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LA MAIN QUI TEMBLE A PEINE (français)

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                                          Champs de blé en France

 

LA MAIN QUI TEMBLE A PEINE

 

« Cras vives ? hodie iam vivere, Postume, serum est :

Ille sapit quisquis, Postume, vixit heri. »

 

(« Tu veux vivre demain ? mais c’est déjà trop tard !

Avoir vécu hier, voilà la vraie sagesse. »)

 

            Martial

 

I.

 

La vigne fleurit, ô mon âme,

Et l’herbe argentée recouvre

Les élégants talus des champs verdoyants,

L’or de l’aube coule sur les grêles sentiers.

 

Le temps se promène,

Souple et vaporeux,

Parmi les sourires des glycines.

 

L’amicale fenêtre

Referme et ouvre  le monde

Sur le ruissellement de la vie,

Sur l’inépuisable,

L’éternelle genèse

Des heures et des mots !

 

II.

 

Voici venue la nuit !

Toi seul

A côté de la lampe accueillante,

Ton ombre fleurant le cinnamome

Bouge et fait chanter

L’innocente blancheur

Du mur taciturne !

 

III.

 

Doucement, comme dans un conte féerique,

De la clarté vacillante du silence

Surgit le corps du poème

Là,

Juste à côté

Du vase orné

De tulipes !

 

Et,

De nouveau,

Tu es seul avec toi-même,

Toi, fait pour toi-même !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 9 mai 2009

Glose :

Marcus Valerius Martialis ou Martial (40 – 104 ap. J.-C.) : poète latin originaire d’Hispanie, réputé pour ses Epigrammes. Martial naît le 1er mars 40 dans une petite ville de Tarraconaise, au nord de l’Hispanie, à Bilbilis, dans un milieu plutôt aisé. En 64, il quitte sa région pour Rome où il espère trouver la fortune par le biais d'une activité d'écrivain. Il s'installe dans le Subure,  un quartier populaire et de mauvaise réputation, situé au nord des Forums. Il cherche d'abord à s'adresser à la communauté ibérique, parmi laquelle il trouve Sénèque et Lucain, dont il devient client. C'est le début d'une vie de bohème, reposant entièrement sur le soutien de ses patrons, pratique assez courante à l'époque.

L'année suivante, en 65, la conspiration menée contre Néron, dont Pison est la principale figure, est découverte et échoue. S'ensuit une longue période de répression, dont Sénèque et Lucain seront les victimes. Durant cette période, Martial se montre discret et trouve refuge notamment auprès de Quintilien et de Pline le Jeune. Grâce à son talent littéraire, il compose des poèmes pour ses « patrons », que ces derniers font passer pour les leurs, ce qui va d'ailleurs pousser Martial à s'attaquer à eux dans son œuvre.

Domitien fait de lui un tribun militaire et un chevalier : il acquiert alors une certaine aisance et publie, en 84, les Xenia et les Apophoreta. Il devient ensuite propriétaire de deux villas, l'une à Nomentum et l'autre sur le Quirinal. Aidé par Pline le Jeune qui lui paie le voyage, il retourne en Tarraconaise, dans sa ville natale, en 98, dans une maison offerte par une admiratrice, Marcella. Martial meurt en 104, dans le regret de sa vie à Rome.

Cinnamome – Cinnamomum zeylanicum - (n.m.) : arbre de la famille des lauriers, à laquelle appartiennent le cassier et le camphrier. Il abonde à Sri Lanka et à Java. Le cinnamome atteint une hauteur maximale d’environ 9 m, son écorce est lisse et cendrée, et ses branches s’étalent largement. Ses feuilles persistantes en forme de fer de lance, vertes au-dessus, mais blanches en dessous, mesurent entre 20 et 23 cm de long et quelque 5 cm de large. Ses petites fleurs blanches ou tirant sur le jaune poussent en bouquets. L’écorce extérieure est presque inodore et n’a que peu de valeur. Le cinnamome commercialisé vient de l’écorce intérieure, plus sombre. On extrait aussi une huile aromatique de l’écorce.

Le cinnamome faisait partie des meilleurs parfums qui entraient dans la préparation de l’huile d’onction sainte (Ex, XXX, 23). On en aspergeait les lits (Pr, VII, 17).