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KOIMESIS (français)

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                                               Dormition de la Vierge

KOIMESIS

« Vierge Sainte, tu as conçu dans ton sein le Dieu que l’univers ne pourrait contenir, Celui
qui sans semence est né du Père avant les siècles, le Verbe qui habite en Lui, le Fils
consubstantiel : intercède auprès de Lui, avec les Prophètes et les Martyrs, les Justes et les
Saints, pour qu’Il nous accorde le pardon de nos péchés. »

            Théotokion, Triode de Carême 

« Ma bouche s’ouvrira et s’emplira de l’Esprit Saint : j’adresse mon poème à la Mère du Roi,
et l’on me verra, en cette fête solennelle, chanter avec allégresse toutes ses merveilles.

            Ode 1, ton 4, Triode de Carême 

Tout a été dit.
Ton extrême présence.
Le monde comblé par ta douceur,
La suave durée de ta lumière
Entre les mots,
La joie immense
De l’absence,
La claire légèreté de l’attente.

Toi, Mère de mon Dieu
Qui veilles en moi
Comme l’inépuisable chaleur
D’un été sans fin.

Elle vogue en mes songes,
Fragile et irrésistible,
Cette pleine conscience de toi,
Cette vie enfouie
Dans la graine perdue
Que la Terre accueille en son sein !

Que je couvre
De baiser printaniers
Et de fleurs blanches
Le  proskynêtarion
Où luit ton image !

Non ! Rien ne peut
Me séparer dorénavant de toi,
Mère de l’Aube, ni  l’obscure
Et pleine de profondeur solitude,
Ni la lourde épaisseurs des mois !

Rien ! Ni le libre murmure
Du temps pacifique,
Ni les marguerites du jardin,
Ni le piaillement festif
Des linots !

J’écoute
L’acolouthie des anges,
Leur chant, filet invisible
De suavité,
Dictée ondoyante
Imprimée sur la face des vents
Venus du cœur de siècles !

Je te vénère, ô pleine de tendresse,
Entre les sourires et les larmes,
Entre le tout et le tout.

Toi, musique
Des feuilles vivantes
Dans la nuit ! Aube insaisissable !

Toi, ma patrie intérieure,
Mon Anargyre d’azur,
Mon pays en errance !

Toi, Aurore perpétuelle,
Chant du roitelet
Dans le calice du soir,
Lumineuse scansion de mon sang
Entre deux éternités !

Ô lumière pure,
Ô lumière de ma lumière,
Ô Mère de toutes les
Miséricordes !

   Athanase Vantchev de Thracy

A Paris, le 23 décembre, Anno Domini MMIV

Glose :

Koimésis (n.f.) : ce mot grec signifie « Dormition » et plus spécialement la Dormition de la
Vierge (dans l’Eglise orthodoxe), fête qui correspond à la fête de l’Assomption chez les
catholiques. Le terme de « Dormition » souligne l’idée du sommeil, et non de mort de la Mère
de Dieu (Théotokos en grec). Célébration le 15 août.

Théotokos (n.f.) : mot grec qui signifie « Mère de Dieu ». La Vierge fut officiellement
proclamée Théotokos par le concile d’Ephèse en 431, afin de confesser que Marie est non
seulement Christotokos (Mère du Christ) mais aussi et plus encore Mère du Fils de Dieu, et
non d’un homme devenu Dieu. Théotokion (n.m.) : verset qui glorifie la Vierge.

Proskynêtarion (n.m.) : mot grec lié au verbe proskuneo-ô, « saluer en se prosternant »,
« saluer en portant la main à sa bouche comme pour le baiser », « se prosterner devant un
dieu, devant la divinité », « se prosterner devant un lieu sacré » . Présentoir d’une icône
liturgique devant laquelle se prosternent les fidèles.

Acolouthie (n.f.) : du grec akolouthia, « suite, cortège de serviteurs, de gens ». Office
liturgique en l’honneur d’un saint.

Anargyre (n.m.) : du grec an, «sans » et arguros, « argent », c’est-à-dire « qui n’a pas
d’argent, pauvre ». Saint médecin qui n’acceptait pas d’être payé pour ses guérisons. Les plus
connus des saints anargyres sont : 

1. Saint Côme et saint Damien, morts vers 303, Arabes, médecins de leur état. Ils furent
martyrisés pour leur foi chrétienne à Cyrrhus, sous Dioclétien. Exerçant leur profession sans
demander de paiement à leurs patients, ils sont appelés en Orient avarguroi (les sans argent).
Leurs reliques furent transportées à Rome, d’où leur culte s’est répandu en Occident.

2-3. Saint Pantaléon ou Pantaleimon, c’est-à-dire « plein de compassion pour tous », mort
vers 305. Médecin des pauvres. Il fut livré au martyre sous Dioclétien, probablement à
Nicomédie. Saint Pantaleimon fut converti au christianisme par saint Harmolaüs, également
saint anargyre.

4-5. Saint Cyr et saint Jean : Deux amis qui, à Alexandrie, (d’aucun disent à Rome) reçurent
la palme du martyre pour être allés dans les prisons réconforter les chrétiens qui attendaient
d’être sacrifiés par amour du Christ. Saint Cyrille d’Alexandrie  (vers 376-444), docteur de
l’Eglise, exhuma leurs reliques au Ve siècle et les transféra à Ménouthis pour christianiser
ainsi un sanctuaire dédié à la déesse Isis. Des foules de malades accoururent dès lors vers ce
sanctuaire pour obtenir de l’intercession des deux martyrs la guérison de leur maladie. Saint
Cyr a donné son nom à la ville d’Aboukir (Abba Kyros). 

6. Saint Elian (son nom, d’origine hébraïque, signifie « Seigneur Dieu » - El, « Seigneur » et
Yah, « Dieu) : martyr d’Afrique. On ne sait rien d’autre de lui.