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ILLUVIATION (français)

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                                                    Raoul Ubac

ILLUVIATION

A Eulalie 

« La quête, c’est de tourner autour
du lieu inabordable ».

      André Frénaud

 

Bouquet de générosité et d’élévation,

Eulalie,

Profusion de couleurs et de chants,

En ce premier pur matin

De mai !

 

Cette illuviation printanière de splendeurs,

Eulalie,

L’anneau de l’hiver

Desserti du diamant de la neige

Par le feu qui liquéfie

L’or des consonnes

Et la rumeur des sèves !

 

Comme elle est pleine de muguets

La fraîche haleine des jardins,


Eulalie,

En ce jour d’excès

D’harmonie !

 

Ô délicates voliges des nuages,

Eulalie,

Qui portent en gaîté

Le mince, le rose toit du ciel !

 

Ô pyramidale clarté

Qui taille de ses doigts effilés,

Le poème joyeux de nos cœurs

Dans le quartz translucide

De l’air vif !

 

Eulalie, mon Amie,

Ma route qui ne finit jamais

D’arriver !

            Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 1er mai 2010

 

Glose :

Illuviation (n.f.) : du latin illuvio, « débordement », de luere, « laver, baigner ». Accumulation progressive dans une couche du sol (ou horizon) de diverses substances déposées par l'infiltration des eaux (percolation). Habituellement, l'argile, le fer, l'humus se lessivent et forment des lignes de cohérence et de couleur différentes. Ces lignes sont importantes pour l'étude de la composition et l'âge des strates rocheuses.

Eulalie : prénom, du grec 'εύλαλος / eulalos, « le beau chant ».

André Frénaud (1907-1993) : poète français. Après des études secondaires à Dijon, il poursuit dans les voies de la Philosophie et du Droit à Paris. Il est, en 1930, lecteur de français à l'Université de Lwów (en Pologne à cette époque), voyage en Russie, Espagne et Italie. Il entre en 1937 dans une administration publique qu'il ne quittera qu'en 1967.

Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier et passe deux ans en captivité dans le Brandebourg avant d'être libéré et renvoyé en France grâce à de faux papiers. Ayant commencé à écrire en 1938, ses poèmes paraissent, sous le pseudonyme de Benjamin Phelisse, dans les publications clandestines de la Résistance dirigées par Paul Éluard, notamment L'Honneur des poètes. Il  participe activement à la revue Messages de Jean Lescure. Ses recueils seront par la suite régulièrement publiés chez Gallimard. Il reçoit en 1973 le Grand Prix de Poésie de l'Académie française et, en 1985, le Grand Prix national de Poésie.

Frénaud nouera des amitiés durables avec les peintres Raoul Ubac et Jean Bazaine dont il accompagnera de ses préfaces les expositions. Ses poèmes seront également illustrés par de nombreux autres artistes. Il a collaboré fructueusement avec l'éditeur, poète et artiste Pierre André Benoit (PAB) à Alès.

En 1971, André Frénaud épouse la relieur Monique Mathieu qui développe depuis quelques années une œuvre importante et personnelle soutenue par des bibliophiles de premier plan. Le couple acquiert et restaure une maison ancienne à Bussy-le-Grand, en Côte-d'Or, et y aménage un atelier où Monique Mathieu reliera nombre d'ouvrages de son mari ainsi que de leurs amis littérateurs et peintres.

Dessertir (verbe) : de « sertir », lui-même du latin du latin sarcire, « réparer ». Enlever une pierre précieuse, une perle de sa monture. 

Volige (n.f.) : de volis, « abattu par le vent ». En charpenterie, la volige est une planche de bois rectangulaire fixée à côté d'autres sur les chevrons. Elle est destinée à réaliser un plancher continu pour supporter les matériaux de couverture de toiture tels qu'ardoises, zinc ou étanchéité bitumeuse.

Le plancher ainsi constitué s'appelle le voligeage.

 

Mis à jour ( Samedi, 01 Mai 2010 13:57 )