors (Альбар, Альборс) en persan signifiant « grand », Ialbuzi ou Yalbuz (იალბუზი, Ялбуз) en géorgien signifiant « crinière de neige » ou encore Uashkhemakhue' (УIэщхэмахуэ) en adyrghéen signifiant « montagne de la joie ».

Abou Hamid Mohammed ibn Mohammed al-Ghazâlî (1058-1111) : penseur musulman d'origine persane. Personnage emblématique dans la culture musulmane, il représente le mysticisme le plus profond. Al-Ghazali eut une formation philosophique très poussée. Il écrivit un essai tentant de résumer la pensée des grands philosophes musulmans (Al-Kindi, Rhazès, Al-Farabi, Avicenne) Déçu dans sa recherche d'une vérité philosophique finale, il s'oriente vers un mysticisme refusant toute vérité aux philosophes et les accusant d'infidélité. Dans son ouvrage Tahafut al-Falasifa (L'incohérence des philosophes), il montre que les philosophes n'aboutissent qu'à des erreurs, condamnables car contredisant la Révélation. La critique vise principalement l’aristotélisme d’Avicenne. Il sera un siècle plus tard encore critiqué par Averroès.

Mis à jour ( Dimanche, 26 Mai 2013 09:45 )