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LA COLLEGIALE SAINTE-MARIE MAJEURE DE GANDIE (français)

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LA COLLEGIALE SAINTE-MARIE MAJEURE DE GANDIE

 

            A Francisco Brines

 

«  Je veux voler dans les bras de Marie

Me reposer sur ce trône de choix,

Et recevoir de ma Mère chérie

Le doux Baiser pour la première fois !... »

 

            Sainte Thérèse de Lisieux,

            Prière du dernier Adieu, 12 juin 1896

 

A toi, sainte Mère de Dieu, puits de Vérité,

Lumière perpétuelle de la prière féconde,

A toi qui as porté Celui qui porte le monde,

J’ai dédié ce temple, image de ta beauté.

 

Rappelle-toi, ma Mère, dans ta divine bonté

Les hommes qui ont bâti de leur ferveur heureuse

Ces murs qui montent au ciel, ces tours majestueuses,

Le dôme vertigineux, fontaine de ta clarté.

 

N’oublie point mon nom, ton fils de poussière,

Qui t’a aimé, ô Mère, de son amour céleste,

Protège cette ville émeraude et sa candeur agreste

 

Des affres du destin, de la fureur des guerres !

Et que les cloches où chantent les anges immaculés

Remplissent de leur joie le cœur de ma cité !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Au manoir de Fleurigny à Touques en Normandie, ce vendredi 3 novembre, Anno Domini MMVI.

Glose :

La Collégiale Sainte Marie Majeure de Gandie : cette splendide église fut initialement aménagée dans une ancienne mosquée désaffectée aussitôt après la reconquête chrétienne de la côte valencienne (1240) par le roi Jaume (Jacques) Ier le Conquérant. Le duc royal Alphonse le Vieux (XIVe siècle),  fils du duc royal Pere (Pierre) et petit-fils du roi Jaume (Jacques) II le Juste qui régna de 1291 à 1327 sur le Royaume de Valence, entreprit, sur l’emplacement de l’ancienne église, la construction d’un somptueux édifice de style gothique dédié à la Très Sainte Mère de Dieu Marie. Après sa mort, les travaux continuèrent sous la surveillance de son fils, le duc royal Alphonse le Jeune. En 1499, la duchesse Maria Enriquez, épouse du duc Joan (Jean) de Borgia, fils du cardinal Roderic (Rodrigue) de Borgia, premier duc de Gandie, élu plus tard pape sous le nom d’Alexandre VI, obtint le titre de collégiale pour la nouvelle église de Gandie.

Eglise collégiale : du mot collège, du latin collegium, « groupement, confrérie ». C’est une église qui, sans être cathédrale, possède un chapitre de chanoines. Chapitre (n.m.) : du latin capitulum, « article, titre d’une loi », lui-même de caput, « tête ». Assemblée de religieux, de chanoines réunis pour délibérer de leurs affaires. Communauté de chanoines d’une église cathédrale ou collégiale. Chanoine (n.m.) : du latin canonicus, « dignitaire ecclésiastique », membre du chapitre d’une église cathédrale, collégiale, ou de certaines basiliques. Le chapitre (assemblée de religieux)  des chanoines sert de conseil à l’évêque. La dignité du chanoine s’appelle canonicat. Le chanoine qui enseigne la théologie porte le nom de théologal (n.m.)

Eglise cathédrale : du latin cathedra, « siège épiscopale ». C’est l’église épiscopale d’un diocèse. Diocèse (n.m.) : du grec dioikêsis, « administration ». Circonscription ecclésiastique placée sous la juridiction d’un évêque (du grec episkopos, « surveillant ») ou d’un archevêque.

Francisco Brines (1932 -) : un des plus grands poètes espagnols contemporains, né à Oliva, Valence. Il étudia le droit, la philosophie et les lettres. Cet éminent professeur des Universités écrivit plusieurs poèmes sur les magnifiques paysages de la région de Valence.

Sainte Thérèse de Lisieux ou Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, née Thérèse Martin, fille de Louis et Zélie Martin (1873-1897) :  sœur carmélite canonisée en 1925. Elle a été déclarée Docteur de l’Eglise le 19 octobre 1997 par le pape Jean-Paul II. Morte tuberculeuse, elle laissa une relation littéraire de ses expériences mystiques.

Son père, Louis Martin, était horloger et sa mère, Zélie-Marie Guérin, dentellière. Tous les deux de la plus grande piété. Louis aurait voulu devenir moine, mais son ignorance du latin l’en avait empêché. Zélie-Marie avait voulu entrer au couvent, mais on lui avait répondu qu’elle n’avait pas la vocation. Aussi avait-elle juré que, si elle se mariait, elle donnerait tous ses enfants à l'Église. Louis et Zélie-Marie se rencontrèrent en 1858 et se marièrent trois mois plus tard, tout en ayant décidé de vivre comme frère et sœur dans une continence perpétuelle. Leur confesseur les en ayant dissuadés, ils eurent neuf enfants, mais seules cinq filles : Marie, Pauline, Léonie, Céline et Thérèse, parvinrent à l'âge adulte; la famille était sujette à la tuberculose. Thérèse était la plus jeune ; c'est elle qui devait devenir en religion « Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face ». Ses quatre sœurs furent toutes religieuses :

Lorsque Thérèse avait quatre ans, sa mère mourut du cancer à Alençon. La famille s’installa alors à Lisieux. Après l’entrée de sa sœur aînée Marie dans les ordres, Thérèse tomba très malade. Elle passa près de la mort, mais fut sauvée, selon elle, par l’intercession de Notre-Dames-des-Victoires. Son éducation fut l’œuvre des bénédictines de Lisieux. Quelques années après, à l'âge de 15 ans, elle se fit carmélite, après avoir vainement essayé d'obtenir une dérogation de Léon XIII qu’elle sollicita directement. En 1896, elle fut atteinte de la tuberculose. Elle en mourut à 24 ans, laissant une poignante autobiographie, L’Histoire d’une âme, que sa sœur et supérieure  « mère Agnès » lui avait demandé de rédiger. Elle y dessinait ce qu’elle appelait la « petite voie », faite d’humilité et d’abandon à Dieu.

À sa mort, elle était totalement inconnue. Ses obsèques furent célébrées en présence d'une trentaine de personnes seulement. Lors de l’introduction de sa cause en béatification, le 10 juin 1914, la supérieure de son monastère exprima sa surprise. Néanmoins, elle fut béatifiée le 29 avril 1923 par Pie XI et canonisée le 17 mai 1925.  Un pèlerinage se mit alors en place sur sa tombe ; son importance s'accrut si rapidement qu'il fallut trouver une solution à l'accueil des pèlerins : l'immense basilique de Lisieux fut édifiée à cet effet à partir de 1929. Le 19 octobre, Thérèse, patronne des Missions,  fut proclamée  Docteur de l’Eglise par Jean-Paul II. Dans sa lettre apostolique Divini amoris scientia, le pape écrit : « Dans les écrits de Thérèse de Lisieux, sans doute ne trouvons-nous pas, comme chez d’autres docteurs, une présentation scientifiquement organisée des choses de Dieu, mais nous pouvons y découvrir un témoignage éclairé de la foi qui, en accueillant d’un amour confiant la condescendance miséricordieuse de Dieu et le salut dans le Christ, révèle le mystère et la sainteté de l’Église. »

Avant même sa canonisation, fut construit le premier monument mondial dédié à la petite Thérèse. Cette chapelle se trouve toujours au sein de l’ensemble scolaire Saint-François de Sales à Alençon, ville natale de Thérèse.

Les parents de Sainte Thérèse furent déclarés « vénérables » par Jean-Paul II le 26 mars 1994.

Celui qui porte le monde : Jésus-Christ.

Agreste (adj.) : du latin agrestis, champêtre, rustique ». La région de Gandie, la Safor, est une région agreste.