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LA MER DE GANDIA (français)

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LA MER DE GANDIA

A Josep Piera 

« Il faut ainsi que chaque mot soit intelligible, et qu’il exprime une chose, non pas plusieurs, mais une chose et, si en fait il signifie plusieurs choses, on doit indiquer clairement à laquelle de ces choses s’applique le mot »

            Aristote,

            Métaphysique, Livre XI, 5

 

Cette mer voluptueuse, la neige des orangers,

Les vagues du ciel léger sur le saphir  du port,

Le rire des jeunes enfants brassant le sable d’or

Avec leurs mains fragiles et douces comme des baisers.

 

Et ce soleil voguant dans les regards hantés

Des amoureux au cœur rempli de barcarolles !

La brise enchâsse son âme dans l’âme de leurs paroles

Et fait frémir leur sang semé d’éternité !

 

Ô livre plénier du temps privé de temps,

Essences singulières des êtres qui sourient !

L’arôme des rues s’imprime en nous comme des écrits,

 

Comme des sentences divines d’un immortel présent !

Ô mer de Gandia, beauté dans la beauté,

Mémoire suprême, trésor, des vies démesurées.

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, ce vendredi 10 novembre 2006

Glose :

Josep Piera (Beniopa, la Safor, 1947 -) : un des plus brillants poètes et écrivains contemporains de langue valencienne. Homme de grande passion, travailleur infatigable, il est au cœur de nombreuses initiatives culturelles qui ont pour but de mettre en valeur le riche héritage spirituel de la Région de Valence. En 1979, il obtient le Grand Prix de Poésie Carles Riba pour son recueil El somriure de l’herba (Le sourire de l’herbe), ouvrage suivi de Bruticia (La Saleté, 1981), Maremar (La Mer maternelle, 1985), Dictats d’amors (Amoureuses dictées ( ?), 1991) et d’une anthologie de ses œuvres poétiques. 

Son premier roman, intitulé Rondalla del retorn (L’Histoire d’unretour, 1977) jouit d’un succès exceptionnel. L’œuvre explore avec une précision chirurgicale les recoins intimes de l’être humain d’aujourd’hui dans une langue d’une très grande beauté. Parmi ses nombreux livres on peut citer El cingle verd (La Falaise verte, 1982) qui lui vaut le Prix Josep Pla, Un bellissim cadàver barroc (Un très beau cadavre baroque, 1987) et le récit d’un séjour à Naples Ací s’acaba tot (Ainsi finit tout, 1993). Plus récemment, il a publié une biographie moderne de Ausiàs March, Jo sóc aquest que em dic Ausiàs March (Je suis celui que l’on appelle Ausiàs March, mars 2000), El temps felic (Le Temps heureux, 2001), un livre sur l’enfance et l’adolescence, Arran del precipici (Au bord du précipice, 2003), une nouvelle rédaction d’El cingle verd (La Falaise verte) où il inclut Estiu grec (L’Eté grec, 1985) et d’autres textes non publiés de cette époque.

Josep Piera a été vice-président d'AELC et directeur de la Maison d'Editions Tres i Quatre. Il vit actuellement dans La Drova, la vallée de son enfance. C’est un autre aspect de la riche et mouvementée existence de cet auteur mûr et expérimenté. AELC : sigle qui signifie Association des Ecrivains de Langue Catalane, organisme fondé le 31 octobre 1977.

Barcarolle (n.f.) : de l’italien barcarola, de  barcarolo, « gondolier », lui-même de barca, « barque ». Chanson des gondoliers vénitiens. Par extension, pièce de musique vocale ou instrumentale sur un rythme berceur à trois temps.