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IKOS (français)

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                     Le Bréviaire Grimani

 

IKOS

« Dans l’attente de la résurrection, nous célébrons aussi la transfiguration future de toute
créature en une harmonieuse beauté. Seigneur, tu as formé le monde pour la félicité et tu
ramènes les âmes des profondeurs du péché à la sainteté. Accorde aux morts une vie
nouvelles, dans la lumière sans fin de l’Agneau divin, et permets-nous de célébrer avec eux la
Pâque éternelle.

            Ikos extrait de l’Office de la Pannychide – Acathiste pour les défunts

 

Viens, regarde-moi, mon Ami,
Tel un champs abandonné,
Un ruisseau desséché, une route solitaire
Est mon âme.

Où est l’eau vive, le ciel étendu,
Le livre clair du printemps
Lorsque des frissons mélodieux
Courent le long du corps ?

Dans ces tombes, ô mon Ami,
Tout est plein de mémoire.
Des étés de milliers d’années
Brûlent, enfermés, au cœur des pierres !

Un petit vent intime s’engouffre
Dans le cœur des arbres,
Caresse le temps, passe, se tait,
Et court mourir sans nom
Dans le murmure des herbes.

Silence ! Chut !

Qu’y a-t-il de si urgent
A part Ton amour pour mon âme,
Ô mon Ami ?
Toi qui connais le sens de toute chose,
Toi qui remplis de lumière
Et de pure espérance toute créature !

A présent, ma bouche est ouverte à la louange.
Son amour cache des labyrinthes !

Le bruit des insectes dans les feuilles taciturnes
Qui recouvrent la vie secrète de mes défunts
Est un appel, un signe de retour des choses aimés !

Seigneur, Ami des Hommes, aie pitié de moi !

Aime-moi, aime-moi, aime-moi,

Mon Seigneur !
Ramène les âmes des profondeurs du péché
A la toute sainteté !

 Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 15 novembre 2004 

Glose :

Ikos (n.m.) : du grec oîkos, « maison ». Pluriel oîkoi ou la forme simplifiée ikoi. L’Ikos est
une strophe poétique faisant partie du Canon ou de l’Achatiste. Le Canon est une longue
hymne liturgique composée de neuf odes dont les strophes s’intercalent entre les versets des
neuf odes bibliques traditionnellement utilisées dans la liturgie orientale. Voici la liste de
celles-ci :

  1. Le Cantique de Moïse (Ex 15, 1-19)
  2. Le Nouveau Cantique de Moïse (Dt 32, 1-43)
  3. La Prière d’Anne, mère de Samuel (I Rois 2, 2-19)
  4. La Prière du prophète Habaquq (Ha 3, 2-19)
  5. La Prière d’Isaïe (Is 26, 9-20)
  6. La Prière de Jonas (Jon 2, 3-10)
  7. La Prière des trois jeunes gens dans la fournaise (Dn 3, 26-56)
  8. Le Cantique des trois jeunes gens dans la fournaise (Dn 3, 26-56)
  9. Le Cantique de la Mère de Dieu (Luc 1, 46-55) et la Prière de Zacharie, père de saint Jean-Baptiste (Luc 1, 68-79)

Au VIe siècle et dans la première partie du VIIe siècle commence la grande création liturgique byzantine qui, du point de vue littéraire, constitue l’œuvre maîtresse du christianisme de langue grecque parlée alors dans tout le bassin de la Méditerranée. Romanos le Mélode et ses émules composent des Kontakia pour les principales fêtes. Le Kontakion est une narration poétique très ample, parfois un véritable drame, avec des dialogues. Le Kontakion au sens étroit désigne la courte strophe qui sert de prélude. Suivent les strophes appelées oîkoi ou ikoi (pluriel de ikos).

A la fin du VIe siècle et surtout au VIIe, un nouvel élan créateur s’affirme ; il vient des terres
bibliques, surtout de Palestine. Les Kontakia (sing. Kontakion) sont remplacés par des
nouvelles composition, les Canons. Des vastes compositions du passé ne subsistent que le Kontakion initial et  l’Ikos,  témoins erratique (de « errer », qui n’est pas fixe), entre la sixième et la septième ode de chaque canon.

Acathiste (n.m.) : du grec –a, préfixe privatif et  kathidzo, « s’asseoir », c’est-à-dire « sans
s’asseoir, debout » ». Office d’action de grâce en l’honneur de la Mère de Dieu ou d’un saint
que l’on chante debout par profond respect pour les célébrés.