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JE NE PEUX AJOURNER MON ÂME (français)

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                                         Moineaux

 

JE NE PEUX AJOURNER MON ÂME

A Zoé

« Teque, quibus princeps, et facundissima calles,
Aggredior : precibus descende clientis, et audi. »

(« Cest toi /Calliope/ que jinvoque, toi, la première,

la plus éloquente des neuf muses :

descends, exauce les voeux de celle qui se voue à ton culte. »)

            Sulpicia II

 

C’est ainsi tous les jours !  

Le matin monte de tes lèvres
Jusqu’au vol ludique des moineaux.

Des voix d’hommes et de femmes
S’unissent à la jeune lumière
Sur les cimes des antiques peupliers.

Âme, en vain tu cherches à savoir
Si nos baisers peuvent rendre plus profond
Le sens de la vie, l’existence des fleurs,
Plus précise la volonté de la brise.

L’ourlet d’or de la robe de l’air
Reste suspendu avec précaution
Sur les battements de nos cœurs
Attentifs à l’inaudible,
Sur nos mots légers pris, soudain,

D’un tremblement imperceptible.

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, ce samedi 11 octobre, Anno Gratiae MMVIII

Zoé / Ζωή : prénom féminin (rarement masculin). D’origine grecque, ce prénom signifie « vie », « la vie ».

Sulpicia : c’est le nom de deux poétesses de l’Empire romain :

Sulpicia I : elle vécut à l’époque d’Auguste (petit-neveu et fils adoptif de César, 63 av. J.-C. – 14 ap. J.-C.) et fut, peut-être, la fille de Servius Sulpicius Rufus (né vers 105 - mort en 43 av. J.-C.), célèbre juriste, orateur et poète, ami de Cicéron (106 – 43 av. J.-C.). Ses vers furent préservés dans les manuscrits avec ceux de Tibulle (54-19 av. J.-C.) et d’Ausone (309-394 ap. J.-C.). Il s’agit de six poèmes élégiaques adressés à son amant Cerinthus.

Sulpicia II : elle vécut sous le règne de Domitien (fils de Vespasien et Domitille, empereur de 81 à 96 ap. J.-C.). Martial (40-104 ap. J.-C.) fit son éloge disant que dans ses écrits « elle enseigne l'amour pudique, l'amour vertueux, ses jeux, ses délices et son badinage » et vante sa fidélité à un certain Calenus.

On conserve d'elle très peu de textes, une satire contre Domitien de 70 hexamètres, provenant d’un manuscrit trouvé en 1493 à l’abbaye de Bobbio en Italie, et perdu depuis. Sous forme d’un appel à la muse Calliope, elle proteste contre le bannissement des philosophes hors de Rome, selon un décret de Domitien en date de 94, et espère que Calenus sera épargné.